Archive de la catégorie «Europe»

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Ridicule Comparaison

mars 9, 2009

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=3573

Sur l’antenne de RMC vendredi 6 mars, Frédéric Lefebvre (porte parole UMP) a réagi “Je pense qu’aujourd’hui il faut faire cesser ces opérations d’intimidation qui ressemblent plus à des opérations de type mafieuses (…) des sortes de tontons macoutes du LKP en Guadeloupe.

?

Qu’est ce c’est que cette référence ? Ce genre de déclaration a le don de me révolter. Comment, à un tel niveau, peut on arriver à de tels raccourcis ? Comme lorsqu’on compare une radio belge à Radio Mille Collines. Autant invoquer les khmers rouges pendant qu’on y est (histoire d’être un peu inventif et de laisser la guestapo tranquille).

Comparer les militants du LKP a des Tontons Macoutes, ces milices de la mort à Haïti, période Duvalier, est complètement hors de propos.

Pourquoi un tel raccourci ? Les Caraïbes ? Ok. La couleur ? Surement. J’ai envie de dire : la couleur, surtout. Pourquoi ne pas avoir parlé des Caliés de Trujillo en République Dominicaine par exemple ? Après tout, c’est exactement la même période. Mieux, c’est la même île ! Mais non, on cite Haïti. Ca parle surement plus.

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Suisse : la grande crainte de l’ouverture ?

février 8, 2009

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Aujourd’hui est un jour de votation (terme pour désigner tout vote qui n’est pas une élection en Suisse, qui a  unsystème politique aussi particulier qu’avant gardiste). Le peuple va, entre autre, s’exprimer sur la reconduction et l’extension à la Bulgarie et à la Roumanie des accords Bilatéraux avec l’Union Européenne. Grosso modo : que la Suisse reste dans l’espace Shengen de libre circulation, que les citoyens de l’UE puisse continuer à travailler et à s’établir librement en suisse (ET RECIPROQUEMENT). Voir un très bon résumé des enjeux.

L’ambiance actuellement en Suisse me fait invariablement penser à l’ambiance de 2005 en France lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. L’opposition, donnée au départ largement battue, a effectué une remontée fulgurante au point de se retrouver au coude à coude avec le OUI, majoritaire au sein des élites politiques (même si on observe des élus se prononcer unilatéralement pour le non de peur de ne pas se faire réélire, tel le tessinois Valenteino Benicchio).

Il y a énormément de fausses peurs, de préjugés (de xénophobie peut on dire), de mensonges savamment entretenus par l’Union Démocratique du Centre qui n’a de centriste que le non (il s’agit du parti le plus à droite du pays, ayant réalisé plus de 20% au niveau fédéral lors des dernières élections). Pourtant, pour parler avec nombre de Suisses, on sent que cette volonté de repli sur soi est réelle et massive. Selon moi, on peut y voir trois causes :

- le scepticisme contre le gouvernement et les élites tout d’abord. Pourquoi ? Car au départ, les Suisses étaient censés voter séparément sur la reconduction (indéfinie) et l’extension  (à la Roumanie et la Bulgarie) des accords. Beaucoup de citoyens se sont sentis floués, suite à une campagne médiatique massive de l’UDC (la séparation des deux questions étaient une revendication fondamentale du parti que le gouvernement s’était engagé à respecter pour se rétracter).
D’autre part, beaucoup argüent (et ils n’ont pas tort) que, de toute façon, le gouvernement trouvera autre chose en cas de vote négatif, comme on l’a vu après le non au référendum constitutionnel des nétherlandais et des français… Voir une vidéo qui en dit très long sur le sujet.

- la xénophobie, présente à plusieurs niveaux. Il faut savoir que l’UDC, après l’échec de la division du référendum, a basé sa campagne pour le non en arguant que les roumains (comprendre les gitans…) allaient arriver par millions en Suisse (“comme les Kosovars l’avaient fait avant eux”). Cette “peur du ressortissant de l’Est (Yougoslave, Kosovar, Roumains, Bulgare…)” est avant tout le lot de la suisse alémanique, traditionnellement la plus à droite.

Cette peur s’est vite vu complémentée par une autre peur, beaucoup plus répandue dans les cantons limitrophes : le (re)sentiment anti frontalier. Le Tessin et Genève sont de loin les plus représentatifs. + 45% de frontalier notamment dans la région lémanique ces 5 dernières années.

Les Français acceptent des emplois qualifiés pour un salaire moindre, on les accuse de dumping salarial et de briser les grèves. Surtout, les rapports entre Français et Suisses se détériorent à grande vitesse, la non intégration volontaire ou supposée des uns, entrainant le ressentiment croissant des autres… Ce discours semble tellement rodé, déjà entendu (pas seulement en Suisse). C’est juste “curieux” de voir qu’il s’applique au Français voire aux ressortissants de l’UE, catégorie de personne qu’on ne considèrerait pas directement comme telle… Du coup, pour beaucoup, la non reconduction des bilatéraux seraient un moyen d’arrêter le flux continue de frontalier.

Sauf que si les frontaliers sont là, c’est parce que la demande de main d’oeuvre (qualifiée notamment) est trop importante. Et que “le miracle économique suisse” leur est en grande partie imputable. Il faut aussi garder en tête que le Suisse est systématiquement privilégié au niveau du salaire et de l’embauche sur l’étranger…
Rappelons enfin que la Suisse est un des seuls pays en Europe à arriver à préserver une immigration de travail (seul 1 immigré sur 6 arrive à acquérir la nationalité, les autres repartent au bout de 10 ou 15 ans) “grâce” à une des politiques d’immigrations les plus strictes en Europe.

- la crise financière. Qu’on le croie ou non, la situation des Suisses est elle aussi entrain de se précariser à grande vitesse. Tout à fait logiquement, le camp du non mise sur un regain de protectionnisme pour préserver sa bonne condition de vie. Cela se comprend assez. En outre, il y a une indéniable colère contre les banques (Crédit Suisse, UBS), les dividendes qu’ils se sont attribués en fin d’année malgré les pertes, ce qui ne fait qu’exacerber le sentiment anti élite. Et puis la crise est aussi un moyen de raviver le sentiment isolationniste qui est constitutif de l’identité suisse. Dans ce sens, Norvège et Suisse, même combat.

On le voit, la conjoncture de ces trois facteurs risque de faire basculer le résultat des votations, qui sera connu aujourd’hui. En octobre 2008, le OUI était pratiquement acquis. La situation a depuis, si l’on peut dire, “pourri.” Je ne peux m’empêcher de penser au moment fondamental que constitua le NON à l’entrée dans l’Espace Economique Européen (comprendre l’Union Européenne) en 1992.

Dans tous les cas, les résultats de ces votations constitueront un tournant dans l’orientation de la politique suisse. Trop souvent cependant, les hélvètes ont tendance à oublier que la non reconduction de ces bilatéraux leur sera plus préjudiciable que bénefique : sans eux, les Suisses ne pourront tout simplement plus s’établir à l’étranger, et auront beaucoup plus de difficultés à se développer au niveau européen. En 2000, le pays a réalisé 78% de ses exportations avec l’UE…

Rajout : C’est finalement le OUI qui l’emporte à 60%. Comme quoi, les sondages se sont encore trompés. Je suis tout de même le premier surpris de cet excellent score. Une bien bonne nouvelle.

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Obama OD et le pouvoir à travers ses outils de communication.

janvier 22, 2009

Obama par ci, Obama par là, Obama partout, Obama omniprésent. Aux Etats Unis, c’est normal. En Europe, je ne sais pas. Je commence personnellement à over doser. Et je ne pense pas que ce soit de l’anti américanisme. Je vois plus ça comme un ras le bol de la démesure (et de l’absence totale de nuance de la part des médias). Comme si la haine collective contre Bush venait de se transformer en idolâtrie sans réserve. Comme si la personne d’Obama transcendait le village monde, réunissait les occidentaux en une nation. On dirait qu’Obama est notre président, qu’il va changer la scène politique internationale voire notre propre situation. Finalement, cet engouement massif en France pour le nouveau président états-unien me parait être la plus belle des preuves de l’occidentalisation de notre monde.

Mais bref, rendez vous dans 8 ans pour un bilan sur la place qu’occupe l’OTAN, le conflit Israëlo palestinien, les évolutions de l’ONU ou encore l’attitude des Etats-Unis en matière de droit international. On verra si le multilatéralisme a triomphé.

En attendant, je viens de voir que le site de la Maison Blanche avait été modifié à l’occasion de l’entrée en fonction du 44 ème Président.

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Plutôt que de parler d’Obama qui transcende les clivages, je me suis amusé à comparer les différents sites Internet des pouvoirs exécutifs occidentaux afin de voir de quelle manière la symbolique des institutions (censée unir le peuple qu’elles gouvernent) était mise en avant. En l’occurrence ici, un logo de la maison blanche, pas de trace d’Obama dans l’en tête. Voyons voir les autres.

Le Royaume Uni fait dans le moderne, sobre et classieux. Pas de trace de Gordon Brown non plus.

uk

L’Espagne fait aussi dans le sobre.

moncloa

Je suis aussi allé voir du côté de l’Amérique Latine, où les régimes sont présidentialistes, en prenant tout d’abord le Venezuela, censé être gouverné par un homme plutôt autoritaire et certainement populiste : Hugo Chavez. Pas une photo de lui comme on peut le voir.

venezuela

Je suis ensuite allé du côté de “l’ennemi limitrophe”, la Colombie, dont le régime est surement le plus à droite de tout le continent actuellement. Pas de trace d’Alvaro Uribe, même si j’ai personnellement beaucoup ri de l’en tête. Après tout, ça résume assez bien la ligne politique du gouvernement.

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Retour en Europe avec Barlusconi dont j’étais prêt à parier qu’il se mettrait au premier plan. Même pas tant que ça, comme on peut le voir.

italia

Et puis, vous vous doutiez de la chute, il y a la France. Voici le site à l’époque de Chichi…

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…qui a été “retravaillé” par le Président actuel.

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Et bim. Je trouve ça tout de même vraiment révélateur de l’état d’esprit de Nicolas Sarkozy. L’Elysée, symbole de l’exécutif français est au second plan. La présidence de république, la France, les institutions, la République, c’est Nicolas Sarkozy avant tout.  Après avoir vu les autres en tête, je trouve ça limite caricaturale. Non ?

Afin d’être exhaustif, j’ai trouvé dans ma, très rapide recherche, deux autres cas similaires. L’Allemagne dont le site Internet est carrément http://www.bundeskanzlerin.de/, à savoir “la chancelière fédérale”.  Merkel va encore plus loin que Sarkozy. Il aurait été bon de voir le même site à l’époque de Schröder, pour comparer. Notons que le régime allemmand est parlementaire…

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Autre exemple similaire, le Canada.

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Au delà de la curiosité de l’exercice (j’avoue que c’était assez drôle de spéculer sur les différentes en tête a priori), on  constate une chose : les sites Internet des pouvoirs exécutifs où l’individu au pouvoir est mis en avant émanent de gouvernements conservateurs. Pour Merkel, Sarkozy, Harper voire Berlusconi, il semble que la personnalisation du pouvoir soit importante. Après, ce serait un peu bête de tirer des conclusions d’ensemble uniquement sur la base de simples captures d’écran. Il n’empêche, je trouve tout cela assez parlant. Surtout pour Sarkozy, puisque c’est finalement le cas avec lequel je suis le plus familier. Pourtant, la République en France, je croyais que c’était sacré. La rupture, au moins ici, est belle et bien présente.

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Erreurs médicales a gogo

janvier 3, 2009

Depuis le décès fin décembre d’un homme à cause, nous a-t-on d’abord dit, d’un manque de lits de réanimation, j’ai l’impression que pas un jour ne se passe sans qu’il n’y ait eu d’erreurs médicales (Le Figaro parle d’une loi des séries). Pourtant, en faisant un peu de recherches, on se rend compte que celles ci sont “communes”. 2000 décès par an en Belgique pour 20 000 erreurs en moyenne, 2 à 3000 en Suisse (en 2001), voire 44 000 et 98 000 aux Etats Unis ! Pour la France, je n’ai pas réussi à trouver de chiffres. (je n’ai pas très bien cherché non plus).

Le 19/20 national de France 3 parle même aujourd’hui de la mort d’une personne due à une mauvaise injection d’un produit dans les gênes ! Ce qui ne veut absolument rien dire.

Ce que je me demande, c’est à quoi est du cet emballement médiatique ? Car on a beau être légitimement indigné par les erreurs médicales, force est de constater qu’elles sont communes et quotidienne, y compris celles entrainant la mort. Alors pourquoi mettre autant d’emphase sur le sujet actuellement ?

En attendant les résultats de l’enquête sur ” le-mort-faute-de-lit ” (d’autant qu’on a appris par la suite qu’il serait mort de toute façon, ce qui, intrinsèquement, ne change pas grand chose), la surprise est venue dans cette affaire de la demande de démission de la ministre de la santé par Patrick Pelloux. Roseline a du se défendre, elle tient bon ! (ce qui ne l’empêche pas de lever les yeux au ciel pour des sujets aussi anodins que les sans abris) Mais je ne peux m’empêcher de penser que si Pelloux n’avait pas agité la cocotier médiatique avec une audacieuse prise à parti, les erreurs médicales ne seraient pas aussi présentes à la radio et à la télé (beaucoup moins dans la presse). Je ne peux aussi m’empêcher de penser que le manque tout relatif d’actualité d’envergure au niveau national y est aussi pour quelque chose.

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NON, Trois fois NON.

juin 14, 2008

Et bien c’est NON. Une fois de plus. Avec 60 % d’abstention cela dit. Les Irlandais ont voté NON au Traité simplifié de Lisbonne. Pour quelles raisons ? Peu importe, j’ai envie de dire. La peur d’une éventuelle perte de neutralité n’avait pas lieu d’être. La peur d’un éventuel changement du régime fiscal n’avait pas lieu d’être. L’invocation d’une incompréhension totale du texte elle, en revanche, est tout à fait valable. Qui n’a pas vu ces Irlandais disant tout simplement qu’ils ne voteraient pas pour un texte qu’ils ne comprennent pas ? Absurdité du raisonnement d’un côté (car dans ce cas là, 95 % de la population d’un pays ne voterait ni pour ce Traité ni pour sa propre constitution) mais illustration parfaite du mal qui ronge l’Union Européenne depuis une décennie : la technocratie.

L’Europe actuelle ? Les gens n’en veulent pas. Tout simplement. Il faut arrêter de se cacher derrière les excuses de politiques intérieures (même si nos politiques ont trop souvent l’habitude de rejeter tous les maux sur l’UE et de ne jamais souligner ce qu’elle a permis de faire). L’aspect technocratique de l’Europe avait volontairement été instauré par les pères fondateurs pour transcender les nationalismes qui avaient fait tant de mal. Aujourd’hui, les choses ont changé, certes, et la démocratie s’est, quoiqu’on en dise, immiscée dans le fonctionnement de l’Union. Cependant, la difficulté de compréhension du fonctionnement européen persiste. En même temps, à 27, comment pourrait-il en être autrement ?

Le NON français n’a pas été un accident de parcours. Celui-ci non plus. On nous parle d’une autre Europe, mais chacun la voit différemment. Les choses auraient pourtant pu être largement améliorées, rendue plus claire, après une accumulation de Traités plus ou moins pertinents (Nice en premier lieu). Même sans cela, on n’insiste pas assez sur les réalisations qu’a permises l’Europe Si on connaissait le nombre de subventions, de programmes, de directives ayant permis l’amélioration de la condition des citoyens. On préfère stigmatiser l’euro (alors qu’en l’état actuel, l’Europe a un formidable pouvoir de créancier qui pourrait lui être plus que bénéfique), le manque de démocratie. Il faut dire aussi que la période est particulièrement critique. La conjoncture actuelle rend la vie de plus en plus difficile, la rupture entre élites et population est de plus en plus persistante. Des commentateurs voient dans le scrutin un populisme égoïste. J’y vois plutôt l’expression d’une condition. Malheureusement.

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Idéologies

mai 16, 2008

Malgré toute la bonne volonté du monde, ce blog est tombé en désuétude au bout de 2 mois. Dommage. Ce n’est pas que je n’ai plus d’idées. C’est juste que je n’ai plus de temps.

Dès le départ, j’ai dit que je ne voulais pas être esclave de mon blog. Poster pour poster n’amène pas à grand chose. Le fait est que depuis quelques semaines, je n’ai plus vraiment le temps de réfléchir plus largement à des questions qui me tiennent à coeur. Entre le boulot, un mémoire à écrire et l’été, les choses sont devenues nettement plus difficiles… Ce qui ne veut pas dire que j’ai abandonné toute tentative !

Les primaires/caucus démocrates aux Etats-Unis paraissent arriver à terme. Enfin ?
Pour être franc, j’étais intimement persuadé dès le départ que H. Clinton l’emporterait au final. C’était une fatalité. Je ne pouvais tout simplement pas concevoir qu’un candidat noir se retrouve adoubé par un des deux partis états-uniens. Les évènements autour de son deuxième prénom (Hussein), de Jeremiah Wright (son pasteur – et l’incroyable discours en réponse) ou encore de sa soit disante position vis à vis d’Israël (et le message de Bush) ne faisaient que renforcer cet espèce de présentiment gênant. Et puis non. On dirait qu’il va vraiment avoir une chance de devenir président d’un pays dont la puissance hégémonique est chaque jour remise un peu plus en cause (et que certains commentent d’une façon particulièrement drôle).

Mais là n’est pas ma la motivation initiale de mon post.

Je viens de voir cette vidéo (désolé, pas le temps de découvrir comment insérer un lien youtube). Elle m’a beaucoup fait rire mais elle m’a fait penser à autre chose : l’idéologie. Résumons d’abord ladite vidéo : d’autres le font bien mieux que moi (j’ai déjà mis un lien vers ce blog de très bonne facture sur la campagne aux USA).

Au delà des mots, on se rend compte ici à quel point le discours politique est de plus en plus creux et a, avant tout, une volonté hégémonique (l’idéologie était communément considéré comme l’apanage du communisme et plus largement de la gauche jusqu’à il n’y a pas si longtemps). Il ne s’agit plus de débattre sur du concret (à ce titre la connerie sur la détaxation du pétrole me contredit, mais c’est bien trop rare), il s’agit de dire si l’on est ou non un islamiste, si l’on est ou non, du côté de la liberté. Le sujet a été traité et retraité. Les néo conservateurs paraissent cependant avoir perdu la bataille idéologique (même si on nous promet régulièrement que Mc Cain et surtout ses conseillers sont de la pire espèce, ce dont personnellement, au vu du background du candidat républicain, j’ai plutôt tendance à douter). Comme on le voit grâce à la vidéo, il est pourtant encore fréquent, facile, normal (?) aujourd’hui de livrer des idées toutes faites dont on ne connait même plus l’origine. Le plus souvent d’ailleurs, on n’a pas la présence d’esprit pour contester les absurdités qui peuvent être dites sur le coup.

L’idéologie. D’autres appellent ça la pensée unique (Marianne fait d’ailleurs sa une là dessus cette semaine, je ne sais pas ce que ça vaut ni si ça va dans le même sens). C’est comme on veut.

Le problème c’est que ce serait trop facile de fustiger les USA sur ce thème. L’encore plus gros problème c’est qu’aujourd’hui on en est presque fier. En France en tout cas. Quand Fillon dit “On a emmené les Français sur le terrain idéologique que nous souhaitions et je pense que c’est une grande satisfaction“, il y a de quoi s’inquiéter. On a pourtant vu que le “travailler plus pour gagner plus” n’était pas si simple !

Le raccourci entre les 2 propos est facile et ne va pas vraiment de soi. Mais l’un (la vidéo) m’a fait penser à l’autre (l’aberration que constitue la déclaration du premier ministre). Je ne les apparente pas. Je souligne juste qu’aujourd’hui, de l’aveu même des principaux concernés, la bataille semble plus que jamais se jouer sur la forme.

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Les Coulisses de Bruxelles

mars 29, 2008

Les coulisses de Bruxelles, c’est avant tout le nom d’un blog. Surement un des meilleurs blogs politiques, et parfois très révélateur de l’ambiance de Bruxelles.

Car la capitale de la Belgique est un monde à part. Pas du point de vue culturel (enfin si, mais ce n’est pas le sujet ici, quoiqu’il y aurait beaucoup à dire sur la musique belge en générale) mais bien au niveau politique (vous avez du vous en douter). Plutôt que de me faire l’écho d’hypothétiques commentaires “d’inside man” qui m’ont été donnés d’entendre pendant deux jours (je viens d’y passer deux jours grâce à mon stage), je préfère insister ici sur le fait que le microcosme bruxellois est un monde politique à part.

Pas étonnant qu’on emploi le mot “coulisses”. Tout ici apparait être des discussions informelles, des négociations de tous les instants, en anglais le plus souvent. Je ne veux pas non plus travestir le propos : les institutions européennes sont prédominantes, immenses, impressionnantes (les bâtiments du parlement et de la commission en tête). Le travail de la Commission peut être connu de tous. Mais il faut bien se rendre compte que l’Union Européenne, c’est avant tout une question de réseaux, de discussions informelles, d’échange d’information, de négociations … de compromis.

Ce fameux mot que beaucoup en France ont du mal à comprendre. Les optimistes voit cette tentative perpétuelle de compromis comme un signe de démocratie et de prise en compte des intérêts de chaque pays, mais aussi de chaque structure, de chaque entité territoriale. Les sceptiques préfèrent parler de “somme des intérêts personnels de chacun” et de système où ceux ayant le plus de pouvoir d’influence seront gagnant.

Le fait est que l’Union Européenne est compliquée. Cet espèce de machin politique hybride, unique dans le monde est difficile d’accès, moyennement saisissable malgré toute la bonne volonté qu’on y met. On a pu le voir il y a quasimment trois ans maintenant, lors du référendum sur le traité constitutionnel. Tout le monde y allait de son avis, Europe ultralibérale pour beaucoup, on essayait de se confronter à l’obscurantisme des textes sans jamais réussir à comprendre exactement le fonctionnement tellement complexe de cette machine (rassure toi, je ne vais pas tenter l’exercice).

La meilleure preuve est d’ailleurs le résultat d’un sondage paru il y a peu à l’occasion du cinquantième anniversaire du parlement européen : je cite LES COULISSES DE BRUXELLES dans un post récent : “À la question : « le Parlement européen est-il directement élu par les citoyens européens », 41 % des Français répondent « vrai », 44 % « faux ». La France se classe à l’avant-dernière place européenne. [...] L’ignorance ne s’arrête pas là : 46 % Français sont persuadés que les députés européens siègent par nationalité et non par appartenance politique et 47 % que les députés votent en fonction de leur intérêt national [...] Seulement 27 % des Français disent avoir lu, vu ou entendu récemment dans la presse ou sur internet quelque chose à propos du Parlement européen. Ce sont même les moins informés de l’ensemble de l’Union !”

No Comment ?

Allez, pour finir, quelques petits “ragots” (je cède)…

A Bruxelles aujourd’hui, comme on s’en doute, la présidence française est sur toutes les lèvres. Le pouvoir politique français nous donne plutôt l’impression que sa présidence sera l’occasion de concrétiser un grand nombre d’initiatives au niveau de l’Union. Encore une fois, la France éclairée semble vouloir guider les 26 autres. Sauf qu’un grand nombre d”inside man (j’aime ce terme aha) nous disent plusieurs choses :

- la France devra surtout s’occuper de mettre en place les initiatives du traité simplifié qui n’a pas encore été ratifié par l’ensemble des membres
- avoir la présidence la deuxième partie de l’année n’est pas vraiment avantageux car elle est dans les faits rognée de deux mois (juillet août), l’été et ses vacances étant souvent trop fort
- Christine Boutin peut crier autant qu’elle veut et sur tous les toits qu’elle mettra le logement en priorité, les 26 membres restant ne veulent rien entendre. Idem pour un certain nombre d’autres sujets.

Il sera donc intéressant de voir ce qui va se passer sur l’immigration (Sarkozy veut de longue date établir un accord entre tous les membres), l’énergie, la défense, l’environnement ou encore le logement. On fait le bilan d’ici un peu plus de six mois.

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Législatives en Espagne, J-3 : la nation, l’aérosol et Rajoy.

mars 5, 2008

Un certain nombre de pays de l’Union Européenne est à l’aune d’élections législatives décisives. C’est notamment le cas en Italie mais surtout en Espagne où le premier ministre socialiste José Luis Rodriguez Zapatero cherche la réelection.

La photo met en scène son principal opposant, le leader de Partido Popular (PP) Mariano Rajoy Brey. On le voit ici au côté de José Maria Aznar López, président du gouvernement espagnol de 1996 à 2004 (soit 2 mandats de 4 ans chacun). Comme chacun le sait, le PP a perdu les législatives de 2004 suite aux dramatiques attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

De fait, grand nombre d’Espagnols sanctionèrent la droite pour deux raisons contingentes :
- l’envoi en Irak de troupes espagnoles alors que l’immense majorité de la population était contre
- le mensonge délibéré de Aznar suite aux attentats, blamant l’ETA alors qu’il s’agissait en réalité d’Al Quaida.

La clé des élections de samedi prochain réside dans la deuxième raison.

Il faut savoir que le PP n’a jamais digéré sa défaite de 2004. Pour la droite, le pouvoir lui revenait naturellement de droit (sans blague aucune), après une très longue période du PSOE (Partido Obrero Socialista Español) de Felipe González Márquez au pouvoir. Rajoy n’a jamais accepté sa défaite, criant pendant 4 ans à l’injustice et à l’imposture. Jusqu’au verdict des juges sur les responsables du 11 mars en octobre 200è (et encore aujourd’hui – comme on a pu le voir dans le deuxième débat), le PP a juré que l’ETA était responsable, fantasmant sur une hypothétique alliance entre les 2 groupes terroristes. Rajoy est même allé jusqu’à affirmer qu’il avait des preuves, à savoir une bombe … d’aérosol trouvée dans un appartement de Salamanque censée justifier toutes les théories les plus folles.

Rajoy

Pendant 4 ans, l’oppostion entre les 2 leaders a été frontale, dramatique voire grotesque à certains moments. C’est bien simple, toute initiative du PSOE fut systématiquement critiquée par Rajoy.

Comme d’habitude, l’Espagne fut tiraillée par la question de la nation. Le PP reprocha au PSOE un nombre incalculable de fois la tentative de dialogue entreprise par Zapatero avec les membres de l’ETA qui se solda par un échec cuisant (l’attentat du 30/12/06 à l’aéroport de Madrid ayant fait 2 morts a largement corsé les choses). Cette question est au centre du vif débat politique actuel. Depuis la fin du régime franquiste (1975), la question a été de savoir comment se comporter face aux nationalistes basques. Aznar profita de l’impact du 11 septembre pour mener une chasse aux sorcières, avec l’appui des Etats-Unis. Celle ci cependant, se solda aussi par un échec.

La population est très fortement divisée sur le sujet. Des manifestations régulières sont organisées par le PP (il est d’ailleurs très intéressant d’observer que les manifestations sont initiées et coordonnées par les partis politiques).

Manifestation

Ici, il s’agit de la marche du 10 mars 2007 organisée par le PP contre le transfert d’un indépendantiste basque (Juana Chao) vers une prison des Pays Basque. L’affaire serait bien trop longue à exposer (le PP reprocha aux socialistes de faire le jeu de l’ETA en cédant à la demande du prisonnier en grève de la faim d’être rappatrié) mais l’image est parlante : une partie de la population est très nationaliste (au sens où elle ne veut pas que le territoire espagnol soit victime des multiples revendications autonomistes voire indépendantistes) et de telles démonstrations sont assez courrantes (au moins une par année).

Voir une telle démonstration patriotique me met plutôt mal à l’aise mais là n’est pas le sujet.

Retour à aujourd’hui : 2 débats télévisés ont opposé frontalement les 2 leaders. Selon les sondages, Rodriguez Zapatero fut donné largement vainqueur. Rajoy n’a apparemement pas réussi à convaincre la population de changer son vote. Difficile, il est vrai, d’arguementer devant un bon bilan économique (quoique en demi teinte dernièrement) et des larges avancées sociales. Surtout, il n’a pas réussi à mener une campagne cohérente, tentant dans un premier temps d’attaquer sur le terrain de l’économie avant de se rabattre sur l’immigration et l’unité de la nation, à l’aide d’un discours populistes.
Surtout, les analyses des scrutins électoraux précédents démontrent que la population espagnole vote pour la stabilité : a moins d’une crise politique majeure au sein de parti au pouvoir (comme ce fut le cas lors de toutes les autres alternances), le tendance politique se maintien.

Reste maintenant à savoir dans quelles proportions le PSOE va gagner. Une majortié absoluye le conforterait et lui permetterait de mener à bien des réformes qu’il n’a pas pu mener lors de son précédent mandat. Felipe Gonzalez est d’ailleurs en campagne et le martelle à qui veut : le PSOE doit gagner, certes, mais avec une très large majorité.