« You gotta keep the devil down in the hole… »

Ceci est un coup de cœur. Un grand cri d’amour pour une série que j’ai découverte il y a quelques mois et dont je ne me remets tout simplement pas.

S’il fallait la catégoriser, THE WIRE serait une série policière. Par ma part, je l’apparente plus volontiers à une chronique sociale hors du commun, un portrait sans artifice d’une des villes les plus mal loties des Etats Unis, en tout cas sur la côte Est : Baltimore.

B-More

Chaque saison de The Wire est consacrée à un aspect de la ville, que ce soit les docks du port de baltimore et la communauté polonaise (saison 2), le système scolaire sans issu (magnifique, incroyable, inoubliable saison 4) ou encore le monde politique et le milieu policier tendance côté obscure (saison 1 et 4). En fil rouge, l’extrême pauvreté des populations noir américaine dans le pays occidental le plus inégalitaire.

 

L’épisode final de THE WIRE a été diffusé sur HBO en mars 2008. En 6 ans, la série a fait école, auprès notamment de sociologues ou de populations noires américaines, se reconnaissant totalement dans le quotidien des gosses de la saison 4 (par exemple).

The Wire est impressionante de noirceur, ou plutôt de fatalisme. La série ne juge pas, elle montre sans concession un quotidien où chaque protagoniste (il n’y a pas une « tête d’affiche » mais des personnages plus ou moins récurrents) se retrouve face à ses contradictions et se fait le plus souvent rattraper par « son » monde, par ses origines sociales (voir saison 4 épisode 12 par exemple – je parle beaucoup de la saison 4 car je viens de la voir).

Sociologiquement parlant, impossible de ne pas penser à la sociologie de Chicago pour analyser le propos. Politiquement, on ne peut que constater l’impuissance de chacun (lorsqu’il y a une volonté de changement), pris dans une grosse machine à broyer, intraitable.

Tant de subtilité, tant de finesse, tant de désarroi dans une série est rare. HBO (la chaine payante la plus fameuse et talentueuse des USA) nous a livré par le passé (proche) des programmes exceptionnels certes (Six Feet Under, The Sopranos que beaucoup voit comme « la meilleure série de tous les temps), mais rien, à mon avis, de l’acabit de The Wire.
Chaque épisode nous plonge dans une profonde réflexion. C’est peut être d’ailleurs plus facile de la voir du côté européen, car moins dérangeant. Aux Etats-Unis, THE WIRE a toujours été diffusé en seconde partie de soirée, elle a bénéficié d’un succès critique certain mais le public n’a pas toujours été au rendez vous. D’aucuns disent que c’est parce qu’elle met le spectateur devant ses responsabilités, qu’elle lui montre un aspect des Etats-Unis qu’il essaye d’ignorer du mieux possible.

Pas de pseudo condescendance tout de même. A quand une série française sur le milieu carcérale par exemple ? Il est bien connu que les prisons de l’hexagone sont absolument indignes de l’homme, quel qu’il soit, quoi qu’il ait fait.

 

Je pourrais m’attarder sur le fait que l’auteur principal de THE WIRE, un dénommé David Simon, est un ex policier de Baltimore, ce qui n’accroit qu’un peu plus la crédibilité du propos (qui n’est mis en doute par personne). D’autres l’ont fait mieux que moi.
Je pourrais aussi m’attarder sur les conditions de tournage de la série (dans la ville, avec des acteurs en grande majorité non professionnels).

Mais je voulais surtout faire part de cet IMMENSE coup de coeur dont on ne ressort pas indemne.

 

http://www.thewire-france.com/
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Wire_%28TV_series%29

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One Response to “« You gotta keep the devil down in the hole… »”
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  1. […] tous les temps, un objet télévisuel bouleversant et qui fera date (à l’instar d’Outkast) : The Wire (« sur écoute » en français). Soit une série véritablement touchée par […]



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