GRAND DEUX – L’INDIE ROCK US : entre guitares beuglantes, tradition, flower power et psychédélisme version XXIème siècle (le tout sur fond New Yorkais) – a)

Première partie de cette catégorie fleuve

 

Cette année est sortie la compilation Dark Was The Night, œuvre caritative en faveur de la lutte contre le SIDA. Composée de reprises par la crème de l’indie nord américain, DWTN fait aussi office de parfait état des lieux. Sortie grâce au travail de Matt Berninger, chanteur de The National, DWTN montre par ailleurs qu’il existe une certaine « conscience de classe » dans ce petit monde de l’indie, très « new yorko centré ».

Toujours est il que l’indie, comme à son habitude, s’est plutôt bien porté durant ces 10 ans, apportant son petit lot de pépites plus ou moins prisées et de nouveaux groupes plus ou moins intéressants. Revue, non exhaustive cette fois, de mes préférés. Pour plus de clarté (quoique), je vais subdiviser tout ce joyeux monde en trois sous catégories.

 

A – LES TRADITIONALISTES

Les traditionalistes ? Ok, ça fait un peu intégriste. Ca me permet surtout de mentionner ici des bons groupes ayant sorti des albums de très haute voltige sans pour autant avoir voulu à tout prix innover. En gros, les opus cités auraient tout aussi bien pu dater des années 90.

A tout seigneur tout honneur, puisque l’on parle de la compilation DWTN :

 

The National – Boxer (2007)

Voilà dix ans que ce groupe type d’indie new yorkais roule sa bosse, se bonifiant au fil des années. Boxer est leur meilleur oeuvre, à savoir un album touchant, très homogène. Matt Berninger chante mieux que jamais, réussissant à poser une ambiance propice à la mélancolie. Un album indie rock parfait si il en est, une très grande réussite dans la décennie.

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The Walkmen – You and Me (2008)

J’enchaine direct sur The Walkmen, groupe au profil très similaire à The National (10 ans d’activité, new yorkais). A l’instar à ce dernier, les Walkmen ont réussi à créer un son caractéristique, assez indescriptible, notamment grâce à la voix si particulière de Hamilton Leithauser. Une fois de plus, You and Me parait être l’aboutissement d’une décennie de musique, condensant l’ensemble des (très bonnes) idées trouvées au fil des opus.  You and me dégage lui aussi quelque chose de très fort, une sorte de bande son pour une balade urbaine sous la neige. Surtout, il ne lasse pas, regorgeant de détails sonores. Vraiment un très bon album, typique dans son côté indie mais apportant une réelle touche de fraicheur.

 

Eels – Daisy of the Galaxy (2000)

Voilà 15 ans que Eels fait du Eels. Invariablement, Eels fait du Eels. A savoir des petites comptines douces amères agrémentées d’une voix rauque chatoyante (n’importe quoi). Alors pourquoi cet album et pas son précédent ou son successeur ? Tout simplement car c’est mon préféré. Et est ce qu’il mérite vraiment sa place ici ? Ba oui, car personne ne fait aussi bien du Eels que Eels. Et que ça fait chialer, ça fait sourire, ça rend nostalgique. A souligner aussi leur géniale touche en live : la chanson cachée. Comme sur un disque. Sauf que là, le groupe s’en va et revient jouer quelque chose, 20 minutes après le retour des lumières, avec ou sans gens. Une super idée.

 

Cake – Comfort Eagle (2001)

Voilà 20 ans que Cake fait du Cake. Invariablement, Cake fait du Cake. A savoir des mélodies hyper catchy avec de la trompette partout et des lyrics géniaux (sur les filles avec des mini jupes et de longs manteaux par exemple). Alors pourquoi cet album et  pas son précédent ou son successeur ? Tout simplement car c’est mon préféré. Et est ce qu’il mérite vraiment sa place ici ? Ba oui, car personne ne fait aussi bien du Cake que du Cake. Je suis quand même allé les voir 3 fois en 1 an, à chaque fois ce fut un fantastique karaoké géant.

 

Sufjan Stevens – Seven Swans (2004)

« Illinois » aurait tout aussi bien pu figurer à la place de Seven Swans. Mon choix peut largement être discuté et je pense avoir choisi Seven Swans du fait de la chanson titre d’anthologie.
Sufjan est l’un des grands gagnants indie du milieu de la décennie. Il a prouvé que la chanson à texte gentiment moraliste et chrétienne fait toujours recette.  Stevens est surtout un perfectionniste chevronné dont les arrangements et la production de ses albums sont archi travaillés, aussi touffus que propice à la réécoute intensive, sans jamais lasser (pour un aperçu typique, écouter Come on ! Feel the Illinoise !). Ca part dans tous les sens, ça utilise des vents et des cordes « à tout va » (y compris la harpe hein). Il y a un côté scout qui ne me dérange absolument pas mais dont je peux largement comprendre qu’il énerve. En attendant, et après des sorties d’albums en cascade faisant penser à du stakanovisme (pas moins de 5 sorties entre 2003 et 2006 !), Sufjan est aujourd’hui bien silencieux. Son ambition de vouloir composer un album pour chaque état des USA parait battre de l’aile. Dans tous les cas, l’originaire de Chicago est un des artistes majeurs de l’indie des années 2000. Sa dernière sortie en date (you are the blood sur DWTN) est tellement inattendue (une sorte de condensé de ses premiers albums inécoutables et de son travail d’orfèvre de la fin) qu’il est permis de s’attendre à tout (à signaler aussi l’épique Majesty Snowbird, nouveauté live du temps de la tournée Illinois).

 

The American Analog Set – Know by heart (2001)

De l’indie pur jus de la part d’un groupe pas vraiment majeur d’Austin, Texas. On a franchement envie de mettre des chemises à carreaux et des lunettes à grosse monture à l’écoute de ce disque. Know by heart est très agréable, même si typique de l’indie, avec ses guitares folks et ses structures quelques peu alambiquées. A écouter en faisant la sieste ou en regardant Juno.

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Beulah – Yoko (2003)

Avec Of Montreal et Elf Power, Beulah est un des rares résidus du mythique collectif indie ELEPHANT 6. Yoko est leur « grand » album, navigant quelque part entre le Wilco expérimental et les decemberist. Là encore, c’est l’archétype du disque indie, c’est assez commun mais c’est très bien. Et puis la pochette est très chouette.

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The Dodos – Visiter (2008)

Mon chouchou. Comme je le disais, sans grande nouveauté. Les Violent Femmes l’ont fait avant. Mais qu’est ce que c’est bien ! Qu’est ce que c’est frais, qu’est ce que ça part dans tous les sens, qu’est ce que c’est agréable et homogène. Un album qui sera dans les hautes sphères de mon top subjectif.

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The Shins – Chutes too narrow (2003)

Là encore un de mes favoris. Sans le paraître, la musique des Shins est extrêmement complexe. Peu de groupes arrivent à composer de si belles et intelligentes balades. J’insiste sur « intelligentes » car The Shins est un groupe à texte. Ne pas prendre en compte les lyrics, c’est passer totalement à côté de la musique des Shins. Exemple :

“But I learned fast how to keep my head up,
’cause I know there is this side of me that
Wants to grab the yoke from the pilot and just
Fly the whole mess into the sea.”

 

Why? – Elephant Eyelash (2005)

De l’indie hip hopeu puisque Why? est sur le label Anticon, largement estampillé popop. Elephant Eyelash est un super disque, bancal, décalé (à l’instar du titre de l’album), à l’image finalement de sa pochette. Les chansons sont courtes, jouissives, le genre de musique fourmillant de trouvailles et donnant pleins d’idées de composition (du style composer un album de reprises des pixies à la manière de Why ?). En live, ça résonne comme des hymnes. Sans déconner, et à l’instar de Broken Social Scene (on y reviendra), Why ? est un de ces groupes qui pourrait prétendre à entrer dans le mainstream. « Dans tes rêves ».

 

Clap Your Hands Say Yeah – Some Loud Thunder (2007)

En voilà un beau groupe. D’autant plus qu’il s’est fait découvrir par le net, vendant son premier album auto produit par milliers. Malgré mon amour incommensurable pour celui-ci, j’ai finalement décidé de citer leur deuxième et dernier effort en date. Mine de rien, c’est un réel tour de force. La voix aussi bancale est toujours là mais la composition est devenue autrement plus complexe et intéressante. Ecoutez Goodbye to the mother and the cove, vous comprendrez. Ce groupe a du génie. Il est bien trop sous estimé.

 

En prélude à la catégorie “Les Glorieux Anciens” (teasing), je me permets de citer ici quelques albums de gros groupes indies des 90’s, roulant leur bosse depuis un bout de temps mais n’ayant rien perdu de leur talent ni de leur intérêt (pour la majorité tout du moins).

 

Mercury Rev – All is dream (2001)

Sorti le 11 septembre 2001, All is dream ne porte pas bien son nom. Mercury Rev, après avoir été un groupe trash, a viré baroque et grandiloquent. Avec des violons partout, des artworks décadents et une voix castrée. Beaucoup détestent. Mon côté grande folle adore ce dernier grand album d’un groupe estampillé 90’s et aujourd’hui assez ringard (il faut bien l’avouer).

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The Flaming Lips – Yoshimi battles the pink robot (2002)

Les « lèvres brulantes » sont toujours là. Ils donnent toujours les meilleurs concerts du monde (en tout cas, ça donne vachement envie) et font toujours de la musique indie parfaite. Je ne comprends toujours pas comment ils n’ont pas pris l’envergure de U2.

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Grandaddy – Sumday (2003)

Grandaddy n’est plus. Depuis 2006, ce grand groupe de l’indie US a cessé d’exister. Jason Lytle continue de faire du Grandaddy dans son coin, certes. Mais le groupe est officiellement séparé, ce qui est fort triste lorsqu’on y pense.
Et si Sumday était le meilleur disque du groupe ? Sans bouleverser leur tradition musicale, il sonne comme « l’album de la maturité » (promis, ce sera l’unique fois). Plus besoin de faire des chansons fleuve de 10 minutes pour prouver sa virtuosité. Les chansons durent 4 minutes en moyenne, elles sont superbes, tout comme la pochette (la seule dans l’histoire du groupe). Sumday n’est peut être pas aussi bon que « Under the western freeway » (effet de surprise en moins) mais il s’en approche carrément.

A suivre… en fin de semaine, les crypto hippies et les post psychédéliques !

En attendant, lâche tes coms !

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Comments
2 Responses to “GRAND DEUX – L’INDIE ROCK US : entre guitares beuglantes, tradition, flower power et psychédélisme version XXIème siècle (le tout sur fond New Yorkais) – a)”
  1. Vinsy dit :

    Ouais c’est un assez bon résumé des groupes indie, je réfléchis et me dis qu’il y a encore pleins de groupes du même « style » mais dans ce cas il faudrait consacrer tout blog entier pour en parler. En bien ou en mal d’ailleurs!

    Ah et « Mon côté grande folle » m’a fait bien rire!

    Kiss mec

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