Archives pour mars 2009

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Southland Tales ou l’archétype du mauvais film.

mars 31, 2009

Avec Donnie Darko, son premier film, Richard Kelly recyclait le has been ultime. Non pas Bruno Masure mais Patrick Swayze dans le rôle d’un pédophile improbable.

Dans Southland Tayles, Kelly se surpasse littéralement dans l’utilisation du Has Been : Stifler d’American Pie (Seann William Scott) en on ne sait pas trop quoi, Buffy (sarah michel gellar) en actrice porno improbable, The rock ( !!! le catcheur, le seul qui a vaincu contre Stone Cold Steve Austin) en acteur amnésique, Moby (responsable de l’horrible BO) et last but not least, CHRISTOPHE LAMBERT dans un rôle absolument inutile. A l’instar de ce film.

Si Donnie Darko était visuellement fascinant, Southland Tales est juste chiant. Et moche.

Le pitch ? Grosso modo, la fin du monde, annoncée par un prophète amnésique (The Rock), le tout en 2008, alors que les USA se sont faits nucléairement attaqués par l’Irak (!). La 3ème guerre mondiale a commencé, les USA se battent à l’extérieur contre une coalition Irak/Syrie/Iran (et sont entrain de perdre, la faute au manque de pétrole). A l’intérieur, le gouvernement néo con extrémiste se bat contre … les néo marxistes (!). Soit des féministes quadragénaires très portées sur le joint et contre les bites.

L’ambiance est censée être orwellienne, on perçoit un embryon de volonté de dénoncer le système tout sécuritaire, sans aucune finesse cela dit. On a donc les vétérans d’Irak (le peu qui s’en sont sortis) qui souffrent tous de stress post traumatique très aigüe, des extraits – ratés – de JT (ersatz du génial Starship Troopers) ou encore des allusions au changement climatique, au manque de pétrole, et à toutes les causes censées être en vogue. Cerise sur le gateau, on a le droit tout au long du film à des citations de l’Apocalypse (la Bible donc), censées être de circonstance (concept inutile et vain). La dernière phrase de Southland Tales est, elle, le ridicule leitmotiv des 2h23 de ce film sans fin et sans pitch: pimps dont commit suicide (n’importe quoi).

Vous ne comprenez rien ? C’est normal, ce film ne veut absolument rien dire. C’est un espèce de gloubiboulga sans aucun sens ni aucune finesse, dont on se remet difficilement. Et pourtant, j’ai réussi à aller jusqu’à la fin. Merci à certaines séquences plutôt hypnotisantes (je dois l’avouer). Justin Timberlake (celui qui s’en sort peut être le mieux) tournant un clip alternatif très réussi de « All Things I’ve Done » des Killers, The Rock fuyant un meurtre sur une version lo fi (UK Surf) de Wave of Mutilation des Pixies, une prise de tête avec un bootleg de Planet Telex de Radiohead en fond sonore. Voire même une scène même pas horrible avec du Muse en fond sonore (blackout hm). Ce qui veut tout dire finalement. Le Muse de Absolution, aussi grandiloquent que pathétique convient parfaitement à ce bidule visuel.

Finalement, on cogite pendant tout ce film pour savoir comment Kelly a pu réunir autant de « people » (acteurs, chanteurs, musiciens, etc.) pour une telle bouse. Je parierais personnellement sur le buzz. Donnie Darko est un chic film. Personne n’a rien pigé mais tout le monde a crié au génie. Moi le premier me suis dit que le deuxième film de Kelly allait être un second OVNI hallucinant et halluciné. Après tout, rien que sur le papier, ça ne pouvait être que « spécial ». Sauf que l’on se rend compte que « spécial » a deux significations. Et qu’en l’occurrence, Kelly aurait mieux fait de réaliser une comédie romantique au lieu de vouloir donner un petit frère à Donnie Darko. Victime de son propre succès, on sent que Kelly a écrit le scénar sur une feuille OCB comptant sur son soit disant talent et en se disant qu’il bénéficierait de toute façon de son aura de jeune premier. Sauf que c’est complètement raté. Et à la lueur de ce deuxième essai, son chic premier film prend tout à coup lui aussi des allures de foutage de gueule. Le bénéfice du doute n’est plus. Pas étonnant que Southland Tales ne soit même pas sorti en Europe.

A regarder tout de même pour pouvoir, au moins une fois dans sa vie, approcher de très près le « vrai » mauvais.

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23 mars 2009 – 130ème commémoration de la Guerre du Pacifique en Bolivie

mars 27, 2009

Lundi dernier, les principales villes de Bolivie « célébrèrent » le Jour de la Mer (el Dia del Mar) avec défilés militaires et discours de commémoration et de revendication à la clé. Evo Morales s’est notamment adressé à la population à La Paz.

23 Mars 1879 : la Bolivie livra sa première bataille contre le Chili, après que celui-ci lui ait déclaré la 14 février 1879. La raison ? La mise en place côté bolivien d’une taxe de 10 centimes sur chaque quintal de salitre extrait par une compagnie britano-chilienne sur son territoire.

La guerre du pacifique mit en scène le Pérou et la Bolivie, alliés grâce à un traité d’Alliance défensive signé le 5 avril 1873, contre le Chili. Les deux nations furent vaincues et de fait dépossédées de terres. Conséquence : la Bolivie perdit la totalité de son littoral pacifique. De fait, la Bolivie a perdu plus d’un million de km² de superficie au cours de son histoire (soit deux fois la France et plus de la moitié du territoire actuel bolivien) au fil de guerres contre le Brésil (1860, 1867, 1903, 1958), le Chili (guerre du pacifique 1879) ou encore le le Paraguay (Guerre du Chaco en 1935). Par la voie diplomatique, le pays se vit aussi dépossédé de terres au profit du Pérou (1909) et de l’Argentine (1897).

Malgré ces pertes territoriales conséquentes contre tous ses voisins limitrophes, c’est la Guerre du Pacifique qui est aujourd’hui l’objet d’une immense rancœur pour des raisons géopolitiques évidentes. Clairement, la perte de littoral est vue comme une des raisons principales des difficultés économiques du pays.

Depuis 130 ans, la Bolivie n’a cessé de revendiquer un accès à la mer, en vain. Plusieurs fois, les ennemis historiques ont été proches d’une solution (1884, 1889, 1904 – par peur d’une « overdose » de faits historiques, je ne vais pas détailler). Depuis 1962, les relations diplomatiques entre les deux pays sont inexistantes, à l’exception notable d’un interlude dans les années 70 grâce aux affinités idéologiques que partageaient les dictateurs Hugo Bánzer et Augusto Pinochet (un accord de « troc » de terre fut quasiment atteint en 1975 mais échoua à cause du Pérou – depuis 1929 en vertu d’un Traité avec le Chili, le Pérou doit approuver toute cessation de territoire de la zone concernée à un pays tiers).

L’arrivée en 2004 d’Evo Morales à la présidence, coïncidant avec l’accession de Michelle Bachelet au pouvoir au Chili, suscita de grands espoirs du côté Bolivien. De l’avis des experts, jamais les relations entre les deux pays n’avaient été si constructives. Les deux nouveaux chefs d’Etat se mirent d’accord sur l’établissement d’un agenda bilatéral de 12 points où la question du littoral pacifique occupe une place centrale. Sans pour autant rétablir les relations diplomatiques, les chefs d’Etat se rencontrèrent à maintes reprises afin de faire avancer le dossier. Morales misa sur une stratégie inédite : la diplomatie à voies multiplies. A savoir qu’au-delà des pourparlers politiques, les deux peuples devaient eux aussi initier des rapprochements. Se mirent ainsi en place des collaborations de type académique (historiens tentant d’écrire une histoire de la Guerre du Pacifique commune pouvant être enseignée dans les deux pays) ou encore économiques (par le biais d’entrepreneurs). En outre, le droit de l’accès à la mer est décrit comme un droit inaliénable du peuple dans la nouvelle constitution votée en janvier 2009.

L’établissement d’une confiance mutuelle a conduit à certaines avancées non négligeables. Par exemple, depuis le début de cette année, le Chili verse une compensation mensuelle de 500 000 $, reconnaissant le dommage causé suite au détournement du fleuve Silala au XIXème siècle. Autre évènement symbolique et impensable il y a une quinzaine d’année : l’hommage rendu par les forces armées chiliennes au héros national bolivien Eduardo Avaroa le 23 mars 2007.

En dépit de cela, nombre de commentateurs fustigent la mauvaise fois chilienne en affirmant qu’il n’a jamais été question pour eux de restituer un territoire côtier à la Bolivie, malgré la mise en place d’un agenda bilatéral. Evo Morales est lui aussi mis en cause du fait de son « manque de stratégie, de sa « candeur » démesurée, de son manque d’expérience de connaissance du dossier et de professionnalisme » (comme le déclara Javier Murillo, ex ministre des affaires étrangères) vis-à-vis de l’ennemi historique. De fait, l’opposition politique affirme l’inexistence de propositions concrètes de résolution du dossier (nombreuses sont les théories : port sous administration commune, enclave avec ou sans souveraineté, corridor de la frontière bolivienne à la mer, en gardant toujours à l’esprit que l’accord doit être donné par le Chili, la Bolivie, mais aussi le Pérou).

De son côté, le chef de l’Etat, dans son discours à la nation, a mis en avant l’existence de deux verrous dans le dossier. Il a d’une part mis en cause les « ennemis intérieurs » en faisant référence à des propos tenus par l’opposition de Santa Cruz dans un quotidien chilien. Celle-ci affirmait en effet ne pas vouloir que Morales résolve de dossier par peur de la popularité dont il bénéficierait le cas échéant ( !). Même face à un ennemi commun, l’unité nationale n’est pas à l’ordre du jour.
Il a, d’autre part, fustigé la saisine de la Cour Internationale de Justice (CIJ) par le Pérou il y a une dizaine de jour, celui-ci revendiquant … une partie du territoire perdu il y a 130 ans. Les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis. Alan Garcia (président préuvien) a affirmé il y a deux jours que le dossier du littoral bolivien était clos, tandis que Morales lui a répondu hier que sa saisine avait pour objectif de faire oublier son bilan calamiteux tout en ajourant qu’il était … gros. La CIJ peut éventuellement affirmer que la Bolivie n’a aucun droit lors du verdict rendu, ce qui ferait jurisprudence et anéantirait tout espoir bolivien. Le ministre des affaires étrangères, David Choquehuanca, n’a d’ailleurs pas exclu de saisir lui aussi la CIJ en réaction aux agissements péruviens.

En résumé, depuis 2004, le dossier a clairement avancé, grâce à la mise en place d’un agenda bilatéral. Cependant, les négociations sont apparemment au point mort (fait démenti par Morales). Aujourd’hui, on assiste à une conjoncture de faits défavorables : une grande tension couplée à un manque de stratégie en Bolivie, un affaiblissement du pouvoir chilien (Michelle Bachelet est en fin de mandat, sans réelection possible, et sa popularité dans son pays est médiocre) et un fait récent international qui n’arrange rien (la saisine de la CIJ). Il faudra attendre les prochaines élections chiliennes (en mars 2010) pour un éventuel avancement. Rendez vous donc le 23 mars 2010 pour faire un nouveau point.

Sources : WIkipedia, Los Tiempos (édition du 23, 24 et 25 mars), OH ! (édition du 21 mars, interview avec le diplomate bolivien Fernando Salazar).

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Un jour historique au Salvador

mars 16, 2009

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Pour la première fois de son histoire depuis la fin de la guerre civile, la gauche vient de remporter les élections présidentielles du Salvador (Amérique Centrale). Depuis la signature des accords de paix en 1992 entre le Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN) et les Forces Armées du Salvador (FAS), un seul a parti (d’extrême droite) a en effet occupé le pouvoir exécutif : l’Alliance de Républicaine Nationaliste (ARENA).

Plusieurs choses, brièvement.

Depuis 2000, le FMLN a remporté un certain succès aux élections législatives, jusqu’à être majoritaire en 2003. Jamais cependant, le peuple n’a osé voter lors des présidentielles pour le FMLN. Et ce pour plusieurs raisons. D’une part, le leader du FMLN, Shafik Handal, candidat à la présidence jusque là a été un des acteurs les plus notables de la guerre civile. Extrémiste, staliniste, celui-ci n’inspirait aucune confiance à la population. Sa mort en 2006, a largement débloqué la situation, permettant au FMLN de faire un pas vers le centre, comme on a pu le voir aujourd’hui avec la désignation de son candidat pour les présidentielle de 2009. Le choix de Mauricio Funes (journaliste indépendant non affilié jusque là) comme candidat à la présidence démontre en effet la profonde rénovation idéologique qu’a entrepris le FMLN après la mort de son leader historique (ce qui lui permet aujourd’hui d’être victorieux).


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Rares sont les pays encore tant marqués par la Guerre Froide. Il faut dire que les guerres civiles ayant eu lieu dans toutes l’Amérique Centrale (Guatemala, Salvador et Nicaragua, la plus connue) ont été, si l’on peut dire, les dernières guerres liées directement au conflit entre les deux blocs (avec l’Afghanistan). La vie politique salvadorienne est encore aujourd’hui profondément marquée par l’affrontement idéologique issu de la guerre froide. La campagne présidentielle particulièrement violente de cette année l’a encore démontré. La rhétorique d’ARENA notamment fut d’un autre temps, mettant en garde contre le péril rouge, alors que le FMLN affirmait à tout va que le gouvernement allait commettre des fraudes pour empêcher sa victoire.

Une des caractéristiques du système politique salvadorien est d’ailleurs qu’il est un des plus polarisé au monde. Le FMLN comme ARENA se considèrent respectivement d’extrême droite et d’extrême gauche. Pendant 20 ans, ARENA a ainsi mené une politique ultra sécuritaire de lutte ouverte contre le problème endémique de la délinquance juvénile, couplée à une politique économique néolibérale (avec l’Equateur, le Salvador est d’ailleurs le seul pays d’Amérique Latine à avoir « dollarisé » son économie). Le spécialiste Manuel Alcantara Saez voit d’ailleurs la crise financière comme un des facteurs ayant favorisé la victoire du FMLN.

Dire que le résultat des élections de dimanche dernier est historique n’est pas trop fort. Enfin, la gauche accède au pouvoir après avoir été majoritaire au niveau municipal et au niveau législatif (je le répète, la mort de Handal y est pour beaucoup). En raisonnant selon les termes de la transitologie (courant de la science politique étudiant les transitions démocratiques), on peut aussi affirmer que le Salvador a finalement accompli sa transition vers la démocratie, en vivant aujourd’hui une alternance politique réelle.

Déjà, les observateurs soulignent que la gauche est minoritaire au Congrès (les élections législatives et municipales ont eu lieu en décembre 2008), si tous les partis de droite effectuent une coalition. Il sera donc difficile pour le FMLN de faire passer ses lois. Gageons tout de même que le FMLN entreprendra et réussira des réformes absolument nécessaires pour le pays, notamment en matière de sécurité et de politique fiscale (le Salvador est un des pays ayant le taux d’imposition le plus bas au monde). Dans tous les cas, l’accession de la gauche à la présidence du Salvador est un fait qui marquera à coup sur l’histoire de ce petit pays.

Remarquons pour finir qu’à l’annonce des résultats, les deux candidats ont eu des mots de paix, tentant de mettre fin au très âpre combat qu’a été la campagne présidentielle. Funes a d’ailleurs fait référence à Lula et Michelle Bachelet, plutôt qu’à Chávez, comme pour faire taire ses adversaires lui reprochant de vouloir adopter le socialisme du XXIème siècle. Encore une fois, gageons que Funes n’aura pas les mêmes dérives – catastrophiques – que Daniel Ortega au Nicaragua.

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Bolivie : L’agression de Victor Hugo Cardenas, ou le double tranchant du soutien des mouvements sociaux.

mars 16, 2009

Me trouvant actuellement en Amérique Latine (en Bolivie) dans le cadre de mes études, j’ai ouvert avec mes camarades de master un blog traitant de l’actualité latino américaine.

Je copie/colle ici l’article que j’ai écrit il y a quelques jours.

Il y a quelques semaines, Evo Morales a donné une conférence à l’IEP de Paris. Il y affirmait notamment que le gouvernement de l’Etat plurinational de Bolivie (la forme longue de dénomination de la Bolivie depuis l’approbation de la nouvelle constitution politique de l’Etat – CPE) était un gouvernement dont la base était les mouvements sociaux indigènes (notamment et surtout les syndicats). Dans sa rhétorique quotidienne envers les Boliviens, Evo Morales appuie d’ailleurs sa légitimité démocratique sur le soutien dont il bénéficie de la part des mouvements indigènes (60 % de la population).

Vivre en Bolivie permet de saisir l’importance de ces mouvements. En plus d’être constamment présents dans la rhétorique présidentielle, plusieurs ministres sont d’origine indigène. Nombreux sont aussi les “bloqueos” (blocus) perpétrés un peu partout dans le pays (“à vue d’oeil”, on peut d’ailleurs penser qu’il constitue le principal répertoire d’action du peuple bolivien). Arrivé au pouvoir grâce à ces mouvements, Morales, à travers la nouvelle constitution, a consacré leur vitoire politique. Voir cependant les 60 % de population indigène comme un “bloc” est une erreur.

Le 25 janvier 2009, 20 organisations de femmes indigènes ont déclaré que Victor Hugo Cárdenas (ex vice premier ministre d’origine indigène du président Gonzalo Sanchez de Lozada, de 1993 à 1997) ainsi que trois autres hommes politiques indigènes étaient des “traitres et des ennemis de leur propre lignée sanguine“. De fait, Cárdenas s’est vu reprocher sa proximité avec les 4 préfets rebelles autonomistes de la “Media Luna”. Comme “sentence”, la communauté de “campesinos” indigènes Omasuyos de la ville de Sankajahuira à 80 km de La Paz, a décidé unilatéralement d’exproprier Cardenas et sa famille.

Samedi dernier, un groupe d’Omasuyos a investi la maison de la famille Cardenas au nom de la “Justice Communautaire” instaurée par la nouvelle CPE avec comme objectif de mettre à la rue la famille. Problème, ladite famille a fini à l’hôpital suite aux nombreux coups reçus. Les justifications furent plutôt confuses, la communauté Omasuyo s’appuyant surtout sur le passé politique de l’ex vice président et ses agissements récents pour légitimer ses actions.

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Depuis, “le cas Cardenas” s’est vu propulsé à la une des médias boliviens, notamment suite à la réaction du gouvernement. Evo Morales a en effet déclaré que “eso es asuntos ellos (ce sont les affaires de la communauté) y que tenía que resolverse con su comunidad de acuerdo a usos y costumbres”(cela doit être résolu au sein de la communauté, en accord avec leurs us et coutumes), en sous entendant que Cardenas l’avait bien cherché, en s’opposant au gouvernement, soutenu par la communauté. Suite à ces déclarations, l’opposition, l’Eglise et la communauté internationale a exprimé sa vive réprobation (l’ambassade France a eu des mots très durs).

Un député du parti du gouvernement (le MAS, Movimiento al Socialismo) Leandro Chacalluca a affirmé hier qu’il allait présenter dans les prochaines heures un projet de loi pour exproprier Cardenas et faire de sa maison un bien public. Cette déclaration fait écho aux dires du vice président Álvaro García Linera ayant déclaré devoir initier un processus légal aboutissant à l’expropriation.

Cette affaire est très révélatrice de la situation dans laquelle se trouve en ce moment la Bolivie.

Evo Morales veut avant tout rétablir les droits des indigènes, ceux ci ayant été, il est vrai, honteusement bafoués depuis l’indépendance de la Bolivie. Le problème est qu’en se faisant, il encourage la création d’une société à deux vitesses, avec deux types de citoyens (les indigènes et les autres). Car il tente d’autre part de banir toute discrimination en instaurant une sorte de discrimination positive généralisée. En gros, l’assemblée plurinationale (le congrès) doit dorénavant contenir des représentants de toutes les minorités ethniques (aymaras, quechuas, guaranis, noirs, etc.) sans oublier la parité homme femme qui se doit d’être respectée. Les indigènes auront ainsi le droit à deux votes pour chaque scrutin (un général, un pour les représentants inigènes). Un tel fractionnement de la société conduit hélas à une exacerbation des tensions et à un replis communautaire généralisé. Il est certes difficile de demander une unité nationale lorsque l’idéal républicain bolivien n’a jamais vraiment pris en compte l’identité indigène. Cependant, Morales parait faire exactement l’inverse de ce qui a été fait par les créoles, en instaurant une discriminsation pro-indigène.

En outre, avec l’expropriation Cardenas, on observe qu’au sein même des communautés indigènes, il existe des tensions croissantes entre les pro-MAS (très large majorité) et les autres qui est favorisée par le nouveau principe d’autonomie instauré par la CPE.
La nouvelle constitution est censée consacrer l’autonomie des communautés indigènes qui doivent pouvoir se gérer selon leurs propres traditions. Morales veut une autonomie à tous les niveaux – départemental, provincial, municipal, communautaire, et indigène. A terme, le but est de refonder toute la division administrative du territoire en imposant qu’un seul niveau en dessous du gouvernement (et non plus 3 comme aujourd’hui) – les naciones. Cependant, personne ne sait exactement de quelle autonomie on parle. De leur côté, les préfets (élus) des départements les plus riches du pays militent, eux, pour une émancipation totale du gouvernement, chose que refuse catégoriquement le gouvernement central, sous prétexte de démentellement du territoire et de la patrie.

Malgré son manque de clareté, cette autonomie en tant que principe constitutionnel est cependant aujourd’hui revendiquée par Evo Morales, pour la résolution d’un problème que ce devrait de résoudre la justice bolivienne. Hier, la communauté Omasuyo a déclaré avoir instauré un “état de siège”, interdisant à tout ressortissant de la ville de parler avec les mendatés par la justice, (los “fiscales”) censés établir les faits, prétextant que la communauté est régie par ses propres lois. C’est hélas l’Etat de droit qui est remis en cause, avec un soutien du pouvoir exécutif.

Revenons à notre propos du départ. Dans sa conférence, Morales affirme être la voix des mouvements sociaux. Clairement, sa légitimité démocratique en dépend. Néanmoins, cette légitimité est à double tranchant. Morales ne peut pas se permettre de désavouer une communauté se revendiquant des principes instaurés par la nouvelle constitution, même si celle ci a mal agi.

C’est précisément un des problèmes majeurs de la Bolivie aujourd’hi. Morales est pris entre deux feux. D’un côté, les départements les plus riches demandent à s’émanciper, de l’autre les mouvements sociaux maintiennent une pression constante pour en faire toujours plus. Ce qui conduit à des dérives telles que celle de l’affaire Cardenas.

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Ridicule Comparaison

mars 9, 2009

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=3573

Sur l’antenne de RMC vendredi 6 mars, Frédéric Lefebvre (porte parole UMP) a réagi “Je pense qu’aujourd’hui il faut faire cesser ces opérations d’intimidation qui ressemblent plus à des opérations de type mafieuses (…) des sortes de tontons macoutes du LKP en Guadeloupe.

?

Qu’est ce c’est que cette référence ? Ce genre de déclaration a le don de me révolter. Comment, à un tel niveau, peut on arriver à de tels raccourcis ? Comme lorsqu’on compare une radio belge à Radio Mille Collines. Autant invoquer les khmers rouges pendant qu’on y est (histoire d’être un peu inventif et de laisser la guestapo tranquille).

Comparer les militants du LKP a des Tontons Macoutes, ces milices de la mort à Haïti, période Duvalier, est complètement hors de propos.

Pourquoi un tel raccourci ? Les Caraïbes ? Ok. La couleur ? Surement. J’ai envie de dire : la couleur, surtout. Pourquoi ne pas avoir parlé des Caliés de Trujillo en République Dominicaine par exemple ? Après tout, c’est exactement la même période. Mieux, c’est la même île ! Mais non, on cite Haïti. Ca parle surement plus.