Archive de la catégorie «Culture»

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Crypto-Hippies et Post-Psychédélisme

octobre 11, 2009

Suite de ce grand top de la décennie version indie.

B – LES CRYPTO-HIPPIES

Dans la catégorie indie US, je demande les hippies. Ils furent plutôt nombreux cette décennie, organisant un revival flower power assez pénible, pour être franc. Dans cette catégorie (totalement subjective !) figurent quelques albums sympas. Je me permets tout de même d’évoquer les CRYPTO HIPPIES fièrement représentés par Devendra Banhart et Cocorosie. Soit une musique à l’image de leur look : insupportable et désuet.

Joanna Newsom – Ys (2006)

Joanna Newsom est aussi une pote de Devendra. Sauf qu’elle a du talent. Ys est composé de 5 chansons, il s’écoute, se vit. Une fois par année, je prends un réel plaisir à m’immerger dans cette aventure relativement difficile à suivre (parfois un peu pompeuse) mais dont on sort heureux.

Fleet Foxes – Fleet Foxes (2008)

Un album objectivement bon. Je dirais pour ma part qu’il m’a beaucoup lassé et qu’il ma surtout permis de réécouter Crosby Still Nash and Young. L’engouement fut fort l’année dernière, je ne comprends toujours pas vraiment pourquoi. Les chansons sont catchy, l’esprit « give peace a chance » peut faire sourire. Mais ce n’est pas non plus un chef d’œuvre de la décennie.

Beirut – The Flying Club Cup (2007)

Le choix est discutable certes. Beirut devrait il figurer dans cette catégorie ? Peut être pas. Surtout, le premier n’est il pas meilleur que celui-ci ? Et bien, tout à fait subjectivement encore une fois, je dirais que non. Zach Condon a découvert la France, et nous renvoie une image désuète mais agréable. A l’instar de la pochette, il y règne un charmant côté rétro. Une petite perle.

Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide to the Flight Deck (à vos souhaits) (2004)

Alors oui, le groupe est anglais, donc a priori ne devrait pas figurer ici. Mais c’est tellement hippie ! Le disque est sorti en 2004. Depuis, AUCUNE NOUVELLE (à part une jolie interview il y a un petit bout de temps chez la Blogothèque). Reste un album trop méconnu, avec des chansons amples et touffues. Comme si Grandaddy découvrait les cuivres et la tristesse. Un bien bel opus.

Tunng – Good Arrows (2007)

A l’instar du groupe précédent, Tunng vient d’Angleterre. A l’instar du groupe précédent, Tunng a cependant tout à fait sa place ici. C’est moins ample que FTW mais tout aussi gentiment barré. Ici, on est plutôt dans l’esprit petites comptines à jouer autour d’un feu de camp. Les percussions sont DIY, les cœurs un peu partout. Magnifique de simplicité et de spontanéité.

The Polyphonic Spree – Together We’re Heavy (2004)

On sort là aussi de la Devendra Connexion. Mais on reste aux USA. Là, c’est limite caricatural. Des hippies par dizaines venant chanter sur la beauté du soleil et de la vie. Si vous cherchez quelque chose pour vous faire aimer la vie, cet album est pour vous. Grandiloquent, épuisant, jouissif. Et si par hasard ils passent par chez vous (très rare), n’hésitez surtout pas.

C – LES POST-PSYCHEDELIQUES

Mais quelle différence entre les crypto hippies et les post psychédéliques ? Et puis qu’est ce que ces catégories n’ayant d’autre but que de plagier high fidelity ? L’objectif ici est d’essayer d’articuler les albums entre eux. Parce que balancer cet ensemble de disques indie sans logique aucune aurait été faire une belle bouillabaisse.

Et donc qu’est ce que ces post psychédéliques ? Car les crypto hippies sont tout de même psychédéliques. En quoi cette catégorie se justifie-t-elle ?

Deux mots. Un groupe. ANIMAL COLLECTIVE. Le collectif de Baltimore a eu un impact fondamental sur la musique indie de la décennie. A un tel point que même Sigur Ros les a plagié pour son dernier single.

Animal Collective, en 6 albums, est devenu un groupe important. Car un des groupes les plus innovants depuis belle lurette. Certains affirment qu’ils sont surestimés. C’est peut être le cas. On ne peut en tout cas pas leur enlever qu’ils essayent de faire quelque chose de nouveau, comme par exemple, au hasard, inventer la pop du XXI ème siècle. Et ça sonne comment ? Comme les Beach Boys sous acide.

Et donc, les post psychédéliques c’est Animal Collective ? Non, AC est la justification principale de cette catégorie. Mais, y figurent aussi des disques plus ou moins proches dans l’esprit. Commençant tout de go par écarter les ersatz opportunistes : El Guincho ou Born Ruffians peuvent aller se coucher.

A tout seigneur tout honneur :

Animal Collective – Merriweather Post Pavilion (2009)
Animal Collective – Feels  (2005)

AC est le seul groupe dont je citerai deux albums. Car je n’arrive pas à me décider. Strawberry Jam et Sung Tongs sont aussi à écouter. En 5 ans, AC s’est affiné, ils sont devenus plus accessibles. L’apogée est l’album de cette année, consacrant le groupe, montrant à la face du monde à quoi la pop devrait ressembler. Du génie à l’état pur.

Grizzly Bear – Yellow House (2006)

Technikart, pour les descendre, affirme que Grizzly Bear fait du AC version folk. Ils ont raison. Des chansons alambiquées, des chœurs partout, des batteries nonchalantes. C’est très fouillé, c’est complexe, ça s’écoute 20 fois sans jamais sonner pareil. Grizzly Bear sont en plus signés chez Warp, fait assez rare, pour un groupe faisant ce genre de musique, pour être souligné. A écouter aussi le side project du chanteur – Department of Eagles. Tout aussi intéressant.

Beta Band – Hot Shot II (2001)

The Beta Band est il un groupe maudit ? Pendant une décennie, les Ecossais ont fait de nombreuses expériences sonores sans jamais réussir à vendre assez d’albums pour tourner. Dans les milieux initiés, ils sont à juste titre considérés comme des génies incompris. En 2004, ils se séparent dans l’indifférence la plus totale. Reste une poignée d’albums à écouter de toute urgence, Hot Shot II en tête. Ca fourmille d’inventivité, c’est frais, c’est catchy, c’est psyché.

Deerhoof – Friend Opportunity (2007)

En voilà un grand disque. Plutôt confidentiel. La BO parfait d’un manga dont l’action est en fête foraine. Ca part dans tous les sens, c’est brut. La chanteuse a une voix de poupée, le batteur le style de Keith Moon. Il y a de l’orgue dans tous les sens et des lyrics aussi simples que géniaux (« meet the perfect me »). C’est fluo, c’est dansant, c’est jouissif. Deerhoof est complètement barré et ils arrivent à communiquer leur délire. Enfin, surtout sur ce disque. Les autres étant plus durs d’accès.

Antony and the johnsons – I am a bird now (2005)

Ce disque n’a pas vraiment sa place ici mais je ne sais où le mettre. Antony and the johnsons, c’est de la chialure en règle. En concert, c’est la chose la plus émouvante que j’ai jamais vue. Sur album, c’est tellement touchant que c’en est difficile de l’écouter fréquemment. Antony chante ses angoisses et ses rêves, accompagné d’un piano feutré.  Sa voix est hors norme, ce disque est une charge émotionnelle démesurée.

Dirty Projectors – Bitte Orca (2009)

Ce disque est le petit dernier de ce groupe à géométrie variable, constitué autour d’un génie de la musique qui a fait Yale, un certain Dave Longstreth. La discographie est confidentielle et pléthorique. Elle est d’ailleurs plutôt inaccessible (des expérimentations musicales plutôt pénibles en fait). Et puis est sorti Rise above qui les a propulsés dans l’actualité. On a découvert un groupe faisant un musique particulière car millimétrée. Les Dirty Projectors, c’est un peu le pendant indie de la cuisine molléculaire, pour faire dans la métaphore. Je ne me remets pas de ce Bitte Orca. Car là où Rise Above force l’admiration, Bitte Orca nous prend par les tripes. Le groupe nous sert de la musique compliquée qui nous atteint directement au cœur. Et c’est magique. Un très grand disque.

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GRAND DEUX – L’INDIE ROCK US : entre guitares beuglantes, tradition, flower power et psychédélisme version XXIème siècle (le tout sur fond New Yorkais) – a)

septembre 21, 2009

Première partie de cette catégorie fleuve

Cette année est sortie la compilation Dark Was The Night, œuvre caritative en faveur de la lutte contre le SIDA. Composée de reprises par la crème de l’indie nord américain, DWTN fait aussi office de parfait état des lieux. Sortie grâce au travail de Matt Berninger, chanteur de The National, DWTN montre par ailleurs qu’il existe une certaine « conscience de classe » dans ce petit monde de l’indie, très « new yorko centré ».

Toujours est il que l’indie, comme à son habitude, s’est plutôt bien porté durant ces 10 ans, apportant son petit lot de pépites plus ou moins prisées et de nouveaux groupes plus ou moins intéressants. Revue, non exhaustive cette fois, de mes préférés. Pour plus de clarté (quoique), je vais subdiviser tout ce joyeux monde en trois sous catégories.

A – LES TRADITIONALISTES

Les traditionalistes ? Ok, ça fait un peu intégriste. Ca me permet surtout de mentionner ici des bons groupes ayant sorti des albums de très haute voltige sans pour autant avoir voulu à tout prix innover. En gros, les opus cités auraient tout aussi bien pu dater des années 90.

A tout seigneur tout honneur, puisque l’on parle de la compilation DWTN :

The National – Boxer (2007)

Voilà dix ans que ce groupe type d’indie new yorkais roule sa bosse, se bonifiant au fil des années. Boxer est leur meilleur oeuvre, à savoir un album touchant, très homogène. Matt Berninger chante mieux que jamais, réussissant à poser une ambiance propice à la mélancolie. Un album indie rock parfait si il en est, une très grande réussite dans la décennie.

The Walkmen – You and Me (2008)

J’enchaine direct sur The Walkmen, groupe au profil très similaire à The National (10 ans d’activité, new yorkais). A l’instar à ce dernier, les Walkmen ont réussi à créer un son caractéristique, assez indescriptible, notamment grâce à la voix si particulière de Hamilton Leithauser. Une fois de plus, You and Me parait être l’aboutissement d’une décennie de musique, condensant l’ensemble des (très bonnes) idées trouvées au fil des opus.  You and me dégage lui aussi quelque chose de très fort, une sorte de bande son pour une balade urbaine sous la neige. Surtout, il ne lasse pas, regorgeant de détails sonores. Vraiment un très bon album, typique dans son côté indie mais apportant une réelle touche de fraicheur.

Eels – Daisy of the Galaxy (2000)

Voilà 15 ans que Eels fait du Eels. Invariablement, Eels fait du Eels. A savoir des petites comptines douces amères agrémentées d’une voix rauque chatoyante (n’importe quoi). Alors pourquoi cet album et pas son précédent ou son successeur ? Tout simplement car c’est mon préféré. Et est ce qu’il mérite vraiment sa place ici ? Ba oui, car personne ne fait aussi bien du Eels que Eels. Et que ça fait chialer, ça fait sourire, ça rend nostalgique. A souligner aussi leur géniale touche en live : la chanson cachée. Comme sur un disque. Sauf que là, le groupe s’en va et revient jouer quelque chose, 20 minutes après le retour des lumières, avec ou sans gens. Une super idée.

Cake – Comfort Eagle (2001)

Voilà 20 ans que Cake fait du Cake. Invariablement, Cake fait du Cake. A savoir des mélodies hyper catchy avec de la trompette partout et des lyrics géniaux (sur les filles avec des mini jupes et de longs manteaux par exemple). Alors pourquoi cet album et  pas son précédent ou son successeur ? Tout simplement car c’est mon préféré. Et est ce qu’il mérite vraiment sa place ici ? Ba oui, car personne ne fait aussi bien du Cake que du Cake. Je suis quand même allé les voir 3 fois en 1 an, à chaque fois ce fut un fantastique karaoké géant.


Sufjan Stevens – Seven Swans (2004)

« Illinois » aurait tout aussi bien pu figurer à la place de Seven Swans. Mon choix peut largement être discuté et je pense avoir choisi Seven Swans du fait de la chanson titre d’anthologie.
Sufjan est l’un des grands gagnants indie du milieu de la décennie. Il a prouvé que la chanson à texte gentiment moraliste et chrétienne fait toujours recette.  Stevens est surtout un perfectionniste chevronné dont les arrangements et la production de ses albums sont archi travaillés, aussi touffus que propice à la réécoute intensive, sans jamais lasser (pour un aperçu typique, écouter Come on ! Feel the Illinoise !). Ca part dans tous les sens, ça utilise des vents et des cordes « à tout va » (y compris la harpe hein). Il y a un côté scout qui ne me dérange absolument pas mais dont je peux largement comprendre qu’il énerve. En attendant, et après des sorties d’albums en cascade faisant penser à du stakanovisme (pas moins de 5 sorties entre 2003 et 2006 !), Sufjan est aujourd’hui bien silencieux. Son ambition de vouloir composer un album pour chaque état des USA parait battre de l’aile. Dans tous les cas, l’originaire de Chicago est un des artistes majeurs de l’indie des années 2000. Sa dernière sortie en date (you are the blood sur DWTN) est tellement inattendue (une sorte de condensé de ses premiers albums inécoutables et de son travail d’orfèvre de la fin) qu’il est permis de s’attendre à tout (à signaler aussi l’épique Majesty Snowbird, nouveauté live du temps de la tournée Illinois).

The American Analog Set – Know by heart (2001)

De l’indie pur jus de la part d’un groupe pas vraiment majeur d’Austin, Texas. On a franchement envie de mettre des chemises à carreaux et des lunettes à grosse monture à l’écoute de ce disque. Know by heart est très agréable, même si typique de l’indie, avec ses guitares folks et ses structures quelques peu alambiquées. A écouter en faisant la sieste ou en regardant Juno.

Beulah – Yoko (2003)

Avec Of Montreal et Elf Power, Beulah est un des rares résidus du mythique collectif indie ELEPHANT 6. Yoko est leur « grand » album, navigant quelque part entre le Wilco expérimental et les decemberist. Là encore, c’est l’archétype du disque indie, c’est assez commun mais c’est très bien. Et puis la pochette est très chouette.

The Dodos – Visiter (2008)

Mon chouchou. Comme je le disais, sans grande nouveauté. Les Violent Femmes l’ont fait avant. Mais qu’est ce que c’est bien ! Qu’est ce que c’est frais, qu’est ce que ça part dans tous les sens, qu’est ce que c’est agréable et homogène. Un album qui sera dans les hautes sphères de mon top subjectif.

The Shins – Chutes too narrow (2003)

Là encore un de mes favoris. Sans le paraître, la musique des Shins est extrêmement complexe. Peu de groupes arrivent à composer de si belles et intelligentes balades. J’insiste sur « intelligentes » car The Shins est un groupe à texte. Ne pas prendre en compte les lyrics, c’est passer totalement à côté de la musique des Shins. Exemple :

“But I learned fast how to keep my head up,
’cause I know there is this side of me that
Wants to grab the yoke from the pilot and just
Fly the whole mess into the sea.”

Why? – Elephant Eyelash (2005)

De l’indie hip hopeu puisque Why? est sur le label Anticon, largement estampillé popop. Elephant Eyelash est un super disque, bancal, décalé (à l’instar du titre de l’album), à l’image finalement de sa pochette. Les chansons sont courtes, jouissives, le genre de musique fourmillant de trouvailles et donnant pleins d’idées de composition (du style composer un album de reprises des pixies à la manière de Why ?). En live, ça résonne comme des hymnes. Sans déconner, et à l’instar de Broken Social Scene (on y reviendra), Why ? est un de ces groupes qui pourrait prétendre à entrer dans le mainstream. « Dans tes rêves ».

Clap Your Hands Say Yeah – Some Loud Thunder (2007)

En voilà un beau groupe. D’autant plus qu’il s’est fait découvrir par le net, vendant son premier album auto produit par milliers. Malgré mon amour incommensurable pour celui-ci, j’ai finalement décidé de citer leur deuxième et dernier effort en date. Mine de rien, c’est un réel tour de force. La voix aussi bancale est toujours là mais la composition est devenue autrement plus complexe et intéressante. Ecoutez Goodbye to the mother and the cove, vous comprendrez. Ce groupe a du génie. Il est bien trop sous estimé.

En prélude à la catégorie “Les Glorieux Anciens” (teasing), je me permets de citer ici quelques albums de gros groupes indies des 90’s, roulant leur bosse depuis un bout de temps mais n’ayant rien perdu de leur talent ni de leur intérêt (pour la majorité tout du moins).

Mercury Rev – All is dream (2001)

Sorti le 11 septembre 2001, All is dream ne porte pas bien son nom. Mercury Rev, après avoir été un groupe trash, a viré baroque et grandiloquent. Avec des violons partout, des artworks décadents et une voix castrée. Beaucoup détestent. Mon côté grande folle adore ce dernier grand album d’un groupe estampillé 90’s et aujourd’hui assez ringard (il faut bien l’avouer).

The Flaming Lips – Yoshimi battles the pink robot (2002)

Les « lèvres brulantes » sont toujours là. Ils donnent toujours les meilleurs concerts du monde (en tout cas, ça donne vachement envie) et font toujours de la musique indie parfaite. Je ne comprends toujours pas comment ils n’ont pas pris l’envergure de U2.

Grandaddy – Sumday (2003)

Grandaddy n’est plus. Depuis 2006, ce grand groupe de l’indie US a cessé d’exister. Jason Lytle continue de faire du Grandaddy dans son coin, certes. Mais le groupe est officiellement séparé, ce qui est fort triste lorsqu’on y pense.
Et si Sumday était le meilleur disque du groupe ? Sans bouleverser leur tradition musicale, il sonne comme « l’album de la maturité » (promis, ce sera l’unique fois). Plus besoin de faire des chansons fleuve de 10 minutes pour prouver sa virtuosité. Les chansons durent 4 minutes en moyenne, elles sont superbes, tout comme la pochette (la seule dans l’histoire du groupe). Sumday n’est peut être pas aussi bon que « Under the western freeway » (effet de surprise en moins) mais il s’en approche carrément.

A suivre… en fin de semaine, les crypto hippies et les post psychédéliques !

En attendant, lâche tes coms !

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GRAND UN – LE RETOUR DU ROCK:

septembre 19, 2009

J’aurais pu mettre tout un tas de disque dans la catégorie POP ROCK. Ca aurait fait un joli gloubiboulga un peu fourre tout où s’entassent les cd sans vraiment de rapport. Il y aura bien une catégorie « ROCK » fourre tout mais je vais essayer, dans la mesure du possible, d’établir les liens entre les différents opus. Rob Gordon classe ses vinyles par ordre autobiographique  :

Dick: I guess it looks as if you’re reorganizing your records. What is this though? Chronological?

Rob: No…

Dick: Not alphabetical…

Rob: Nope…

Dick: What?

Rob: Autobiographical.

Dick: No fucking way.

C’est un peu l’idée finalement.

LE NEO ROCK est né le 28 aout 2001 avec la sortie du LP « Is this it ? » des Strokes. Suivirent pendant deux années une ribambelle de groupe en THE (sachant que THE THE a déjà existé dans les 80’s), criant, hurlant que le rock était de retour, que les amplis à lampe étaient l’unique moyen de reproduire un son parfait, que les 4 pistes ne serait jamais égalé. Largement sponsorisé Rock n Folk en France, les groupes en THE eurent des destins plus ou moins communs, passant du « meilleur groupe du monde » selon NME au groupe le plus ringard en quelques mois. Restèrent quelques albums géniaux, touchants, approximatifs ou parfaits. Et restèrent aussi quelques groupes aujourd’hui encore en vogue (on doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main). Petit aperçu exhaustif de cette période haute en guitare qui s’est par la suite métamorphosée en copie des Cure.

The Dandy Warhols – 13 tales from urban bohemia (2000)

Un ami forumien affirma un jour que les Dandy Warhols étaient les précurseurs de la vague néo rock. Déjà de part leur nom. Ensuite, de par leur trajectoire (on y reviendra plus tard). 13 Tales from Urban Bohemia est sorti en 2000. Il est la superbe bande-son rock d’un trip opiacé (logique dans laquelle le groupe s’est hélas enfermé depuis 5 ans, sortant des albums à leur gloire, ne servant à plus grand-chose).  Résolument cool de par son ampleur, de par la qualité de ses chansons, il peut aujourd’hui être perçu comme le précurseur d’un retour des guitares (sans pour autant laisser présager le néo rock).

Pour moi, le néo rock est fondamentalement caractérisé par deux albums d’envergure, tant symboliquement que musicalement.

The White Stripes – White Blood Cells (2001)

Avant de devenir LE groupe étant responsable d’un des plus gros hits de la décennie (étant devenu l’hymne de la victoire italienne en 2006 et le générique d’une émission radio de l’horrible Luis Fernandez), The White Stripes est avant tout le groupe ayant clamé que «  c’était mieux avant » (jack white a aussi accessoirement affirmé que le jour où ils vendraient plus d’1 million d’album, ils se sépareraient – hm). White Blood Cells est un recueil de chansons simples (Little Room), efficaces (Hotel Yorba), courtes, parfaites pour apprendre à jouer de la guitare et se familiariser avec le blues. Il fut un réel choc à l’époque et semble ne pas vieillir (puisqu’il était déjà un ancêtre au départ). Aujourd’hui, le groupe s’est un peu enfermé dans son éthique chiante du vintage, il n’en reste pas moins qu’il sort régulièrement des disques honnêtes même si balourds (nous ne mentionnerons pas ici les side projects de jack white, tous assez atroces).

The Strokes – Is this it (2001)

Si les White Stripes sont les réacs des années 2000, alors les Strokes sont les petits bourgeois hype new yorkais partant à la conquête du monde. Is This It, de par sa fraicheur, de par sa pochette et  sa chanson censurées par le 11 septembre (NYC Cops ain’t too smart…), de par la qualité de ses chansons, de par son côté « manifeste » est une pierre angulaire des années 2000. Il fut un véritable uppercut permettant à de nombreux jeunes dont je fais partie de redécouvrir l’héritage musical new-yorkais (television notamment). Un disque très important.

La suite est plus laborieuse et la sélection beaucoup plus subjective. Quelques petits albums que j’ai particulièrement appréciés à l’époque et qui sont encore aujourd’hui écoutables.

The Detroit Cobras – Baby (2004)

Autre groupe de la ville des White Stripes partant du génial postulat qu’avant de créer de la nouvelle musique, il faudrait déjà connaitre l’ancienne (c’était définitivement mieux avant et nous sommes dégoutés d’être nés si tard !). Résultat ? Les Detroit Cobras sont un groupe de reprises de chansons obscures noire-américaines des 60’s. Et c’est vachement bien.

Kings of Leon – Youth and young manhood (2003)

Un de mes chouchoux. Les Kings of Leon sont aujourd’hui un des pires groupes de rock, reprenant les standards du hair rock en étant sérieux (looks nuls, chansons dégoulinants de solo, ego surdimensioné), contrairement à d’autres. Ce premier lp tend plus vers Lynyrd Skynyrd, à savoir du rock sudiste absolument parfait. Il parait que les disques de notre adolescence restent nos disques préférés tout au long de notre vie. Si c’est le cas, alors cet opus fera toujours parti de mes préférés dans 50 ans. A noter que la moitié des chansons de Youth and yound manhood sont issues d’un ep sorti la même année (Holy Roller Novocaines). Le problème est que lesdites chansons ont été retravaillées à la guitare électrique entre temps (et qu’elles sont déjà un avant gout de ce que le groupe fait aujourd’hui). Mon conseil donc : écouter l’album en replaçant les chansons reprises par les premières versions. Beaucoup plus cohérent et jouissif.

The Bees – Free the Bees(2004)

Avec les Bees, on lorgne carrément vers le psychédélisme de la fin des 60’s. Rien de bien nouveau, mais quelle belle copie. Un album très fun, avec pleins de guitares et de sons opiacés. Une jolie réussite qui reste en l’état avec les années.

The Libertines – Up The Bracket (2002)

Aujourd’hui, même ma grand mère connait Pete Doherty, celui ci ayant eu ses heures de gloire dans Voici & co. Au départ, les Libertines sont tout de même connus pour être un chic groupe rock anglais, qu’on a voulu faire passer pour légendaire. Sans non plus être l’album de la décennie, Up the Bracket est carrément honnête et écoutable (à la différence de son successeur) et reste ce que le groupe a fait de mieux (y compris en prenant en compte les carrières solo des uns et des autres). Soulignons tout de même le côté plagiat intégral des Clash (jusque dans la manière de chanter). Mentionnons aussi la vague de copies engendrées (style Arctic Monkeys, copie des Libertines, eux même copient des Clash – il parait que la musique se résume à ça).

The Music – The Music (2002)

Pour avoir un aperçu des pires dérives du Neo Rock, écouter The Music. Un groupe d’anglais prétentieux, insupportables, à peine talentueux. Qui se rappelle aujourd’hui d’eux ? De la hype dont ils ont été crédités, de leur lamentable deuxième et dernier album ? The Music (rien que de par son nom) symbolise les dérives commerciales et mégalomanes du neo rock. Leur premier essai est aujourd’hui inécoutable. : un espèce de mélange boursoufflé (et propice à la migraine) de guitares led zeppeliniennes, de voix robert plantiennes et d’électro en vente chez leclerc. Pourquoi en parler alors ? Pour pouvoir éviter de parler de tous les autres groupes en The ou assimilés (bon allez, puisque vous le voulez – The Vines,  Whirlwind Heat, The Kaiser Chiefs, Kasabian, Electric 6, Yeah Yeah Yeahs, The Caesars, The Hives, Jet, The Killers, The Kills, The Bravery, The Von Bondies, etc.). Mentionnons aussi l’insupportable Gibus connexion, le phénomène créé de toute pièce par Rock n Folk, un soit disant retour du rock en France dont les plus grands noms étaient The Brats ou encore The Naast.

Outre les 60’s, les 80’s ont elles aussi été redécouvertes, The Cure en tête, dans les mois qui suivirent. La Hype en The était passée, il fallait dorénavant que le nom des groupes n’en porte plus les traces. Arrivèrent une ribambelle de groupes mélangeant post punk et nappes phréatiques, Interpol en tête (je n’ai jamais aimé mais j’admets que c’est un bon groupe).

Revenons aux Dandy Warhols qui ont sorti après 13 Tales, dans l’incompréhension la plus totale, Welcome to The Monkey House (2003). Soit un virage à 180°, dénué de toute guitare et largement agrémenté de voix bee geesiennes. Encore une fois plutôt précurseur.

Rappelez vous, The Rapture fut un jour le meilleur groupe du monde, Hot Hot Heat, !!! (Tchik Tchik Tchik), Radio 4, 80’s Matchbox B Line Disaster se tiraient la bourre avec plus ou moins de succès et étaient tour à tour le nouveau meilleur groupe de la terre. Puis il y eut une redécouverte britannique du post punk. Vinrent Franz Ferdinand, The Dead Sixties, Maximo Park, The Rakes, Art Brut  En ressortent quelques albums honnêtes.

Bloc Party – Silent Alarm (2005)

Une très grosse baffe pour ma part. Une voix parfaite (tellement robert smithienne), des guitares copiées sur Just de Radiohead, une batterie cognant comme pour illustrer l’apocalypse. Silent Alarm généra chez moi un engouement non feint. Et puis rien. Ou si peu.

Bright Eyes – Digital Ash (2005)

Oui alors pas vraiment du neo rock. Mais le folkeux a redécouvert The Cure, il en a fait un album absolument somptueux, une réelle perle qui n’a pas vieilli. Et puis ces paroles poétiques. La même année, il a sorti un autre album, folkeux cette fois (I’m wide awake, it’s morning). Et nul. Digital Ash sonne un peu, avec le recul, comme le chant du cygne de Connor Oberst qui aujourd’hui s’est noyée dans les accords en mineur.

The Horrors – Primary Colours (2009)

Encore un album dont on peut remettre questionner l’appartenance à cette catégorie. Le premier album des Horrors est paru en 2007, pas grand chose à voir donc avec le Neo Rock qui s’est gentiment éteint vers 2006. The Horrors est pourtant un des ces énièmes groupes que la Hype a drappé de blanc. Avant, bien sur, de devenir l’ex meilleur groupe de tous les temps. Normal en même temps puisque “Strange House” est un de ces albums “bien-sans-plus”, comme le neo rock en a tant connu.
Puis est arrivé Primary Colours. Il y a déjà la pochette Pronographienne. Puis les guitares shoegaze couplées avec une voix descedant de Ian Curtis. Un album supersonique, une chanson d’anthologie (sea within a sea), un énorme buzz (justifié cette fois) sur le net. Un groupe racé dont on a surement pas fini d’entendre parler. Un formidable hommage au meilleur des 80’s.

Albert Hammond Jr – Yours To Keep (2006)

Je me permets enfin de mentionner ce premier album solo du guitariste des Strokes. Pourquoi ? Car il égale largement Is This It. Car il fait parti d’un de mes petits préférés, depuis la première écoute. Il figure ici puisqu’il n’est pas vraiment du néo rock mais qu’il en est directement issu.

FIN DU GRAND UN (lache tes coms).

PLAYLIST SPOTIFY (on notera l’absence notable de grands albums (et donc de chansons) tel que celui de bloc party) :

http://open.spotify.com/user/gagalcibiade/playlist/0QTjN1fLaEht3jdhDmnqrJ

Whirlwind Heat

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Un TOP de la décennie musicale (2000 – 2009)

septembre 19, 2009

Bon allez, disons le de but en blanc. 2 mastodontes viennent écraser mon top de tout leur poids. Toute la question a été de savoir si j’incluais ou non l’année 2000. Si oui, alors il n’était même pas utile de réfléchir à qui allait être en haut de mon top. Si non, les choses se corsaient. Finalement, après maints débats, j’ai décidé que oui.

En attendant, la tâche est ardue. En 10 ans de musique (quasi la moitié de ma vie aussi), on peut largement imaginer le nombre de disques sortis, écoutés, aimés, négligés. J’ai donc décidé dans un premier temps de classer les disques retenus par catégories, celles-ci étant censées illustrer les différentes phases qu’ont eues les musiques actuelles de 2000 à 2009. Il y a eu des disques phares qui déclenchèrent une avalanche d’ersatz. Il y a eu des groupes importants qui ont engendré des petits frères un peu plus fades. Après un premier classement sectoriel et purement subjectif, le but est de faire deux classements : un « objectif », où je classe les disques ayant apporté, à mon sens bien sur, une nouveauté significative à la musique actuelle (un apport novateur). L’autre totalement subjectif, de mauvaise foi, où je détaille les disques que j’ai préféré, pas parce qu’ils sont parfaits mais parce qu’ils m’ont touché, pour des raisons ou d’autres.

Je ne me suis pas fixé de limite de disque, ni de limite de catégorie. J’essayerai tout de même de ne sélectionner qu’un disque par groupe et de commenter brièvement chaque album (lourde tache).

Pourquoi ce top ?

Car Rob Gordon est mon héros et que je pratique l’exercice depuis 2004. Parce que j’aime ça, que ça m’éclate de me triturer l’esprit en m’imposant d’établir une hiérarchie aussi inutile que jouissive. Parce que ça permet de faire un état des lieux sur des disques peut être aujourd’hui oubliés mais qui ont été et qui resteront à mon avis des disques dont on parlera encore dans 10 ans (en tout cas pour ceux tout en haut du classement).

Et pourquoi si tôt ? Parce que ces cons de Pitchfork s’y sont mis trop tôt. Parce que j’ai trop peur d’être complètement brain washé. Parce que j’ai (un petit peu) le temps maintenant.

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Southland Tales ou l’archétype du mauvais film.

mars 31, 2009

Avec Donnie Darko, son premier film, Richard Kelly recyclait le has been ultime. Non pas Bruno Masure mais Patrick Swayze dans le rôle d’un pédophile improbable.

Dans Southland Tayles, Kelly se surpasse littéralement dans l’utilisation du Has Been : Stifler d’American Pie (Seann William Scott) en on ne sait pas trop quoi, Buffy (sarah michel gellar) en actrice porno improbable, The rock ( !!! le catcheur, le seul qui a vaincu contre Stone Cold Steve Austin) en acteur amnésique, Moby (responsable de l’horrible BO) et last but not least, CHRISTOPHE LAMBERT dans un rôle absolument inutile. A l’instar de ce film.

Si Donnie Darko était visuellement fascinant, Southland Tales est juste chiant. Et moche.

Le pitch ? Grosso modo, la fin du monde, annoncée par un prophète amnésique (The Rock), le tout en 2008, alors que les USA se sont faits nucléairement attaqués par l’Irak (!). La 3ème guerre mondiale a commencé, les USA se battent à l’extérieur contre une coalition Irak/Syrie/Iran (et sont entrain de perdre, la faute au manque de pétrole). A l’intérieur, le gouvernement néo con extrémiste se bat contre … les néo marxistes (!). Soit des féministes quadragénaires très portées sur le joint et contre les bites.

L’ambiance est censée être orwellienne, on perçoit un embryon de volonté de dénoncer le système tout sécuritaire, sans aucune finesse cela dit. On a donc les vétérans d’Irak (le peu qui s’en sont sortis) qui souffrent tous de stress post traumatique très aigüe, des extraits – ratés – de JT (ersatz du génial Starship Troopers) ou encore des allusions au changement climatique, au manque de pétrole, et à toutes les causes censées être en vogue. Cerise sur le gateau, on a le droit tout au long du film à des citations de l’Apocalypse (la Bible donc), censées être de circonstance (concept inutile et vain). La dernière phrase de Southland Tales est, elle, le ridicule leitmotiv des 2h23 de ce film sans fin et sans pitch: pimps dont commit suicide (n’importe quoi).

Vous ne comprenez rien ? C’est normal, ce film ne veut absolument rien dire. C’est un espèce de gloubiboulga sans aucun sens ni aucune finesse, dont on se remet difficilement. Et pourtant, j’ai réussi à aller jusqu’à la fin. Merci à certaines séquences plutôt hypnotisantes (je dois l’avouer). Justin Timberlake (celui qui s’en sort peut être le mieux) tournant un clip alternatif très réussi de « All Things I’ve Done » des Killers, The Rock fuyant un meurtre sur une version lo fi (UK Surf) de Wave of Mutilation des Pixies, une prise de tête avec un bootleg de Planet Telex de Radiohead en fond sonore. Voire même une scène même pas horrible avec du Muse en fond sonore (blackout hm). Ce qui veut tout dire finalement. Le Muse de Absolution, aussi grandiloquent que pathétique convient parfaitement à ce bidule visuel.

Finalement, on cogite pendant tout ce film pour savoir comment Kelly a pu réunir autant de « people » (acteurs, chanteurs, musiciens, etc.) pour une telle bouse. Je parierais personnellement sur le buzz. Donnie Darko est un chic film. Personne n’a rien pigé mais tout le monde a crié au génie. Moi le premier me suis dit que le deuxième film de Kelly allait être un second OVNI hallucinant et halluciné. Après tout, rien que sur le papier, ça ne pouvait être que « spécial ». Sauf que l’on se rend compte que « spécial » a deux significations. Et qu’en l’occurrence, Kelly aurait mieux fait de réaliser une comédie romantique au lieu de vouloir donner un petit frère à Donnie Darko. Victime de son propre succès, on sent que Kelly a écrit le scénar sur une feuille OCB comptant sur son soit disant talent et en se disant qu’il bénéficierait de toute façon de son aura de jeune premier. Sauf que c’est complètement raté. Et à la lueur de ce deuxième essai, son chic premier film prend tout à coup lui aussi des allures de foutage de gueule. Le bénéfice du doute n’est plus. Pas étonnant que Southland Tales ne soit même pas sorti en Europe.

A regarder tout de même pour pouvoir, au moins une fois dans sa vie, approcher de très près le « vrai » mauvais.

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Un disque téléchargeable

janvier 4, 2009

Ramona Cordova – The boy who floated freely

En septembre 2008, Ramona Cordova a mis librement à disposition son premier et unique album. Je viens seulement de le découvrir. Et je ne peux que vous encourager à le télécharger. Cet album fait parti d’un de ces rares disques qui me touchent de par simplicité et surtout de par son honnêteté.  Aucun artifice, le plus souvent une guitare pour seul accompagnement, et une voix, cristalline, magique.  Impossible de connaitre l’histoire de Ramón Vicente Alarcón, vraisemblablement mexicain (mais chantant en anglais). Pas grand chose sur lui à part un blog et un myspace (très très épuré). L’album est officiellement sorti en 2006 aux USA et en France. Il a apparemment fait une tournée avec François Virot (dont la musique me laisse de marbre) aux USA.

Personnellement, j’ai eu la chance de le découvrir grâce à une compile que la meilleure association musicale de France avait fait pour fêter ses 3 années d’existence (et quelles années d’existence !). Non seulement Grrrnd Zero m’a permis de vivre mes meilleurs concerts lyonnais, non seulement grrrnd zero a programmé animal collective à Lyon (à Lyon !!!) à prix libre  mais GZ m’a aussi fait découvrir Ramona Cordova. Je profite donc de ce post pour les remercier, leur faire de la pub et aussi leur souhaiter longue vie. Clairement, ce sera un de mes grands regrets  lyonnais de ne pas avoir pu faire partie de cette association.

Au final, je crois que d’écouter Ramona Cordova me rappelle mes années lyonnaises. Avec le sourire et la boule au ventre.

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Un TOP de la musique de 2008

décembre 27, 2008

Parce que ROB GORDON est mon héros, je fais des TOP chaque année de la musique que j’ai aimée.

POUR ALLER VOIR LE TOP 2008 DE PJ.

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La suite au prochain épisode.

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Sabali

novembre 16, 2008

Demain sort le nouvel album d’Amadou et Mariam. Produit par Damon Albarn (leader de Blur, Gorillaz etc.).

SABALI, le premier extrait, est écoutable sur leur site. C’est poignant, brillant, magique, magnifique.

En attendant la suite. Si c’est du même acabit, alors “Welcome to Mali” s’annonce comme une des meilleures choses de l’année. On en reparle très vite.

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Les Pixies sont les rois du monde !!

avril 7, 2008

Pitchfork vient de lancer sa TV. Cette semaine, ils proposent un incroyable documentaire sur la reformation des PIXIES en 2004 : loudQUIETloud.

LoudQUIETloud a cela de génial qu’il retranscrit à merveille une très lucrative opération de reformation : des freaks ont besoin d’argent, ils n’ont pas honte de le dire, et ils sont prêt à endurer les conditions qui les ont fait arrêter.

Après une ou deux décennies d’attente, les PIXIES en sont arrivés à un point où ils n’ont pas eu d’autre alternative que de relancer la machine. Et cette machine semble les dépasser. J’ai vu les Pixies en 2006, ils m’avaient impressionné, non pour leur performance mais surtout par l’intensité de la musique interprétée, un peu malgré eux. Comme si la musique qu’ils avaient composé les dépassait, que le monde entier se l’était attribuée sans vraiment que les protagonistes comprennent comment cela avait été possible.

Du moins, cela avait été ma théorie, il y a 3 ans. Elle est confirmée aujourd’hui.

La légende a fait son œuvre. De confidentiel, les Pixies sont devenus au fil des “années post dissolution” une référence qu’il se fallait de citer si l’on voulait, un temps soit peu, être crédible. A un tel point qu’ils sont devenus de l’avis général le groupe majeur des 80’s, voire le groupe majeur du rock tout court.

  • Pendant ce temps là, le batteur est devenu magicien (il FAUT voir ses chemises) et fait des tours de magies à ses fans en première partie (quand ce n’est pas Franck Black qui s’y met !!!)…
  • Kim Deal, la bassiste qui a par la suite créé les successful breeders avec sa sœur, ne se déplace jamais sans sa sœur ou sa mère, a prohibé l’accès à l’alcool à l’ensemble du groupe dans les loges et n’a tellement pas touché à sa basse depuis tellement longtemps qu’après le premier concert, ses doigts étaient en sang…
  • Joey Santiago, guitariste, en a marre des plans foireux et des showcases bidon avec son groupe au nom et à la musique douteuse (The Martinis), composé avec sa femme…
  • Finalement le seul étant plus ou moins indemne est Franck Black Francis (quoiqu’il faut voir cette séquence où il est seul dans le bus –I am a good person- pour penser l’inverse) tentant bon gré malgré de continuer aussi son bout de chemin musical.

Les Pixies sont des légendes vivantes auprès des millions (milliards ?) de fan de rock. En vrai, ils sont plutôt pathétiques. La tournée s’annonçait triomphante (vu la rapidité à laquelle les places se sont vendues), le docu nous l’infirme (tout comme les nombreuses critiques de concert qu’on a lu depuis, ne sachant que dire devant un tel manque d’envie). Ce docu aurait pu s’appeler « l’envers du décor » ou le « pourquoi du comment ».

Franck Black : Joey named the tour – Pixies sellout ndlr –
Joey, where did you get the inspiration ?

Joey Santiago : it’s because we sold out in a minute !

INCROYABLE. De répliques du genre, le docu en est truffé !

A l’instar de Some Kind of Monster, loudQUIETloud est un de ces docus musicaux qui va au-delà de la simple opération de communication, qui nous présente autre chose que le soit disant monde magique du sex drugs and rock n roll. On a à faire ici à des bons vieux white trash qui ne peuvent toujours pas se voir, mais qui ont eu la chance et la talent de marquer plusieurs millions d’esprit durablement.

A côté de cela, les chansons fantastiques s’enchainent (U-MASS en tête) tout au long du documentaire, avec des extraits live de la tournée dans les différentes villes US, canadiennes (ou islandaises). Et la seconde partie du docu s’attarde surtout sur les problèmes de drogue du batteur et sur le futur des Pixies… On sait aujourd’hui qu’il n’y a pas grand-chose à dire. Rendez vous dans 10 ans ?

Eloquent. Voire magique. Démystificateur, ça c’est sur.

http://pitchfork.tv/ / rubrique “ONE WEEK ONLY”
http://loudquietloud.com/

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“You gotta keep the devil down in the hole…”

avril 4, 2008

Ceci est un coup de cœur. Un grand cri d’amour pour une série que j’ai découverte il y a quelques mois et dont je ne me remets tout simplement pas.

S’il fallait la catégoriser, THE WIRE serait une série policière. Par ma part, je l’apparente plus volontiers à une chronique sociale hors du commun, un portrait sans artifice d’une des villes les plus mal loties des Etats Unis, en tout cas sur la côte Est : Baltimore.

B-More

Chaque saison de The Wire est consacrée à un aspect de la ville, que ce soit les docks du port de baltimore et la communauté polonaise (saison 2), le système scolaire sans issu (magnifique, incroyable, inoubliable saison 4) ou encore le monde politique et le milieu policier tendance côté obscure (saison 1 et 4). En fil rouge, l’extrême pauvreté des populations noir américaine dans le pays occidental le plus inégalitaire.

 

L’épisode final de THE WIRE a été diffusé sur HBO en mars 2008. En 6 ans, la série a fait école, auprès notamment de sociologues ou de populations noires américaines, se reconnaissant totalement dans le quotidien des gosses de la saison 4 (par exemple).

The Wire est impressionante de noirceur, ou plutôt de fatalisme. La série ne juge pas, elle montre sans concession un quotidien où chaque protagoniste (il n’y a pas une « tête d’affiche » mais des personnages plus ou moins récurrents) se retrouve face à ses contradictions et se fait le plus souvent rattraper par « son » monde, par ses origines sociales (voir saison 4 épisode 12 par exemple – je parle beaucoup de la saison 4 car je viens de la voir).

Sociologiquement parlant, impossible de ne pas penser à la sociologie de Chicago pour analyser le propos. Politiquement, on ne peut que constater l’impuissance de chacun (lorsqu’il y a une volonté de changement), pris dans une grosse machine à broyer, intraitable.

Tant de subtilité, tant de finesse, tant de désarroi dans une série est rare. HBO (la chaine payante la plus fameuse et talentueuse des USA) nous a livré par le passé (proche) des programmes exceptionnels certes (Six Feet Under, The Sopranos que beaucoup voit comme « la meilleure série de tous les temps), mais rien, à mon avis, de l’acabit de The Wire.
Chaque épisode nous plonge dans une profonde réflexion. C’est peut être d’ailleurs plus facile de la voir du côté européen, car moins dérangeant. Aux Etats-Unis, THE WIRE a toujours été diffusé en seconde partie de soirée, elle a bénéficié d’un succès critique certain mais le public n’a pas toujours été au rendez vous. D’aucuns disent que c’est parce qu’elle met le spectateur devant ses responsabilités, qu’elle lui montre un aspect des Etats-Unis qu’il essaye d’ignorer du mieux possible.

Pas de pseudo condescendance tout de même. A quand une série française sur le milieu carcérale par exemple ? Il est bien connu que les prisons de l’hexagone sont absolument indignes de l’homme, quel qu’il soit, quoi qu’il ait fait.

 

Je pourrais m’attarder sur le fait que l’auteur principal de THE WIRE, un dénommé David Simon, est un ex policier de Baltimore, ce qui n’accroit qu’un peu plus la crédibilité du propos (qui n’est mis en doute par personne). D’autres l’ont fait mieux que moi.
Je pourrais aussi m’attarder sur les conditions de tournage de la série (dans la ville, avec des acteurs en grande majorité non professionnels).

Mais je voulais surtout faire part de cet IMMENSE coup de coeur dont on ne ressort pas indemne.

 

http://www.thewire-france.com/
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Wire_%28TV_series%29