Archive de la catégorie «Divers»

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Chronique d’une victoire historique.

avril 2, 2009

Hier, mercredi 1 avril 2009, l’équipe nationale de football de Bolivie a humilié (selon les termes de la presse internationale) l’Argentine, dans le cadre des éliminatoires pour la participation à la prochaine coupe du monde football, 6 buts à 1.

70ème minute.

– Cual es el resultado?

- Cinco a Uno

- Carajo, somos los peores!

- No! ¡Cinco a Uno para Bolivia!

(Quel est le score?/Cinq à Un!/Putain, on est vraiment nul/Non ! Cinq à un pour la Bolivie !).

Si j’avais tenté de résumer l’esprit bolivien hier, juste avant le début du match, je n’aurais pas fait mieux. Cet échange de mots en dit sacrément long sur l’impossibilité théorique de victoire, côté bolivien.

24ème minute : Le gardien, Arias, se troue littéralement, et suscite la consternation générale. La Bolivie menait 1-0, elle se fait rattraper.

Mon pote Roger :

- Imbécil. Este Arias es un idiota. Que verguenza. Esos gauchos de mierda nos van a pegar.


A l’instar du continent européen (et surement du reste de l’humanité), le continent sud américain est traversé par les stéréotypes que chaque peuple entretient sur l’autre. A la différence près que ceux-ci sont plus ou moins les mêmes dans toute la région.

Exemple ? Les Chiliens et les Argentins sont les plus arrogants (et les plus blancs). Les Vénézuéliens sont des chauds du slip. Les Boliviens sont des bouseux.

Le problème, c’est que ces stéréotypes aussi bidons que prégnants ont déteint sur l’auto perception bolivienne. Depuis un mois que je suis ici, j’ai pu observer nombre de fois que les Boliviens se considèrent « en dessous » et se dévalorisent perpétuellement.

Le foot ne déroge évidemment pas à la règle. Et le fait que la Bolivie soit avant dernière au classement et ne se soit pas qualifiée pour une coupe du monde depuis plus de quinze ans n’arrange pas grand-chose.

33ème minute : Bolivie 2 – Argentine 1.

Ma pote Make :

- Disfrutenlo. No va a durar eso. Con este idiota de Arias, van a ganar 6 – 2. ¡Ya veras!

(ça ne va pas durer avec cet idiot de gardien, ils vont gagner 6-2, tu verras!)

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Rien n’y fait, la défaite était soit disant ineluctable. Les médias racontaient que les 45 000 supporters boliviens à La Paz étaient venus pour voir les « étoiles argentines briller ». En espérant que leurs compatriotes sur le terrain ne se fassent pas trop taper. Sans parler des paris unanimes sur la victoire argentine ou encore de l’imploration collective du dieu Maradona d’y aller mollo.

Bolivia jugo como nunca pero perdio como siempre” (La Bolivie a joué comme jamais mais a perdu comme toujours…).

C’est la devise générale à la mi-temps. Malgré le 3-1 pour la Bolivie. Bon, tout le monde refait ses pronostiques tout de même. Parce que personne n’avait prévu ça au bout de 45 minutes (résultats les plus populaires : 1-1 ou 2-0 pour les Argentins). Certains téméraires osent même prédire une victoire 4-3 sur le fil pour la Bolivie. Le rêve est permis. Mais on se prépare quand même à la gifle que va nous foutre la réalité.

Les joueurs, eux, n’avaient pas vraiment l’air Boliviens pour le coup. Rien à faire des 3 défaites et 6 nuls jusque là. Football limpide, imparable, devant des Argentins trop occupés à essayer de respirer pour courir après le ballon. Messi s’est transformé en tomate, Tevez en escargot.

53ème Minute : Magnifique but de Botero, le héros du match. Je ne peux m’empêcher de souligner que Tevez est sur le point de faire un arrêt cardiaque.

Mon pote Chilo :

- La altura no tiene nada que ver con eso carajo! Casi nunca ganamos, eso es la mejor prueba.

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L’altitude… Un sujet sur lequel le visiteur lambda ne ferait mieux pas s’embarquer en discutant  foot avec l’autochtone. L’altitude est l’excuse du reste du monde pour justifier ses pauvres résultats footbalistiques en Bolivie, le cas échéant. Pour les plus néophytes, les 3600 mètres du Stade Hernando Siles de La Paz a été une affaire nationale, suite à l’interdiction par la FIFA de jouer à une telle altitude, faute d’oxygène.

L’arroseur arrosé, dans ce contexte, c’est Maradona. L’ex bibendum a largement fait campagne pour que la Bolivie puisse continuer à jouer si haut et doit surement s’en mordre les doigts aujourd’hui.

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Mais bon, le manque de globule rouge n’est quand même pas l’unique raison. Douze ans que la Bolivie n’avait pas gagné contre l’Argentine. Et puis 6 – 1 quand même ! Soit la pire défaite de l’histoire argentine dans des éliminatoires pour la coupe du monde. Et la première défaite de Maradona en tant qu’entraineur. Même de celle-ci, les Argentins s’en rappelleront. Au moins, ils pourront continuer à dire que leur idole ne fait jamais les choses à moitié.

La rumeur avant le match est qu’Evo Morales avait promis 1000 $ à chaque joueur pour chaque but marqué.

83ème minute : Bolivie 6 – Argentine 1.

Mon pote Roger :

- El Evo va a echar el que ha tenido la fantástica idea de pagar los jugadores con esas primas jajaja ! (Celui qui a soumis cette idée à l’Evo va pas tarder à se faire virer !)

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Sauf qu’en fait, c’est une entreprise du département de Santa Cruz qui avait fait la promesse, pour l’ensemble de l’équipe. Total ? 66 000 $ pour chaque joueur à se répartir. Peu importe la véracité du « qu’en dira-t-on », les Boliviens, hilares, ont remercié Morales pour la soit disant motivation insufflée aux troupes. Et ce toute la nuit, paradant dans la rue, comme si ils venaient de se qualifier pour Afrique du Sud 2010.

978670(raclée inoubliable)

Le lendemain, soit aujourd’hui, les quotidiens parlent de raclée, on bombe le torse, échange des regards complice sdans la rue en contemplant les différentes unes de quotidien. Et le sponsor principal de l’équipe s’est offert une campagne nationale : “BOLIVIA, el único país en el mundo donde $us 12,5 millones (soit la valeur cumulée des joueurs boliviens) valen más que $us 500 millones (valeur cumulée des Argentins). Bolivia 6 – Argentina 1. Felcidades Bolivia!!

Make, elle, peut pas s’empêcher de rajouter :

- Hasta la proxima derrota! (en attendant la prochaine défaite)

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Obama OD et le pouvoir à travers ses outils de communication.

janvier 22, 2009

Obama par ci, Obama par là, Obama partout, Obama omniprésent. Aux Etats Unis, c’est normal. En Europe, je ne sais pas. Je commence personnellement à over doser. Et je ne pense pas que ce soit de l’anti américanisme. Je vois plus ça comme un ras le bol de la démesure (et de l’absence totale de nuance de la part des médias). Comme si la haine collective contre Bush venait de se transformer en idolâtrie sans réserve. Comme si la personne d’Obama transcendait le village monde, réunissait les occidentaux en une nation. On dirait qu’Obama est notre président, qu’il va changer la scène politique internationale voire notre propre situation. Finalement, cet engouement massif en France pour le nouveau président états-unien me parait être la plus belle des preuves de l’occidentalisation de notre monde.

Mais bref, rendez vous dans 8 ans pour un bilan sur la place qu’occupe l’OTAN, le conflit Israëlo palestinien, les évolutions de l’ONU ou encore l’attitude des Etats-Unis en matière de droit international. On verra si le multilatéralisme a triomphé.

En attendant, je viens de voir que le site de la Maison Blanche avait été modifié à l’occasion de l’entrée en fonction du 44 ème Président.

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Plutôt que de parler d’Obama qui transcende les clivages, je me suis amusé à comparer les différents sites Internet des pouvoirs exécutifs occidentaux afin de voir de quelle manière la symbolique des institutions (censée unir le peuple qu’elles gouvernent) était mise en avant. En l’occurrence ici, un logo de la maison blanche, pas de trace d’Obama dans l’en tête. Voyons voir les autres.

Le Royaume Uni fait dans le moderne, sobre et classieux. Pas de trace de Gordon Brown non plus.

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L’Espagne fait aussi dans le sobre.

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Je suis aussi allé voir du côté de l’Amérique Latine, où les régimes sont présidentialistes, en prenant tout d’abord le Venezuela, censé être gouverné par un homme plutôt autoritaire et certainement populiste : Hugo Chavez. Pas une photo de lui comme on peut le voir.

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Je suis ensuite allé du côté de “l’ennemi limitrophe”, la Colombie, dont le régime est surement le plus à droite de tout le continent actuellement. Pas de trace d’Alvaro Uribe, même si j’ai personnellement beaucoup ri de l’en tête. Après tout, ça résume assez bien la ligne politique du gouvernement.

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Retour en Europe avec Barlusconi dont j’étais prêt à parier qu’il se mettrait au premier plan. Même pas tant que ça, comme on peut le voir.

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Et puis, vous vous doutiez de la chute, il y a la France. Voici le site à l’époque de Chichi…

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…qui a été “retravaillé” par le Président actuel.

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Et bim. Je trouve ça tout de même vraiment révélateur de l’état d’esprit de Nicolas Sarkozy. L’Elysée, symbole de l’exécutif français est au second plan. La présidence de république, la France, les institutions, la République, c’est Nicolas Sarkozy avant tout.  Après avoir vu les autres en tête, je trouve ça limite caricaturale. Non ?

Afin d’être exhaustif, j’ai trouvé dans ma, très rapide recherche, deux autres cas similaires. L’Allemagne dont le site Internet est carrément http://www.bundeskanzlerin.de/, à savoir “la chancelière fédérale”.  Merkel va encore plus loin que Sarkozy. Il aurait été bon de voir le même site à l’époque de Schröder, pour comparer. Notons que le régime allemmand est parlementaire…

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Autre exemple similaire, le Canada.

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Au delà de la curiosité de l’exercice (j’avoue que c’était assez drôle de spéculer sur les différentes en tête a priori), on  constate une chose : les sites Internet des pouvoirs exécutifs où l’individu au pouvoir est mis en avant émanent de gouvernements conservateurs. Pour Merkel, Sarkozy, Harper voire Berlusconi, il semble que la personnalisation du pouvoir soit importante. Après, ce serait un peu bête de tirer des conclusions d’ensemble uniquement sur la base de simples captures d’écran. Il n’empêche, je trouve tout cela assez parlant. Surtout pour Sarkozy, puisque c’est finalement le cas avec lequel je suis le plus familier. Pourtant, la République en France, je croyais que c’était sacré. La rupture, au moins ici, est belle et bien présente.

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Denisot, Barthès, Baddou et les autres.

novembre 15, 2008

Je regardais le Grand Journal avant hier soir.

Deux petites choses.

Déjà, un président en invité, c’est rare : Michael Saakachvili, président de la République géorgienne. C’était intéressant d’entendre en live son discours ‘profondément’ pro européen. Et surtout de voir qu’il n’y a eu personne pour rappeler dans quel état était la Géorgie il n’y a pas si longtemps. On aurait même pu commémorer l’anniversaire puisque tout cela se passait pratiquement il y a un an jour pour jour.

Rappelons que la population voulait donner un coup de semonce au pouvoir (M Saakachvili) auquel elle reprochait son arrogance, dénonçant une tendance à l’exercice personnel voire personnaliste.

Dans un premier temps, les manifestants et l’opposition exigèrent la tenue immédiate de législatives alors que le Président voulait les reporter à 6 mois pour les faire coïncider avec les présidentielles. Rappelons que l’opposition demandait aussi une réforme de la commission électorale et un abandon du scrutin uninominal à un tour. Du fait d’une méfiance naturelle des Géorgiens envers le pouvoir central, d’un fossé entre les résultats macro économique et le niveau de vie quotidien et d’un refus de tout dialogue de la part du président.

Le 7 novembre, l’Etat d’urgence avait été instauré pour 15 jours. Déjà, M. Saakachvili accusait d’ailleurs la Russie d’ingérence et opposait l’hégémonie russe aux exigences de démission de la population dans la rue.

Bref, retour au Grand Journal où le président a réussi à faire passer son message sans aucun problème et sans qu’on ne le mette vraiment devant les contradictions de son discours sur la guerre Russie-Géorgie. Sans surprise, cela confirme que la promotion est la vocation première du Grand Journal, et ce malgré les Jean Michel Aphatie et autres Ali Baddou (pourtant brillants à la radio).

Ce qui est plus intéressant, c’est le Petit Journal du savoyard Yann Barthès. En deux ans, le chambérien a réussi à s’imposer dans le PAF comme l’un des principaux critiques satiriques de la vie politique.

Je vais peut être un peu loin, ok. Mais franchement, avec ses mini chroniques n’ayant l’air de rien, il arrive souvent à mettre les hommes politiques dans des situations pour le moins gênantes. En allant chercher la petite bête, il arrive, au choix, à désacraliser totalement les politiques, à faire sortir au grand jour les rivalités (Santini vs Fillon par exemple) ou encore à révéler le ridicule de certaines rencontres au sommet.

Ainsi, on a eu le droit (dans mes souvenirs) à :

- Bayrou et ses fautes d’orthographe,

- Simone Veil et son snobisme de Carla Bruni

- Sarkozy et sa ‘passion’ pour les stylo.

A un tel point qu’après que le Petit Journal ait montré les désormais fameuses images de Sarkozy volant un stylo en signant un accord roumain, Angela Merkel s’est permise de lui offrir un stylo flambant neuf un lors d’une de leur rencontre il y a quelques mois en sous entendant qu’elle avait cru comprendre qu’il aimait les stylos. Ce qui, compte tenu des relations plus ou moins houleuses entre les 2, ressemblait franchement à un foutage de gueule en règle. A moins que j’aille un peu loin dans l’extrapolation. Mais je ne pense pas.

On dirait que Barthès, de par l’impact qu’il a sur la société française (on ne vous en parle pas à toutes les sauces ?), a pris la place des Guignols qui ne font plus vraiment rire personne depuis deux ans.

En gros : Ouf, le Groland et le Petit Journal sont là. L’honneur de Canal + est sauf.

Il y a un an, le 10 novembre 2007, Norman Mailer mourrait.

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De la cohésion sociale ?

mars 18, 2008

Du baume au coeur.
A Chaque Fois, ça me met du baume au coeur. Mieux même ça m’hallucine.

De plus en plus souvent, voire quasi systématiquement aujourd’hui, des tickets de métro encore valables jonchent les bornes d’entrée, comme le montre cette photo que je viens de prendre.

Et à chaque fois que je vois cela, ça m’emplit de joie. C’est très con à dire, j’en fais surement trop mais les faits sont là : cette idée m’enchante. Je ne peux m’empêcher de m’imaginer chaque individu déposant consciencieusement son ticket encore valable, pensant au prochain badaud qui s’amènera et économisera 1€50 grâce à cet acte pas si anodin que ça. On peut même parler de cercle vertueux car, devant tant d’altruisme, ledit badaud ne pourra s’empêcher de faire de même une prochaine fois. D’où le fait qu’aujourd’hui, ces tickets “orphelins” soient si nombreux.

Ce soir, une jeune demoiselle était d’ailleurs si surprise (celle que l’on voit en rouge sur la photo) qu’elle s’est même sentie obligée de reposer le ticket au même endroit après usage (!).

Ces gestes d’altruisme éphémères m’emplissent de joie. Ils sont peut être dérisoires mais je pense qu’ils méritent vraiment d’être soulignés, salués, encouragés. On nous rabâche les oreilles sur le manque de cohésion sociale. Ce soir, j’aurais tendance à penser l’inverse.