Archives pour janvier 2009

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Obama OD et le pouvoir à travers ses outils de communication.

janvier 22, 2009

Obama par ci, Obama par là, Obama partout, Obama omniprésent. Aux Etats Unis, c’est normal. En Europe, je ne sais pas. Je commence personnellement à over doser. Et je ne pense pas que ce soit de l’anti américanisme. Je vois plus ça comme un ras le bol de la démesure (et de l’absence totale de nuance de la part des médias). Comme si la haine collective contre Bush venait de se transformer en idolâtrie sans réserve. Comme si la personne d’Obama transcendait le village monde, réunissait les occidentaux en une nation. On dirait qu’Obama est notre président, qu’il va changer la scène politique internationale voire notre propre situation. Finalement, cet engouement massif en France pour le nouveau président états-unien me parait être la plus belle des preuves de l’occidentalisation de notre monde.

Mais bref, rendez vous dans 8 ans pour un bilan sur la place qu’occupe l’OTAN, le conflit Israëlo palestinien, les évolutions de l’ONU ou encore l’attitude des Etats-Unis en matière de droit international. On verra si le multilatéralisme a triomphé.

En attendant, je viens de voir que le site de la Maison Blanche avait été modifié à l’occasion de l’entrée en fonction du 44 ème Président.

whitehouse1

Plutôt que de parler d’Obama qui transcende les clivages, je me suis amusé à comparer les différents sites Internet des pouvoirs exécutifs occidentaux afin de voir de quelle manière la symbolique des institutions (censée unir le peuple qu’elles gouvernent) était mise en avant. En l’occurrence ici, un logo de la maison blanche, pas de trace d’Obama dans l’en tête. Voyons voir les autres.

Le Royaume Uni fait dans le moderne, sobre et classieux. Pas de trace de Gordon Brown non plus.

uk

L’Espagne fait aussi dans le sobre.

moncloa

Je suis aussi allé voir du côté de l’Amérique Latine, où les régimes sont présidentialistes, en prenant tout d’abord le Venezuela, censé être gouverné par un homme plutôt autoritaire et certainement populiste : Hugo Chavez. Pas une photo de lui comme on peut le voir.

venezuela

Je suis ensuite allé du côté de “l’ennemi limitrophe”, la Colombie, dont le régime est surement le plus à droite de tout le continent actuellement. Pas de trace d’Alvaro Uribe, même si j’ai personnellement beaucoup ri de l’en tête. Après tout, ça résume assez bien la ligne politique du gouvernement.

colombia

Retour en Europe avec Barlusconi dont j’étais prêt à parier qu’il se mettrait au premier plan. Même pas tant que ça, comme on peut le voir.

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Et puis, vous vous doutiez de la chute, il y a la France. Voici le site à l’époque de Chichi…

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…qui a été “retravaillé” par le Président actuel.

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Et bim. Je trouve ça tout de même vraiment révélateur de l’état d’esprit de Nicolas Sarkozy. L’Elysée, symbole de l’exécutif français est au second plan. La présidence de république, la France, les institutions, la République, c’est Nicolas Sarkozy avant tout.  Après avoir vu les autres en tête, je trouve ça limite caricaturale. Non ?

Afin d’être exhaustif, j’ai trouvé dans ma, très rapide recherche, deux autres cas similaires. L’Allemagne dont le site Internet est carrément http://www.bundeskanzlerin.de/, à savoir “la chancelière fédérale”.  Merkel va encore plus loin que Sarkozy. Il aurait été bon de voir le même site à l’époque de Schröder, pour comparer. Notons que le régime allemmand est parlementaire…

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Autre exemple similaire, le Canada.

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Au delà de la curiosité de l’exercice (j’avoue que c’était assez drôle de spéculer sur les différentes en tête a priori), on  constate une chose : les sites Internet des pouvoirs exécutifs où l’individu au pouvoir est mis en avant émanent de gouvernements conservateurs. Pour Merkel, Sarkozy, Harper voire Berlusconi, il semble que la personnalisation du pouvoir soit importante. Après, ce serait un peu bête de tirer des conclusions d’ensemble uniquement sur la base de simples captures d’écran. Il n’empêche, je trouve tout cela assez parlant. Surtout pour Sarkozy, puisque c’est finalement le cas avec lequel je suis le plus familier. Pourtant, la République en France, je croyais que c’était sacré. La rupture, au moins ici, est belle et bien présente.

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Afriques

janvier 7, 2009

Hier j’ai vu un film plutôt pas mal, sans être non plus transcendant.

Bon, c’est un biopic comme on en a toutes les années depuis 3-4 ans.  Forest Whitaker mérite son oscar. Y a une heure d’enchantement et une heure d’enfer. Mais je n’ai pas l’intention de faire une chronique de film. Une scène, ou plutôt une réplique m’a fait penser à l’actualité africaine. Lors de l’arrivée d’Amin Dada au pouvoir, le protagoniste blanc s’enthousiasme pour ce nouveau dirigeant promettant le changement. Une des humanitaires anglaises lui répond que la liesse était déjà là pour Oboté (le prédecesseur) et qu’Amin sera exactement le même (il sera en fait pire). Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec l’actualité.

Depuis fin décembre, la Guinée a un nouveau “capitaine-président” : Moussa Dadis Camara.

Soyons clair, je ne connais pas grand chose à l’histoire africaine. Les grandes lignes, c’est tout.

C’est peut être pour ça que je n’ai pu m’empêcher de m’enthousiasmer lors qu’on a (furtivement) relaté dans les médias les premières paroles du successeur du très autoritaire Lansana Conté. Grosso modo (et de tête) : “nous ferons des élections législatives d’ici 2010, nous ne voulons plus de corruption, le pouvoir ne m’intéresse pas“.

Premièrement, est ce qu’il faut croire le militaire ?

Pour remettre l’actualité en perspective, il faut, au choix, lire des livres ou écouter Les Enjeux Internationaux tous les matins à 7h15 sur France Culture. L’émission du 29 décembre dernier était justement consacrée à la Guinée. L’animateur parle d’un cas d’école. L’invité, Antoine Glaser, acquiese.

En 1984, Conté le militaire arrive au pouvoir quelques jours après la mort du “libérateur autoritaire” Sékou Touré. Exactement comme Camara en 2008.  Conté a tenu le même discours que Camara actuellement et a suscité le même enthousiasme des médias. Comme le dit Glaser on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre l’arrivée de Camara et de Conté. A fortiori lorsque, de l’avis de ses proches, Camara est extrêmement autoritaire, bien formé (en Allemagne notamment), sûr de lui, et à l’origine des mutineries de 2007. Du coup, mon enthousiasme s’est  trouvé nettement tempéré… Je me suis trouvé un peu con.

Deuxièmement donc, pourquoi un enthousiasme aussi benêt et sans aucun fondement ?

Je pense être victime de mon ignorance d’une part. Et de l’actualité d’autre part. Trop souvent, Afrique = dictature et violence. Les propos qu’a tenu Camara récemment vont à l’inverse de cela, ils sont à l’opposé des tragédies congolaise (nord kivu) et surtout zimbabwéenne. Les prévisions des spécialistes sont hélas un peu plus obscures.

L’actualité, c’est aussi l’alternance démocratique au Ghana avec l’investiture du nouveau président Atta-Mills. Sans émeute, sans scandale, malgré un résultat très serré. On n’en parle hélas beaucoup moins.

D’où le titre. Comme il y a des Amériques, il y a des Afriques. Entre la Somalie, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Maroc, les différences sont nombreuses. Mais je ne peux m’empêcher d’invariablement penser à la même chose : guerre civile et authoritarisme. C’est aussi triste que stupide.

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Un disque téléchargeable

janvier 4, 2009

Ramona Cordova – The boy who floated freely

En septembre 2008, Ramona Cordova a mis librement à disposition son premier et unique album. Je viens seulement de le découvrir. Et je ne peux que vous encourager à le télécharger. Cet album fait parti d’un de ces rares disques qui me touchent de par simplicité et surtout de par son honnêteté.  Aucun artifice, le plus souvent une guitare pour seul accompagnement, et une voix, cristalline, magique.  Impossible de connaitre l’histoire de Ramón Vicente Alarcón, vraisemblablement mexicain (mais chantant en anglais). Pas grand chose sur lui à part un blog et un myspace (très très épuré). L’album est officiellement sorti en 2006 aux USA et en France. Il a apparemment fait une tournée avec François Virot (dont la musique me laisse de marbre) aux USA.

Personnellement, j’ai eu la chance de le découvrir grâce à une compile que la meilleure association musicale de France avait fait pour fêter ses 3 années d’existence (et quelles années d’existence !). Non seulement Grrrnd Zero m’a permis de vivre mes meilleurs concerts lyonnais, non seulement grrrnd zero a programmé animal collective à Lyon (à Lyon !!!) à prix libre  mais GZ m’a aussi fait découvrir Ramona Cordova. Je profite donc de ce post pour les remercier, leur faire de la pub et aussi leur souhaiter longue vie. Clairement, ce sera un de mes grands regrets  lyonnais de ne pas avoir pu faire partie de cette association.

Au final, je crois que d’écouter Ramona Cordova me rappelle mes années lyonnaises. Avec le sourire et la boule au ventre.

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Erreurs médicales a gogo

janvier 3, 2009

Depuis le décès fin décembre d’un homme à cause, nous a-t-on d’abord dit, d’un manque de lits de réanimation, j’ai l’impression que pas un jour ne se passe sans qu’il n’y ait eu d’erreurs médicales (Le Figaro parle d’une loi des séries). Pourtant, en faisant un peu de recherches, on se rend compte que celles ci sont “communes”. 2000 décès par an en Belgique pour 20 000 erreurs en moyenne, 2 à 3000 en Suisse (en 2001), voire 44 000 et 98 000 aux Etats Unis ! Pour la France, je n’ai pas réussi à trouver de chiffres. (je n’ai pas très bien cherché non plus).

Le 19/20 national de France 3 parle même aujourd’hui de la mort d’une personne due à une mauvaise injection d’un produit dans les gênes ! Ce qui ne veut absolument rien dire.

Ce que je me demande, c’est à quoi est du cet emballement médiatique ? Car on a beau être légitimement indigné par les erreurs médicales, force est de constater qu’elles sont communes et quotidienne, y compris celles entrainant la mort. Alors pourquoi mettre autant d’emphase sur le sujet actuellement ?

En attendant les résultats de l’enquête sur ” le-mort-faute-de-lit ” (d’autant qu’on a appris par la suite qu’il serait mort de toute façon, ce qui, intrinsèquement, ne change pas grand chose), la surprise est venue dans cette affaire de la demande de démission de la ministre de la santé par Patrick Pelloux. Roseline a du se défendre, elle tient bon ! (ce qui ne l’empêche pas de lever les yeux au ciel pour des sujets aussi anodins que les sans abris) Mais je ne peux m’empêcher de penser que si Pelloux n’avait pas agité la cocotier médiatique avec une audacieuse prise à parti, les erreurs médicales ne seraient pas aussi présentes à la radio et à la télé (beaucoup moins dans la presse). Je ne peux aussi m’empêcher de penser que le manque tout relatif d’actualité d’envergure au niveau national y est aussi pour quelque chose.