Archives pour mars 2008

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Les Coulisses de Bruxelles

mars 29, 2008

Les coulisses de Bruxelles, c’est avant tout le nom d’un blog. Surement un des meilleurs blogs politiques, et parfois très révélateur de l’ambiance de Bruxelles.

Car la capitale de la Belgique est un monde à part. Pas du point de vue culturel (enfin si, mais ce n’est pas le sujet ici, quoiqu’il y aurait beaucoup à dire sur la musique belge en générale) mais bien au niveau politique (vous avez du vous en douter). Plutôt que de me faire l’écho d’hypothétiques commentaires “d’inside man” qui m’ont été donnés d’entendre pendant deux jours (je viens d’y passer deux jours grâce à mon stage), je préfère insister ici sur le fait que le microcosme bruxellois est un monde politique à part.

Pas étonnant qu’on emploi le mot “coulisses”. Tout ici apparait être des discussions informelles, des négociations de tous les instants, en anglais le plus souvent. Je ne veux pas non plus travestir le propos : les institutions européennes sont prédominantes, immenses, impressionnantes (les bâtiments du parlement et de la commission en tête). Le travail de la Commission peut être connu de tous. Mais il faut bien se rendre compte que l’Union Européenne, c’est avant tout une question de réseaux, de discussions informelles, d’échange d’information, de négociations … de compromis.

Ce fameux mot que beaucoup en France ont du mal à comprendre. Les optimistes voit cette tentative perpétuelle de compromis comme un signe de démocratie et de prise en compte des intérêts de chaque pays, mais aussi de chaque structure, de chaque entité territoriale. Les sceptiques préfèrent parler de “somme des intérêts personnels de chacun” et de système où ceux ayant le plus de pouvoir d’influence seront gagnant.

Le fait est que l’Union Européenne est compliquée. Cet espèce de machin politique hybride, unique dans le monde est difficile d’accès, moyennement saisissable malgré toute la bonne volonté qu’on y met. On a pu le voir il y a quasimment trois ans maintenant, lors du référendum sur le traité constitutionnel. Tout le monde y allait de son avis, Europe ultralibérale pour beaucoup, on essayait de se confronter à l’obscurantisme des textes sans jamais réussir à comprendre exactement le fonctionnement tellement complexe de cette machine (rassure toi, je ne vais pas tenter l’exercice).

La meilleure preuve est d’ailleurs le résultat d’un sondage paru il y a peu à l’occasion du cinquantième anniversaire du parlement européen : je cite LES COULISSES DE BRUXELLES dans un post récent : “À la question : « le Parlement européen est-il directement élu par les citoyens européens », 41 % des Français répondent « vrai », 44 % « faux ». La France se classe à l’avant-dernière place européenne. [...] L’ignorance ne s’arrête pas là : 46 % Français sont persuadés que les députés européens siègent par nationalité et non par appartenance politique et 47 % que les députés votent en fonction de leur intérêt national [...] Seulement 27 % des Français disent avoir lu, vu ou entendu récemment dans la presse ou sur internet quelque chose à propos du Parlement européen. Ce sont même les moins informés de l’ensemble de l’Union !”

No Comment ?

Allez, pour finir, quelques petits “ragots” (je cède)…

A Bruxelles aujourd’hui, comme on s’en doute, la présidence française est sur toutes les lèvres. Le pouvoir politique français nous donne plutôt l’impression que sa présidence sera l’occasion de concrétiser un grand nombre d’initiatives au niveau de l’Union. Encore une fois, la France éclairée semble vouloir guider les 26 autres. Sauf qu’un grand nombre d”inside man (j’aime ce terme aha) nous disent plusieurs choses :

- la France devra surtout s’occuper de mettre en place les initiatives du traité simplifié qui n’a pas encore été ratifié par l’ensemble des membres
- avoir la présidence la deuxième partie de l’année n’est pas vraiment avantageux car elle est dans les faits rognée de deux mois (juillet août), l’été et ses vacances étant souvent trop fort
- Christine Boutin peut crier autant qu’elle veut et sur tous les toits qu’elle mettra le logement en priorité, les 26 membres restant ne veulent rien entendre. Idem pour un certain nombre d’autres sujets.

Il sera donc intéressant de voir ce qui va se passer sur l’immigration (Sarkozy veut de longue date établir un accord entre tous les membres), l’énergie, la défense, l’environnement ou encore le logement. On fait le bilan d’ici un peu plus de six mois.

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De la cohésion sociale ?

mars 18, 2008

Du baume au coeur.
A Chaque Fois, ça me met du baume au coeur. Mieux même ça m’hallucine.

De plus en plus souvent, voire quasi systématiquement aujourd’hui, des tickets de métro encore valables jonchent les bornes d’entrée, comme le montre cette photo que je viens de prendre.

Et à chaque fois que je vois cela, ça m’emplit de joie. C’est très con à dire, j’en fais surement trop mais les faits sont là : cette idée m’enchante. Je ne peux m’empêcher de m’imaginer chaque individu déposant consciencieusement son ticket encore valable, pensant au prochain badaud qui s’amènera et économisera 1€50 grâce à cet acte pas si anodin que ça. On peut même parler de cercle vertueux car, devant tant d’altruisme, ledit badaud ne pourra s’empêcher de faire de même une prochaine fois. D’où le fait qu’aujourd’hui, ces tickets “orphelins” soient si nombreux.

Ce soir, une jeune demoiselle était d’ailleurs si surprise (celle que l’on voit en rouge sur la photo) qu’elle s’est même sentie obligée de reposer le ticket au même endroit après usage (!).

Ces gestes d’altruisme éphémères m’emplissent de joie. Ils sont peut être dérisoires mais je pense qu’ils méritent vraiment d’être soulignés, salués, encouragés. On nous rabâche les oreilles sur le manque de cohésion sociale. Ce soir, j’aurais tendance à penser l’inverse.

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Et ça continue !!

mars 13, 2008
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Insaisissable Colombie

mars 12, 2008

Ca ne vous a pas échappé, la Colombie a été depuis une semaine très médiatisée. Les choses en France sont particulières du fait de la rétention par les Forces Armées Révolutionnaires Colombienne depuis 2002 de la franco-colombienne Ingrid Betancourt. On peut dire que l’afect vient jouer un grand rôle dans l’analyse qui est faite en France (la forte communication des proches de la franco colombienne y est aussi pour beaucoup).

Le continent latino américain est, de fait, très peu couvert dans les médias français, comparé, par exemple, à d’autres pays tel l’Espagne. On donnera ici plus la priorité au continent africain du fait de l’histoire et les intérêts géo politiques français.

Dernièrement cependant, on constate un regain d’intérêt pour le continent sud américain de par le grand nombre de personnalités emblématiques qui ont émergé ces dernières années : Luis Ignacio Lula Da Silva (dit Lula) au Brésil, Hugo Rafael Chávez Frías (au Vénézuela), Verónica Michelle Bachelet Jeria au Chili ou encore Juan Evo Morales Ayma en Bolivie.

Comme souvent, le problème de ces médiatisations extrêmement ciblées et temporaires, c’est qu’elles ne permettent pas de saisir les situations de chacun de ces pays, situations que l’on a tendance à négliger en les réunissant toutes sous le label “latino américain”. La question de l’existence ou non d’une unicité culturelle (car linguistique) du continent doit être posée, elle ne l’est pourtant pas assez. Trop souvent, on fait l’amalgame.

Un exemple ici avec la Colombie. En s’en tenant uniquement à la couverture de l’actualité, il est relativement difficile de pouvoir avoir une vue d’ensemble éclairée… En évoquant la situation colombienne en France, on retient que Betancourt est détenue par la guerrilla, que Renaud en a fait une chanson, que la violence “règne”, qu’il y a de la drogue et que le président Álvaro Uribe Vélez a bombardé les FARC qui se situaient en territoire équatorien. Mes raccourcis sont caricaturaux mais pourtant, c’est ce qu’il m’a été donné de d’entendre le plus souvent. Et si ces raccourcis existent, ce n’est pas seulement pour se simplifier la vie mais aussi car la situation colombienne est extrêmement complexe, diverse … insaisissable.

Historiquement, la Colombie n’a jamais été sous le joug d’une dictature militaire. Déjà en cela, le pays est une exception latino américaine. Pendant longtemps (de 1958 à 1974, période majoritairement autoritaire sur le continent du fait de la situation internationale d’une part et des extrêmes inégalités d’autre part – pour résumer à la vite), deux partis politiques historiques (conservateurs et libéraux) se sont mis d’accord pour accéder au gouvernement chacun à leur tour – cette période d’alternance politique calculée est connu sous le nom de Frente Nacional.

En plus de cette spécificité (que partage le Vénézuela), la Colombie est caractérisée par une très grande diversité. Une opposition constante et acharnée durant de nombreuses années de trois corps est à l’origine de la situation telle qu’on la connait aujourd’hui et depuis plus de 25 ans.

L’armée tout d’abord, et donc l’Etat. Le bras armée du politique n’a jamais réussi à s’imposer contre les 2 autres. La Colombie bénéficie aujourd’hui de la troisième aide financière états-unienne la plus importante en la matière (après Israël et l’Egypte). Suite au lancement du Plan Colombie par l’administration Clinton pour lutter contre le traffic de drogue, priorité a été donnée à la solution armée. Depuis l’éclection de Uribe, l’armée colombienne a triplé sa puissance.

Les guerillas sont apparues dans les années 60 dans l’ensemble du continent latino américain. Une des nombreuses autres spécificité de la Colombie est que l’une d’entre elles est toujours en activité aujourd’hui (et ce n’est pas par hasard). Les FARC ont tenté de se constituer en parti politique (l’Union Patriotique) de 1985 à 1994. Ses militants ainsi que ses dirigeants (l’UP a remporté un franc succès électoral dès ses débuts) furent tous littéralement massacré par la seconde entité à prendre en compte.

Les paramilitaires furent le bras armée des narco trafiquants. Ces mercenaires firent preuve d’une brutalité et d’une violence hors norme. En 2002, le gouvernement du nouveau président Uribe fit voter la ley de justicia y paz ayant pour but de démobiliser les paramilitaires en les amnistiant. Pendant un mois, la justice colombienne put investiguer sur les innombrables meurtres commis. Au delà, les paramilitaires seraient aministiés… Un témoignage m’a indiqué qu’un homme ayant confessé la mort de 1000 personnes dont 200 enfants (je me demande tout de même si il a fait le décompte au fur et à mesure) a écopé de 4 ans de prison…

Cette loi fut un succès dans le sens où on assista à la relative disparition des paramilitaires. En échange, on assiste depuis 4 ans à une véritable “paramilitarisation” des esprits. D’une part, de nombreux liens ont été établi entre l’entourage d’Uribe et les paramilitaire. Celui ci bénéficie aujourd’hui encore d’une immense cote de popularité (78% ces derniers jours). La population est reconnaissante de la démobilisation de quelques 30 000 paramilitaires. Elle arrive en outre à saturation de la guerrilla, des nombreux enlèvements et est prête à un très grand nombre de concession contre l’espérance qu’Uribe donne de les éradiquer définitivement.

Trois corps sont donc responsables de la situation Il est très important de souligner que l’Etat colombien pendant longtemps (et encore aujourd’hui dans une certaine mesure) n’a pas le monopole de la violence légitime ni une unicité de son territoire (l’Etat ne contrôle pas certaines zones). A la racine de cela, un unification du territoire et de l’identité nationale n’ayant jamais été effectuée, et le narcotraffic, véritable gangrène de la situation depuis 30 ans.

Ou en est on donc ?

Une population à bout, prête à éluder nombre d’éléments (impunité des paramilitaires, parapolitique)
Une guerrilla qui s’affaiblit mais qui n’est pas prête de rendre les armes (on pronostique plutôt une fragmentation de l’oganisation avec l’existence de différents fronts et de différents commandements) et qui continue les enlèvements.
Un président qui a réussi à rompre le jeu politique traditionnel grâce à un très forte personnalisation de la politique, qui a incontestablement amélioré la situation d’une grande partie de la population en matière de sécurité (les laissé pour compte sont hélas sans voix, notamment les populations rurales subissant toujours de plein fouet la situation actuelle).

Une situation insaisissable que j’ai tenté de résumer ici, dans les très très grandes lignes (et encore, c’est déjà trop long, personne ne lira jamais en entier ce billet), sans m’attarder sur le contexte international, ni sur l’histoire de la guerrilla ou des paramilitaires, ni sur la vie politique, ni sur le narcotraffic absolument essentiel (mais qui est majoritairement traité dans les médias) ni sur les nombreuses analyses existant sur la situation.

Insaisissable Colombie. Sa complexité n’a d’égale que l’intérêt qu’il faut y porter, au delà d’Ingrid Betancourt.

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L’avant Obama

mars 6, 2008

Barack Obama n’est pas le premier noir à se présenter à l’investiture du parti démocrate pour la présidence des Etats-Unis. Mais beaucoup disent qu’il est le premier à avoir ses chances de gagner.

On peut cependant en débattre.

En 1984 et 1988 (ainsi qu’en 2004 mais ce fut plus confidentiel), le révérend Jesse Jackson s’est lui aussi présenté. Vous me direz “ok mais en 1964 aussi, Shirley Chisholm, une femme noire s’est présentée, et ce ne fut pas la seule”. Sauf que Jesse Jackson, en 1988, a remporté pas moins de 7 primaires et 4 caucus. Tout de même pas mal pour quelqu’un qui n’avait pas ses chances. Mieux même, Jackson a été vu pendant un petit moment comme un possible présidenciable.

Meet Jesse Jackson…

Un article d’époque du New York Times (bénies soient les archives gratuites) nous le dit très bien : In the process, he became a contender for the Presidency and Vice Presidency, and shaped the national debate and the Democratic platform.

Pourquoi donc n’insiste-t-on pas plus que ça sur ce prédécesseur ? Car si on y regarde de plus près, il a gagné les primaires de la Viriginie, de la Louisianne, de la Georgie ou encore de la Caroline du Sud, bref, que des états à forte domination afro-américaine. De fait, le “problème” de Jesse Jackson est qu’il fut trop connoté communautariste extrêmiste “noir américain”, de par son passé mais aussi de par sa campagne de 1984. Ses déclarations en faveur d’un Etat palestinien ou contre les Juifs qu’il qualifia de “Hymies” (terme péjoratif n’ayant pas de traduction littérale) et New-York de “Hymies Town” firent couler beaucoup d’encre. On l’a assimilé au sulfureux Louis Farrakhan, dirigeant de la Nation of Islam (association extrêmiste qui tint un grand rôle dans les années 60 lors du mouvement pour les droits civiques) et accessoirement homophobe et antisémite.

1988 fut une autre campagne. Clairement Jackson a tenté de se racheter une conduite, en changeant de look mais surtout de discours (to move into the mainstream comme on dit). Le but affiché était de panser les plaies (heal wounds). Il a tenté de parler au nom des opprimés et non plus uniquement des noirs américains, ce qui lui a valu un certain succès dans les états précédemment cités. Le discours était populiste (au sens états-uniens du terme), tel qu’on a qualifié cet année le programme de John Edwards. Jackson était en faveur de programmes sociaux, de subventions pour les plus pauvres, d’une sécurité sociale universelle. Après avoir été présenti pour la présidence et la vice-présidence, Jackson a finalement été vu comme trop à gauche du parti démocrate, un peu à l’image de Edwars là encore.

Comme on l’entend inlassablement, Obama transcende la question de la “race” (puisque c’est ainsi qu’on la nomme aux Etats-Unis), il réunit les gens à travers un discours fédérateur allant au delà de la couleur, voire, comme il le souhaiterait, au delà des tendances politiques. Yes we can… Tout l’inverse donc de l’image de Jesse Jackson. On a assez entendu qu’Obama venait d’une famille aisée immigrée, que son père était Kenyan, qu’Obama n’était donc pas un africain américain, au sens social du terme.

Mais bizarrement, on a observé plusieurs tentatives (après la primaire de Caroline du Sud) du côté du staff de Hillary Clinton ainsi que de la part de son mari d’assimiler Barack Obama à Jesse Jackson. Comme pour communautariser sa campagne (à noter qu’après l’avoir critiqué en Janvier, Jackson lui a apporté son soutien, le qualifiant de fils naturel).

Car finalement, si les Démocrates peinent tant à se départager c’est qu’Hillary et Bamack joue sur les même plates-bandes… Les deux tentent de rassembler le peuple états-unien, paradoxalement en s’appuyant sur leur particularisme (une femme d’un côté, un noir de l’autre). Là où les choses sont drôles, c’est qu’on peut voir en John McCain un candidat similaire, dans le sens où lui aussi apparait extrêmement modéré. L’élection de Novembre promet !

On parle en science politique de partis attrape tout (catch all party). Le terme parait plus que jamais d’actualité.

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Législatives en Espagne, J-3 : la nation, l’aérosol et Rajoy.

mars 5, 2008

Un certain nombre de pays de l’Union Européenne est à l’aune d’élections législatives décisives. C’est notamment le cas en Italie mais surtout en Espagne où le premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero cherche la réelection.

La photo met en scène son principal opposant, le leader de Partido Popular (PP) Mariano Rajoy Brey. On le voit ici au côté de José Maria Aznar López, président du gouvernement espagnol de 1996 à 2004 (soit 2 mandats de 4 ans chacun). Comme chacun le sait, le PP a perdu les législatives de 2004 suite aux dramatiques attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

De fait, grand nombre d’Espagnols sanctionèrent la droite pour deux raisons contingentes :
- l’envoi en Irak de troupes espagnoles alors que l’immense majorité de la population était contre
- le mensonge délibéré de Aznar suite aux attentats, blamant l’ETA alors qu’il s’agissait en réalité d’Al Quaida.

La clé des élections de samedi prochain réside dans la deuxième raison.

Il faut savoir que le PP n’a jamais digéré sa défaite de 2004. Pour la droite, le pouvoir lui revenait naturellement de droit (sans blague aucune), après une très longue période du PSOE (Partido Obrero Socialista Español) de Felipe González Márquez au pouvoir. Rajoy n’a jamais accepté sa défaite, criant pendant 4 ans à l’injustice et à l’imposture. Jusqu’au verdict des juges sur les responsables du 11 mars en octobre 200è (et encore aujourd’hui – comme on a pu le voir dans le deuxième débat), le PP a juré que l’ETA était responsable, fantasmant sur une hypothétique alliance entre les 2 groupes terroristes. Rajoy est même allé jusqu’à affirmer qu’il avait des preuves, à savoir une bombe … d’aérosol trouvée dans un appartement de Salamanque censée justifier toutes les théories les plus folles.

Rajoy

Pendant 4 ans, l’oppostion entre les 2 leaders a été frontale, dramatique voire grotesque à certains moments. C’est bien simple, toute initiative du PSOE fut systématiquement critiquée par Rajoy.

Comme d’habitude, l’Espagne fut tiraillée par la question de la nation. Le PP reprocha au PSOE un nombre incalculable de fois la tentative de dialogue entreprise par Zapatero avec les membres de l’ETA qui se solda par un échec cuisant (l’attentat du 30/12/06 à l’aéroport de Madrid ayant fait 2 morts a largement corsé les choses). Cette question est au centre du vif débat politique actuel. Depuis la fin du régime franquiste (1975), la question a été de savoir comment se comporter face aux nationalistes basques. Aznar profita de l’impact du 11 septembre pour mener une chasse aux sorcières, avec l’appui des Etats-Unis. Celle ci cependant, se solda aussi par un échec.

La population est très fortement divisée sur le sujet. Des manifestations régulières sont organisées par le PP (il est d’ailleurs très intéressant d’observer que les manifestations sont initiées et coordonnées par les partis politiques).

Manifestation

Ici, il s’agit de la marche du 10 mars 2007 organisée par le PP contre le transfert d’un indépendantiste basque (Juana Chao) vers une prison des Pays Basque. L’affaire serait bien trop longue à exposer (le PP reprocha aux socialistes de faire le jeu de l’ETA en cédant à la demande du prisonnier en grève de la faim d’être rappatrié) mais l’image est parlante : une partie de la population est très nationaliste (au sens où elle ne veut pas que le territoire espagnol soit victime des multiples revendications autonomistes voire indépendantistes) et de telles démonstrations sont assez courrantes (au moins une par année).

Voir une telle démonstration patriotique me met plutôt mal à l’aise mais là n’est pas le sujet.

Retour à aujourd’hui : 2 débats télévisés ont opposé frontalement les 2 leaders. Selon les sondages, Rodriguez Zapatero fut donné largement vainqueur. Rajoy n’a apparemement pas réussi à convaincre la population de changer son vote. Difficile, il est vrai, d’arguementer devant un bon bilan économique (quoique en demi teinte dernièrement) et des larges avancées sociales. Surtout, il n’a pas réussi à mener une campagne cohérente, tentant dans un premier temps d’attaquer sur le terrain de l’économie avant de se rabattre sur l’immigration et l’unité de la nation, à l’aide d’un discours populistes.
Surtout, les analyses des scrutins électoraux précédents démontrent que la population espagnole vote pour la stabilité : a moins d’une crise politique majeure au sein de parti au pouvoir (comme ce fut le cas lors de toutes les autres alternances), le tendance politique se maintien.

Reste maintenant à savoir dans quelles proportions le PSOE va gagner. Une majortié absoluye le conforterait et lui permetterait de mener à bien des réformes qu’il n’a pas pu mener lors de son précédent mandat. Felipe Gonzalez est d’ailleurs en campagne et le martelle à qui veut : le PSOE doit gagner, certes, mais avec une très large majorité.