Southland Tales ou l’archétype du mauvais film.

Avec Donnie Darko, son premier film, Richard Kelly recyclait le has been ultime. Non pas Bruno Masure mais Patrick Swayze dans le rôle d’un pédophile improbable.

Dans Southland Tayles, Kelly se surpasse littéralement dans l’utilisation du Has Been : Stifler d’American Pie (Seann William Scott) en on ne sait pas trop quoi, Buffy (sarah michel gellar) en actrice porno improbable, The rock ( !!! le catcheur, le seul qui a vaincu contre Stone Cold Steve Austin) en acteur amnésique, Moby (responsable de l’horrible BO) et last but not least, CHRISTOPHE LAMBERT dans un rôle absolument inutile. A l’instar de ce film.

Si Donnie Darko était visuellement fascinant, Southland Tales est juste chiant. Et moche.

Le pitch ? Grosso modo, la fin du monde, annoncée par un prophète amnésique (The Rock), le tout en 2008, alors que les USA se sont faits nucléairement attaqués par l’Irak (!). La 3ème guerre mondiale a commencé, les USA se battent à l’extérieur contre une coalition Irak/Syrie/Iran (et sont entrain de perdre, la faute au manque de pétrole). A l’intérieur, le gouvernement néo con extrémiste se bat contre … les néo marxistes (!). Soit des féministes quadragénaires très portées sur le joint et contre les bites.

L’ambiance est censée être orwellienne, on perçoit un embryon de volonté de dénoncer le système tout sécuritaire, sans aucune finesse cela dit. On a donc les vétérans d’Irak (le peu qui s’en sont sortis) qui souffrent tous de stress post traumatique très aigüe, des extraits – ratés – de JT (ersatz du génial Starship Troopers) ou encore des allusions au changement climatique, au manque de pétrole, et à toutes les causes censées être en vogue. Cerise sur le gateau, on a le droit tout au long du film à des citations de l’Apocalypse (la Bible donc), censées être de circonstance (concept inutile et vain). La dernière phrase de Southland Tales est, elle, le ridicule leitmotiv des 2h23 de ce film sans fin et sans pitch: pimps dont commit suicide (n’importe quoi).

Vous ne comprenez rien ? C’est normal, ce film ne veut absolument rien dire. C’est un espèce de gloubiboulga sans aucun sens ni aucune finesse, dont on se remet difficilement. Et pourtant, j’ai réussi à aller jusqu’à la fin. Merci à certaines séquences plutôt hypnotisantes (je dois l’avouer). Justin Timberlake (celui qui s’en sort peut être le mieux) tournant un clip alternatif très réussi de « All Things I’ve Done » des Killers, The Rock fuyant un meurtre sur une version lo fi (UK Surf) de Wave of Mutilation des Pixies, une prise de tête avec un bootleg de Planet Telex de Radiohead en fond sonore. Voire même une scène même pas horrible avec du Muse en fond sonore (blackout hm). Ce qui veut tout dire finalement. Le Muse de Absolution, aussi grandiloquent que pathétique convient parfaitement à ce bidule visuel.

Finalement, on cogite pendant tout ce film pour savoir comment Kelly a pu réunir autant de « people » (acteurs, chanteurs, musiciens, etc.) pour une telle bouse. Je parierais personnellement sur le buzz. Donnie Darko est un chic film. Personne n’a rien pigé mais tout le monde a crié au génie. Moi le premier me suis dit que le deuxième film de Kelly allait être un second OVNI hallucinant et halluciné. Après tout, rien que sur le papier, ça ne pouvait être que « spécial ». Sauf que l’on se rend compte que « spécial » a deux significations. Et qu’en l’occurrence, Kelly aurait mieux fait de réaliser une comédie romantique au lieu de vouloir donner un petit frère à Donnie Darko. Victime de son propre succès, on sent que Kelly a écrit le scénar sur une feuille OCB comptant sur son soit disant talent et en se disant qu’il bénéficierait de toute façon de son aura de jeune premier. Sauf que c’est complètement raté. Et à la lueur de ce deuxième essai, son chic premier film prend tout à coup lui aussi des allures de foutage de gueule. Le bénéfice du doute n’est plus. Pas étonnant que Southland Tales ne soit même pas sorti en Europe.

A regarder tout de même pour pouvoir, au moins une fois dans sa vie, approcher de très près le « vrai » mauvais.

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Comments
7 Responses to “Southland Tales ou l’archétype du mauvais film.”
  1. Le pauvre Mr. Kelly, peut-être dans le grand desert cinematique qui est Hollywood il a espèré qu’on verait une mirage.

    Frenchement, ça a l’aire tellement mauvais que ça donne envie de le voir.

  2. Pierre-Jean dit :

    C’est exactement ça !!! Il faut voir ce film pour se rendre compte de ce que mauvais signifie ! On le regarde ensemble à mon retour si tu veux.

  3. Tu retourn bientôt? Mais t’es à penne parti! Sinon je le chercherai sur l’inter-web-o-net.

  4. Pierre-Jean dit :

    Nan nan, je reviens en Août !

  5. C’est bien ce qu’à dit mon contact dans le CIA.
    The web it is!

  6. Pierre-Jean dit :

    Ah ah. Ok. But let me know what you thought about it once you’ve seen it. Which records me that I still have your book and you still have my johnny cash autobiography ! And my dvd with GRIZZLY MAN !

  7. Je sera de retour.
    Oui je toujours ton bio de l’Homme en Noir mais tu sais j’ai toujours pas lu ! la honte.

    Quel DVD avec Grizzly Man? (pour ceux qui ne connaissent pas le film, il s’agit pas de porno gay, mais d’un très bon documentaire)
    Je sais pas de tout de quoi tu parles ! de tout, de tout….

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