GRAND UN – LE RETOUR DU ROCK:

J’aurais pu mettre tout un tas de disque dans la catégorie POP ROCK. Ca aurait fait un joli gloubiboulga un peu fourre tout où s’entassent les cd sans vraiment de rapport. Il y aura bien une catégorie « ROCK » fourre tout mais je vais essayer, dans la mesure du possible, d’établir les liens entre les différents opus. Rob Gordon classe ses vinyles par ordre autobiographique  :

Dick: I guess it looks as if you’re reorganizing your records. What is this though? Chronological?

Rob: No…

Dick: Not alphabetical…

Rob: Nope…

Dick: What?

Rob: Autobiographical.

Dick: No fucking way.

C’est un peu l’idée finalement.

 

LE NEO ROCK est né le 28 aout 2001 avec la sortie du LP « Is this it ? » des Strokes. Suivirent pendant deux années une ribambelle de groupe en THE (sachant que THE THE a déjà existé dans les 80’s), criant, hurlant que le rock était de retour, que les amplis à lampe étaient l’unique moyen de reproduire un son parfait, que les 4 pistes ne serait jamais égalé. Largement sponsorisé Rock n Folk en France, les groupes en THE eurent des destins plus ou moins communs, passant du « meilleur groupe du monde » selon NME au groupe le plus ringard en quelques mois. Restèrent quelques albums géniaux, touchants, approximatifs ou parfaits. Et restèrent aussi quelques groupes aujourd’hui encore en vogue (on doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main). Petit aperçu exhaustif de cette période haute en guitare qui s’est par la suite métamorphosée en copie des Cure.

 

The Dandy Warhols – 13 tales from urban bohemia (2000)

Un ami forumien affirma un jour que les Dandy Warhols étaient les précurseurs de la vague néo rock. Déjà de part leur nom. Ensuite, de par leur trajectoire (on y reviendra plus tard). 13 Tales from Urban Bohemia est sorti en 2000. Il est la superbe bande-son rock d’un trip opiacé (logique dans laquelle le groupe s’est hélas enfermé depuis 5 ans, sortant des albums à leur gloire, ne servant à plus grand-chose).  Résolument cool de par son ampleur, de par la qualité de ses chansons, il peut aujourd’hui être perçu comme le précurseur d’un retour des guitares (sans pour autant laisser présager le néo rock).

 

Pour moi, le néo rock est fondamentalement caractérisé par deux albums d’envergure, tant symboliquement que musicalement.

 

The White Stripes – White Blood Cells (2001)

Avant de devenir LE groupe étant responsable d’un des plus gros hits de la décennie (étant devenu l’hymne de la victoire italienne en 2006 et le générique d’une émission radio de l’horrible Luis Fernandez), The White Stripes est avant tout le groupe ayant clamé que «  c’était mieux avant » (jack white a aussi accessoirement affirmé que le jour où ils vendraient plus d’1 million d’album, ils se sépareraient – hm). White Blood Cells est un recueil de chansons simples (Little Room), efficaces (Hotel Yorba), courtes, parfaites pour apprendre à jouer de la guitare et se familiariser avec le blues. Il fut un réel choc à l’époque et semble ne pas vieillir (puisqu’il était déjà un ancêtre au départ). Aujourd’hui, le groupe s’est un peu enfermé dans son éthique chiante du vintage, il n’en reste pas moins qu’il sort régulièrement des disques honnêtes même si balourds (nous ne mentionnerons pas ici les side projects de jack white, tous assez atroces).

 

The Strokes – Is this it (2001)

Si les White Stripes sont les réacs des années 2000, alors les Strokes sont les petits bourgeois hype new yorkais partant à la conquête du monde. Is This It, de par sa fraicheur, de par sa pochette et  sa chanson censurées par le 11 septembre (NYC Cops ain’t too smart…), de par la qualité de ses chansons, de par son côté « manifeste » est une pierre angulaire des années 2000. Il fut un véritable uppercut permettant à de nombreux jeunes dont je fais partie de redécouvrir l’héritage musical new-yorkais (television notamment). Un disque très important.

 

La suite est plus laborieuse et la sélection beaucoup plus subjective. Quelques petits albums que j’ai particulièrement appréciés à l’époque et qui sont encore aujourd’hui écoutables.

 

The Detroit Cobras – Baby (2004)

Autre groupe de la ville des White Stripes partant du génial postulat qu’avant de créer de la nouvelle musique, il faudrait déjà connaitre l’ancienne (c’était définitivement mieux avant et nous sommes dégoutés d’être nés si tard !). Résultat ? Les Detroit Cobras sont un groupe de reprises de chansons obscures noire-américaines des 60’s. Et c’est vachement bien.

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Kings of Leon – Youth and young manhood (2003)

Un de mes chouchoux. Les Kings of Leon sont aujourd’hui un des pires groupes de rock, reprenant les standards du hair rock en étant sérieux (looks nuls, chansons dégoulinants de solo, ego surdimensioné), contrairement à d’autres. Ce premier lp tend plus vers Lynyrd Skynyrd, à savoir du rock sudiste absolument parfait. Il parait que les disques de notre adolescence restent nos disques préférés tout au long de notre vie. Si c’est le cas, alors cet opus fera toujours parti de mes préférés dans 50 ans. A noter que la moitié des chansons de Youth and yound manhood sont issues d’un ep sorti la même année (Holy Roller Novocaines). Le problème est que lesdites chansons ont été retravaillées à la guitare électrique entre temps (et qu’elles sont déjà un avant gout de ce que le groupe fait aujourd’hui). Mon conseil donc : écouter l’album en replaçant les chansons reprises par les premières versions. Beaucoup plus cohérent et jouissif.

 

The Bees – Free the Bees(2004)

Avec les Bees, on lorgne carrément vers le psychédélisme de la fin des 60’s. Rien de bien nouveau, mais quelle belle copie. Un album très fun, avec pleins de guitares et de sons opiacés. Une jolie réussite qui reste en l’état avec les années.

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The Libertines – Up The Bracket (2002)

Aujourd’hui, même ma grand mère connait Pete Doherty, celui ci ayant eu ses heures de gloire dans Voici & co. Au départ, les Libertines sont tout de même connus pour être un chic groupe rock anglais, qu’on a voulu faire passer pour légendaire. Sans non plus être l’album de la décennie, Up the Bracket est carrément honnête et écoutable (à la différence de son successeur) et reste ce que le groupe a fait de mieux (y compris en prenant en compte les carrières solo des uns et des autres). Soulignons tout de même le côté plagiat intégral des Clash (jusque dans la manière de chanter). Mentionnons aussi la vague de copies engendrées (style Arctic Monkeys, copie des Libertines, eux même copient des Clash – il parait que la musique se résume à ça).

 

The Music – The Music (2002)

Pour avoir un aperçu des pires dérives du Neo Rock, écouter The Music. Un groupe d’anglais prétentieux, insupportables, à peine talentueux. Qui se rappelle aujourd’hui d’eux ? De la hype dont ils ont été crédités, de leur lamentable deuxième et dernier album ? The Music (rien que de par son nom) symbolise les dérives commerciales et mégalomanes du neo rock. Leur premier essai est aujourd’hui inécoutable. : un espèce de mélange boursoufflé (et propice à la migraine) de guitares led zeppeliniennes, de voix robert plantiennes et d’électro en vente chez leclerc. Pourquoi en parler alors ? Pour pouvoir éviter de parler de tous les autres groupes en The ou assimilés (bon allez, puisque vous le voulez – The Vines,  Whirlwind Heat, The Kaiser Chiefs, Kasabian, Electric 6, Yeah Yeah Yeahs, The Caesars, The Hives, Jet, The Killers, The Kills, The Bravery, The Von Bondies, etc.). Mentionnons aussi l’insupportable Gibus connexion, le phénomène créé de toute pièce par Rock n Folk, un soit disant retour du rock en France dont les plus grands noms étaient The Brats ou encore The Naast.

Outre les 60’s, les 80’s ont elles aussi été redécouvertes, The Cure en tête, dans les mois qui suivirent. La Hype en The était passée, il fallait dorénavant que le nom des groupes n’en porte plus les traces. Arrivèrent une ribambelle de groupes mélangeant post punk et nappes phréatiques, Interpol en tête (je n’ai jamais aimé mais j’admets que c’est un bon groupe).

Revenons aux Dandy Warhols qui ont sorti après 13 Tales, dans l’incompréhension la plus totale, Welcome to The Monkey House (2003). Soit un virage à 180°, dénué de toute guitare et largement agrémenté de voix bee geesiennes. Encore une fois plutôt précurseur.

Rappelez vous, The Rapture fut un jour le meilleur groupe du monde, Hot Hot Heat, !!! (Tchik Tchik Tchik), Radio 4, 80’s Matchbox B Line Disaster se tiraient la bourre avec plus ou moins de succès et étaient tour à tour le nouveau meilleur groupe de la terre. Puis il y eut une redécouverte britannique du post punk. Vinrent Franz Ferdinand, The Dead Sixties, Maximo Park, The Rakes, Art Brut  En ressortent quelques albums honnêtes.

 

Bloc Party – Silent Alarm (2005)

Une très grosse baffe pour ma part. Une voix parfaite (tellement robert smithienne), des guitares copiées sur Just de Radiohead, une batterie cognant comme pour illustrer l’apocalypse. Silent Alarm généra chez moi un engouement non feint. Et puis rien. Ou si peu.

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Bright Eyes – Digital Ash (2005)

Oui alors pas vraiment du neo rock. Mais le folkeux a redécouvert The Cure, il en a fait un album absolument somptueux, une réelle perle qui n’a pas vieilli. Et puis ces paroles poétiques. La même année, il a sorti un autre album, folkeux cette fois (I’m wide awake, it’s morning). Et nul. Digital Ash sonne un peu, avec le recul, comme le chant du cygne de Connor Oberst qui aujourd’hui s’est noyée dans les accords en mineur.

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The Horrors – Primary Colours (2009)

Encore un album dont on peut remettre questionner l’appartenance à cette catégorie. Le premier album des Horrors est paru en 2007, pas grand chose à voir donc avec le Neo Rock qui s’est gentiment éteint vers 2006. The Horrors est pourtant un des ces énièmes groupes que la Hype a drappé de blanc. Avant, bien sur, de devenir l’ex meilleur groupe de tous les temps. Normal en même temps puisque « Strange House » est un de ces albums « bien-sans-plus », comme le neo rock en a tant connu.
Puis est arrivé Primary Colours. Il y a déjà la pochette Pronographienne. Puis les guitares shoegaze couplées avec une voix descedant de Ian Curtis. Un album supersonique, une chanson d’anthologie (sea within a sea), un énorme buzz (justifié cette fois) sur le net. Un groupe racé dont on a surement pas fini d’entendre parler. Un formidable hommage au meilleur des 80’s.

 

 

Albert Hammond Jr – Yours To Keep (2006)

Je me permets enfin de mentionner ce premier album solo du guitariste des Strokes. Pourquoi ? Car il égale largement Is This It. Car il fait parti d’un de mes petits préférés, depuis la première écoute. Il figure ici puisqu’il n’est pas vraiment du néo rock mais qu’il en est directement issu.

 

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FIN DU GRAND UN (lache tes coms).

PLAYLIST SPOTIFY (on notera l’absence notable de grands albums (et donc de chansons) tel que celui de bloc party) :

http://open.spotify.com/user/gagalcibiade/playlist/0QTjN1fLaEht3jdhDmnqrJ

Whirlwind Heat

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Comments
4 Responses to “GRAND UN – LE RETOUR DU ROCK:”
  1. Vinsy dit :

    C’est marrant, on a quelques disques pareil, style Kings of leon, Bright Eyes, Albert Hammond Jr, The Music (haha), et le reste j’ai pas du tout écouté à l’époque où c’est sorti! Les Strokes, genre j’ai appris à aimer ‘Is this is’ il y a pas si longtemps.

    Et puis j’ai pensé à me lancer dans un grand classement aussi, ouais tu m’as donné envie là. Mais comme je me connais, je le ferai dans 15 ans…

    Hâte de lire la suite! ^^

  2. Mark dit :

    Bon article, le choix des groupes est excellent.
    Cependant, j’ai un peu tiqué sur la critique de « Up the Bracket » des Libertines… Affirmer que cette album n’est qu' »écoutable » me semble un peu minimiser la portée des Doherty and Barat sur le rock anglais. De plus, même s’ils sont effectivement influencés par Les Clash, crier au plagiat montre que tu n’as certainement pas écouté TOUT les libs. Enormément de chansons acoustiques, voire jazzy montrent qu’ils ont un style bien à eux, et sans doute même plus large que celui des Clash (qui reste un groupe bien plus mythique que les Libs, évidemment). Pour finir, le successeur d’Up the Bracket est loi, très loin d’être mauvais, il fut salué unanymement par la critique rock, de mémoire !
    Enfin, les gouts et les couleurs…
    ++

  3. Pierre-Jean dit :

    Merci pour les commentaires.

    Cher Mark, tu n’es pas le seul à tiquer sur mon commentaire sur les Libertines. Je dois bien avouer que je n’ai pas réécouté le deuxième album depuis longtemps, un peu écœuré justement par les chansons acoustiques (il contient tout de même quelques pépites tel « Can’t Stand me now »). Déjà « Radio America », sur Up the Bracket, était un ratage total dans le genre acoustique (à mon avis, bien sur). Ils ont eu une portée indéniable sur le new rock anglais, oui. Mais je reste tout de même sur mon idée de copie des clash, et pas uniquement car ils ont été produits par Mick Jones. Après, ça n’enlève rien à la qualité de leur musique. Je suis de toute façon à peu près persuadé qu’on n’a pas fini d’entendre parlé d’eux musicalement parlant.

    >Sevin : Fait ce top !

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