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Et ça passe !

juin 29, 2009

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La chambre des représentants des Etats-Unis a voté le projet de loi Waxman-Markey sur le changement climatique samedi dernier ! Historique selon les médias spécialisés.

Comme je l’ai écrit dans le précédent post, rien n’est encore fait, le projet devant encore être voté par le Sénat. Et pour cause ! Heureusement que le projet n’avait besoin que d’une majorité simple : le projet a été accepté avec … 7 voix d’avance (219 vs 212). Obama a qualifié l’évènement “d’étape courageuse et nécessaire“. Les débats  pré vote ont apparemment été houleux mais on peut qualifier le vote de “bipartisan” puisque pas moins de … 48 démocrates ont voté contre et 8 républicains pour.  Il est cependant permis de douter de l’avenir de la loi, étant donné la très maigre majorité qu’elle a eu à la chambre basse (et la majorité plus exigeante demandée au Sénat – cf mon post précédent là encore).

Al Gore a salué l’évènement, parlant aujourd’hui d’un rôle historique du Sénat pour notamment aider les USA à … restaurer leur leadership mondial. Rendez vous dans 7 – 9 mois pour la suite des évènements. En attendant, je ne peux que saluer un tel résultat. Et espérer que le texte ne soit pas trop travesti par la chambre haute (on peut même se prendre à rêver d’une hausse de la limite d’émission fixée d’ici à 2020).

Prochaine étape très importante de la vie législative US : le projet de loi sur la santé. Et ça promet d’être autrement plus difficile que le changement climatique !

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Patriot Act bolivien

juin 8, 2009

Les débats (affrontements ?) les plus récents en Bolivie portent sur la nouvelle dénomination de l’Etat bolivien. D’un côté comme de l’autre, on commente largement le fait que le pays ne soit officiellement plus une République (ce qu’elle était depuis 200 ans) mais un Etat Plurinational. Le changement de dénomination reflète les transformations actuelles du cadre juridique et institutionnel bolivien, au-delà du vote d’une nouvelle constitution. De fait, la vie politique bolivienne est aujourd’hui caractérisée par nombre de mesures entachant plus ou moins gravement l’Etat de droit. Court résumé de 3 décisions récentes emblématiques du contexte actuel :

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Le 20 mai 2009, le président Evo Morales a signé (et donc approuvé) le très polémique Décret Suprême n°0138. On peut raisonnablement parler d’entaille majeure à l’Etat de droit bolivien, le décret signant la fin de la présomption d’innocence pour les « terroristes ». Comme je l’ai signalé dans un précédent billet, il a régné pendant un mois un contexte de chasse aux sorcières malsain, suite à un attentat contre un clerc important de Santa Cruz. La stratégie gouvernementale étant semblable au coup d’éclat permanent (je pense  ici au qualificatif des médias/analystes pour première année « d’hyperprésidence » de Nicolas Sarkozy), le terrorisme « cruceño » a depuis été relégué au second plan. Néanmoins, le décret 0138 est surement le coup le plus dur porté à l’opposition de Santa Cruz. De fait, toute personne soupçonnée d’être terroriste ou d’avoir des liens avec les terroristes se verra immédiatement confisquer l’ensemble de ses biens et valeurs. Aucun jugement n’aura besoin d’être rendu pour l’application de la mesure.

Evo Morales a appuyé son argumentaire sur la nécessité de condamner les traitres à la patrie ayant tenté de diviser le pays. Au-delà de l’attentat ayant engendré le décret, chaque citoyen bolivien est dorénavant potentiellement sujet à la confiscation de tous ses biens, selon le libre discrédit du « fiscal » (personne chargée de mener l’enquête). Rappelons qu’en l’occurrence, Marcelo Soza, le « fiscal » aujourd’hui en charge de l’enquête sur le terrorisme, est sous pas moins de 6 chefs d’accusation
La rhétorique gouvernementale, l’atteinte portée aux libertés boliviennes ont soulevé, à raison, un tollé au sein de l’opposition. Le président du Sénat, Oscar Ortiz, a parlé de terrorisme d’Etat. Certains médias ont pour leur part parlé de « Patriot Act Bolivien ». Indéniablement, il s’agit d’une des mesures les plus préoccupantes adoptée par Morales depuis son accession au gouvernement.

Tentant de limiter la production des effets juridiques du décret, l’opposition a dénoncé l’anticonstitutionnalité du texte, parlant de pas moins de 15 violations. Le problème, et c’est là le deuxième cas emblématique, c’est qu’il n’y a aujourd’hui plus de contrôle constitutionnel en Bolivie. Le Tribunal Constitutionnel cessera en effet de fonctionner le 26 juin prochain, suite à la démission de la dernière magistrate en poste, Silvia Salame. Les quatre autres magistrats ont successivement démissionné depuis 2007, se plaignant des constantes pressions à leur égard et d’une réduction drastique du budget de leur institution. 4000 plaintes concernant 27 000 citoyens se sont accumulées pendant les deux années. En janvier, déjà, l’Union Européenne soulignait cette faille juridique problématique.

Le gouvernement argumente que le Tribunal Constitutionnel est une institution politique car ses membres ont été nommés par les gouvernements précédents. La nouvelle constitution stipule que les membres du TC seront élus par le peuple (les candidats seront préalablement sélectionnés par l’assemblée plurinationale – chambre basse). Le gouvernement affirme donc attendre les prochaines échéances électorales pour refaire fonctionner l’institution. Dans l’entre temps, le vice président (Alvaro Garcia Linera) voit la fin du fonctionnement du TC comme positive, cela faisant  un « poste politique » de moins.

Le troisième fait emblématique est le vote de la chambre basse d’une loi autorisant l’utilisation de l’ancien registre électoral pour les prochaines élections, en cas de non établissement du nouveau patron. Cette question a précisément été l’un des points les plus importants de la nouvelle loi électorale.  La loi est encore loin d’être promulguée, le Sénat majoritairement acquis à l’opposition n’ayant pas dit son dernier mot. Néanmoins, il s’agit ici d’un énième signe de la volonté de passage en force de la majorité (alors qu’on aurait pu imaginer un déplacement de la date des élections en cas de problème). La Cours Nationale Electorale a cependant certifié qu’elle mettra en place le nouveau registre à temps, malgré les nombreux problèmes de délais et de moyens.

Au risque de me répéter, ces trois mesures permettent de dresser un énième constat du climat délétère régnant aujourd’hui en Bolivie. Au-delà de la très forte opposition politique entre majorité et opposition, le gouvernement est entrain de mettre en place un cadre juridique pour le moins problématique car largement propice à la non prise en compte voire à la mise sous silence de ladite opposition.

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Afriques

janvier 7, 2009

Hier j’ai vu un film plutôt pas mal, sans être non plus transcendant.

Bon, c’est un biopic comme on en a toutes les années depuis 3-4 ans.  Forest Whitaker mérite son oscar. Y a une heure d’enchantement et une heure d’enfer. Mais je n’ai pas l’intention de faire une chronique de film. Une scène, ou plutôt une réplique m’a fait penser à l’actualité africaine. Lors de l’arrivée d’Amin Dada au pouvoir, le protagoniste blanc s’enthousiasme pour ce nouveau dirigeant promettant le changement. Une des humanitaires anglaises lui répond que la liesse était déjà là pour Oboté (le prédecesseur) et qu’Amin sera exactement le même (il sera en fait pire). Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec l’actualité.

Depuis fin décembre, la Guinée a un nouveau “capitaine-président” : Moussa Dadis Camara.

Soyons clair, je ne connais pas grand chose à l’histoire africaine. Les grandes lignes, c’est tout.

C’est peut être pour ça que je n’ai pu m’empêcher de m’enthousiasmer lors qu’on a (furtivement) relaté dans les médias les premières paroles du successeur du très autoritaire Lansana Conté. Grosso modo (et de tête) : “nous ferons des élections législatives d’ici 2010, nous ne voulons plus de corruption, le pouvoir ne m’intéresse pas“.

Premièrement, est ce qu’il faut croire le militaire ?

Pour remettre l’actualité en perspective, il faut, au choix, lire des livres ou écouter Les Enjeux Internationaux tous les matins à 7h15 sur France Culture. L’émission du 29 décembre dernier était justement consacrée à la Guinée. L’animateur parle d’un cas d’école. L’invité, Antoine Glaser, acquiese.

En 1984, Conté le militaire arrive au pouvoir quelques jours après la mort du “libérateur autoritaire” Sékou Touré. Exactement comme Camara en 2008.  Conté a tenu le même discours que Camara actuellement et a suscité le même enthousiasme des médias. Comme le dit Glaser on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre l’arrivée de Camara et de Conté. A fortiori lorsque, de l’avis de ses proches, Camara est extrêmement autoritaire, bien formé (en Allemagne notamment), sûr de lui, et à l’origine des mutineries de 2007. Du coup, mon enthousiasme s’est  trouvé nettement tempéré… Je me suis trouvé un peu con.

Deuxièmement donc, pourquoi un enthousiasme aussi benêt et sans aucun fondement ?

Je pense être victime de mon ignorance d’une part. Et de l’actualité d’autre part. Trop souvent, Afrique = dictature et violence. Les propos qu’a tenu Camara récemment vont à l’inverse de cela, ils sont à l’opposé des tragédies congolaise (nord kivu) et surtout zimbabwéenne. Les prévisions des spécialistes sont hélas un peu plus obscures.

L’actualité, c’est aussi l’alternance démocratique au Ghana avec l’investiture du nouveau président Atta-Mills. Sans émeute, sans scandale, malgré un résultat très serré. On n’en parle hélas beaucoup moins.

D’où le titre. Comme il y a des Amériques, il y a des Afriques. Entre la Somalie, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Maroc, les différences sont nombreuses. Mais je ne peux m’empêcher d’invariablement penser à la même chose : guerre civile et authoritarisme. C’est aussi triste que stupide.

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Erreurs médicales a gogo

janvier 3, 2009

Depuis le décès fin décembre d’un homme à cause, nous a-t-on d’abord dit, d’un manque de lits de réanimation, j’ai l’impression que pas un jour ne se passe sans qu’il n’y ait eu d’erreurs médicales (Le Figaro parle d’une loi des séries). Pourtant, en faisant un peu de recherches, on se rend compte que celles ci sont “communes”. 2000 décès par an en Belgique pour 20 000 erreurs en moyenne, 2 à 3000 en Suisse (en 2001), voire 44 000 et 98 000 aux Etats Unis ! Pour la France, je n’ai pas réussi à trouver de chiffres. (je n’ai pas très bien cherché non plus).

Le 19/20 national de France 3 parle même aujourd’hui de la mort d’une personne due à une mauvaise injection d’un produit dans les gênes ! Ce qui ne veut absolument rien dire.

Ce que je me demande, c’est à quoi est du cet emballement médiatique ? Car on a beau être légitimement indigné par les erreurs médicales, force est de constater qu’elles sont communes et quotidienne, y compris celles entrainant la mort. Alors pourquoi mettre autant d’emphase sur le sujet actuellement ?

En attendant les résultats de l’enquête sur ” le-mort-faute-de-lit ” (d’autant qu’on a appris par la suite qu’il serait mort de toute façon, ce qui, intrinsèquement, ne change pas grand chose), la surprise est venue dans cette affaire de la demande de démission de la ministre de la santé par Patrick Pelloux. Roseline a du se défendre, elle tient bon ! (ce qui ne l’empêche pas de lever les yeux au ciel pour des sujets aussi anodins que les sans abris) Mais je ne peux m’empêcher de penser que si Pelloux n’avait pas agité la cocotier médiatique avec une audacieuse prise à parti, les erreurs médicales ne seraient pas aussi présentes à la radio et à la télé (beaucoup moins dans la presse). Je ne peux aussi m’empêcher de penser que le manque tout relatif d’actualité d’envergure au niveau national y est aussi pour quelque chose.