Afriques

Hier j’ai vu un film plutôt pas mal, sans être non plus transcendant.

Bon, c’est un biopic comme on en a toutes les années depuis 3-4 ans.  Forest Whitaker mérite son oscar. Y a une heure d’enchantement et une heure d’enfer. Mais je n’ai pas l’intention de faire une chronique de film. Une scène, ou plutôt une réplique m’a fait penser à l’actualité africaine. Lors de l’arrivée d’Amin Dada au pouvoir, le protagoniste blanc s’enthousiasme pour ce nouveau dirigeant promettant le changement. Une des humanitaires anglaises lui répond que la liesse était déjà là pour Oboté (le prédecesseur) et qu’Amin sera exactement le même (il sera en fait pire). Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec l’actualité.

Depuis fin décembre, la Guinée a un nouveau « capitaine-président » : Moussa Dadis Camara.

Soyons clair, je ne connais pas grand chose à l’histoire africaine. Les grandes lignes, c’est tout.

C’est peut être pour ça que je n’ai pu m’empêcher de m’enthousiasmer lors qu’on a (furtivement) relaté dans les médias les premières paroles du successeur du très autoritaire Lansana Conté. Grosso modo (et de tête) : « nous ferons des élections législatives d’ici 2010, nous ne voulons plus de corruption, le pouvoir ne m’intéresse pas« .

Premièrement, est ce qu’il faut croire le militaire ?

Pour remettre l’actualité en perspective, il faut, au choix, lire des livres ou écouter Les Enjeux Internationaux tous les matins à 7h15 sur France Culture. L’émission du 29 décembre dernier était justement consacrée à la Guinée. L’animateur parle d’un cas d’école. L’invité, Antoine Glaser, acquiese.

En 1984, Conté le militaire arrive au pouvoir quelques jours après la mort du « libérateur autoritaire » Sékou Touré. Exactement comme Camara en 2008.  Conté a tenu le même discours que Camara actuellement et a suscité le même enthousiasme des médias. Comme le dit Glaser on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre l’arrivée de Camara et de Conté. A fortiori lorsque, de l’avis de ses proches, Camara est extrêmement autoritaire, bien formé (en Allemagne notamment), sûr de lui, et à l’origine des mutineries de 2007. Du coup, mon enthousiasme s’est  trouvé nettement tempéré… Je me suis trouvé un peu con.

Deuxièmement donc, pourquoi un enthousiasme aussi benêt et sans aucun fondement ?

Je pense être victime de mon ignorance d’une part. Et de l’actualité d’autre part. Trop souvent, Afrique = dictature et violence. Les propos qu’a tenu Camara récemment vont à l’inverse de cela, ils sont à l’opposé des tragédies congolaise (nord kivu) et surtout zimbabwéenne. Les prévisions des spécialistes sont hélas un peu plus obscures.

L’actualité, c’est aussi l’alternance démocratique au Ghana avec l’investiture du nouveau président Atta-Mills. Sans émeute, sans scandale, malgré un résultat très serré. On n’en parle hélas beaucoup moins.

D’où le titre. Comme il y a des Amériques, il y a des Afriques. Entre la Somalie, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Maroc, les différences sont nombreuses. Mais je ne peux m’empêcher d’invariablement penser à la même chose : guerre civile et authoritarisme. C’est aussi triste que stupide.

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