NON, Trois fois NON.

Et bien c’est NON. Une fois de plus. Avec 60 % d’abstention cela dit. Les Irlandais ont voté NON au Traité simplifié de Lisbonne. Pour quelles raisons ? Peu importe, j’ai envie de dire. La peur d’une éventuelle perte de neutralité n’avait pas lieu d’être. La peur d’un éventuel changement du régime fiscal n’avait pas lieu d’être. L’invocation d’une incompréhension totale du texte elle, en revanche, est tout à fait valable. Qui n’a pas vu ces Irlandais disant tout simplement qu’ils ne voteraient pas pour un texte qu’ils ne comprennent pas ? Absurdité du raisonnement d’un côté (car dans ce cas là, 95 % de la population d’un pays ne voterait ni pour ce Traité ni pour sa propre constitution) mais illustration parfaite du mal qui ronge l’Union Européenne depuis une décennie : la technocratie.

L’Europe actuelle ? Les gens n’en veulent pas. Tout simplement. Il faut arrêter de se cacher derrière les excuses de politiques intérieures (même si nos politiques ont trop souvent l’habitude de rejeter tous les maux sur l’UE et de ne jamais souligner ce qu’elle a permis de faire). L’aspect technocratique de l’Europe avait volontairement été instauré par les pères fondateurs pour transcender les nationalismes qui avaient fait tant de mal. Aujourd’hui, les choses ont changé, certes, et la démocratie s’est, quoiqu’on en dise, immiscée dans le fonctionnement de l’Union. Cependant, la difficulté de compréhension du fonctionnement européen persiste. En même temps, à 27, comment pourrait-il en être autrement ?

Le NON français n’a pas été un accident de parcours. Celui-ci non plus. On nous parle d’une autre Europe, mais chacun la voit différemment. Les choses auraient pourtant pu être largement améliorées, rendue plus claire, après une accumulation de Traités plus ou moins pertinents (Nice en premier lieu). Même sans cela, on n’insiste pas assez sur les réalisations qu’a permises l’Europe Si on connaissait le nombre de subventions, de programmes, de directives ayant permis l’amélioration de la condition des citoyens. On préfère stigmatiser l’euro (alors qu’en l’état actuel, l’Europe a un formidable pouvoir de créancier qui pourrait lui être plus que bénéfique), le manque de démocratie. Il faut dire aussi que la période est particulièrement critique. La conjoncture actuelle rend la vie de plus en plus difficile, la rupture entre élites et population est de plus en plus persistante. Des commentateurs voient dans le scrutin un populisme égoïste. J’y vois plutôt l’expression d’une condition. Malheureusement.

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One Response to “NON, Trois fois NON.”
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  1. […] ça pour ça. Suite au premier “non” au Traité de Lisbonne par l’Irlande, je me pseudo indignais déjà (avec un joli langage bien propre sur […]



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