Crypto-Hippies et Post-Psychédélisme

Suite de ce grand top de la décennie version indie.

B – LES CRYPTO-HIPPIES

Dans la catégorie indie US, je demande les hippies. Ils furent plutôt nombreux cette décennie, organisant un revival flower power assez pénible, pour être franc. Dans cette catégorie (totalement subjective !) figurent quelques albums sympas. Je me permets tout de même d’évoquer les CRYPTO HIPPIES fièrement représentés par Devendra Banhart et Cocorosie. Soit une musique à l’image de leur look : insupportable et désuet.

Joanna Newsom – Ys (2006)

Joanna Newsom est aussi une pote de Devendra. Sauf qu’elle a du talent. Ys est composé de 5 chansons, il s’écoute, se vit. Une fois par année, je prends un réel plaisir à m’immerger dans cette aventure relativement difficile à suivre (parfois un peu pompeuse) mais dont on sort heureux.

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Fleet Foxes – Fleet Foxes (2008)

Un album objectivement bon. Je dirais pour ma part qu’il m’a beaucoup lassé et qu’il ma surtout permis de réécouter Crosby Still Nash and Young. L’engouement fut fort l’année dernière, je ne comprends toujours pas vraiment pourquoi. Les chansons sont catchy, l’esprit « give peace a chance » peut faire sourire. Mais ce n’est pas non plus un chef d’œuvre de la décennie.

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Beirut – The Flying Club Cup (2007)

Le choix est discutable certes. Beirut devrait il figurer dans cette catégorie ? Peut être pas. Surtout, le premier n’est il pas meilleur que celui-ci ? Et bien, tout à fait subjectivement encore une fois, je dirais que non. Zach Condon a découvert la France, et nous renvoie une image désuète mais agréable. A l’instar de la pochette, il y règne un charmant côté rétro. Une petite perle.

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Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide to the Flight Deck (à vos souhaits) (2004)

Alors oui, le groupe est anglais, donc a priori ne devrait pas figurer ici. Mais c’est tellement hippie ! Le disque est sorti en 2004. Depuis, AUCUNE NOUVELLE (à part une jolie interview il y a un petit bout de temps chez la Blogothèque). Reste un album trop méconnu, avec des chansons amples et touffues. Comme si Grandaddy découvrait les cuivres et la tristesse. Un bien bel opus.

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Tunng – Good Arrows (2007)

A l’instar du groupe précédent, Tunng vient d’Angleterre. A l’instar du groupe précédent, Tunng a cependant tout à fait sa place ici. C’est moins ample que FTW mais tout aussi gentiment barré. Ici, on est plutôt dans l’esprit petites comptines à jouer autour d’un feu de camp. Les percussions sont DIY, les cœurs un peu partout. Magnifique de simplicité et de spontanéité.

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The Polyphonic Spree – Together We’re Heavy (2004)

On sort là aussi de la Devendra Connexion. Mais on reste aux USA. Là, c’est limite caricatural. Des hippies par dizaines venant chanter sur la beauté du soleil et de la vie. Si vous cherchez quelque chose pour vous faire aimer la vie, cet album est pour vous. Grandiloquent, épuisant, jouissif. Et si par hasard ils passent par chez vous (très rare), n’hésitez surtout pas.

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C – LES POST-PSYCHEDELIQUES

Mais quelle différence entre les crypto hippies et les post psychédéliques ? Et puis qu’est ce que ces catégories n’ayant d’autre but que de plagier high fidelity ? L’objectif ici est d’essayer d’articuler les albums entre eux. Parce que balancer cet ensemble de disques indie sans logique aucune aurait été faire une belle bouillabaisse.

Et donc qu’est ce que ces post psychédéliques ? Car les crypto hippies sont tout de même psychédéliques. En quoi cette catégorie se justifie-t-elle ?

Deux mots. Un groupe. ANIMAL COLLECTIVE. Le collectif de Baltimore a eu un impact fondamental sur la musique indie de la décennie. A un tel point que même Sigur Ros les a plagié pour son dernier single.

Animal Collective, en 6 albums, est devenu un groupe important. Car un des groupes les plus innovants depuis belle lurette. Certains affirment qu’ils sont surestimés. C’est peut être le cas. On ne peut en tout cas pas leur enlever qu’ils essayent de faire quelque chose de nouveau, comme par exemple, au hasard, inventer la pop du XXI ème siècle. Et ça sonne comment ? Comme les Beach Boys sous acide.

Et donc, les post psychédéliques c’est Animal Collective ? Non, AC est la justification principale de cette catégorie. Mais, y figurent aussi des disques plus ou moins proches dans l’esprit. Commençant tout de go par écarter les ersatz opportunistes : El Guincho ou Born Ruffians peuvent aller se coucher.

A tout seigneur tout honneur :

Animal Collective – Merriweather Post Pavilion (2009)
Animal Collective – Feels  (2005)

AC est le seul groupe dont je citerai deux albums. Car je n’arrive pas à me décider. Strawberry Jam et Sung Tongs sont aussi à écouter. En 5 ans, AC s’est affiné, ils sont devenus plus accessibles. L’apogée est l’album de cette année, consacrant le groupe, montrant à la face du monde à quoi la pop devrait ressembler. Du génie à l’état pur.

Grizzly Bear – Yellow House (2006)

Technikart, pour les descendre, affirme que Grizzly Bear fait du AC version folk. Ils ont raison. Des chansons alambiquées, des chœurs partout, des batteries nonchalantes. C’est très fouillé, c’est complexe, ça s’écoute 20 fois sans jamais sonner pareil. Grizzly Bear sont en plus signés chez Warp, fait assez rare, pour un groupe faisant ce genre de musique, pour être souligné. A écouter aussi le side project du chanteur – Department of Eagles. Tout aussi intéressant.

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Beta Band – Hot Shot II (2001)

The Beta Band est il un groupe maudit ? Pendant une décennie, les Ecossais ont fait de nombreuses expériences sonores sans jamais réussir à vendre assez d’albums pour tourner. Dans les milieux initiés, ils sont à juste titre considérés comme des génies incompris. En 2004, ils se séparent dans l’indifférence la plus totale. Reste une poignée d’albums à écouter de toute urgence, Hot Shot II en tête. Ca fourmille d’inventivité, c’est frais, c’est catchy, c’est psyché.

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Deerhoof – Friend Opportunity (2007)

En voilà un grand disque. Plutôt confidentiel. La BO parfait d’un manga dont l’action est en fête foraine. Ca part dans tous les sens, c’est brut. La chanteuse a une voix de poupée, le batteur le style de Keith Moon. Il y a de l’orgue dans tous les sens et des lyrics aussi simples que géniaux (« meet the perfect me »). C’est fluo, c’est dansant, c’est jouissif. Deerhoof est complètement barré et ils arrivent à communiquer leur délire. Enfin, surtout sur ce disque. Les autres étant plus durs d’accès.

Antony and the johnsons – I am a bird now (2005)

Ce disque n’a pas vraiment sa place ici mais je ne sais où le mettre. Antony and the johnsons, c’est de la chialure en règle. En concert, c’est la chose la plus émouvante que j’ai jamais vue. Sur album, c’est tellement touchant que c’en est difficile de l’écouter fréquemment. Antony chante ses angoisses et ses rêves, accompagné d’un piano feutré.  Sa voix est hors norme, ce disque est une charge émotionnelle démesurée.

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Dirty Projectors – Bitte Orca (2009)

Ce disque est le petit dernier de ce groupe à géométrie variable, constitué autour d’un génie de la musique qui a fait Yale, un certain Dave Longstreth. La discographie est confidentielle et pléthorique. Elle est d’ailleurs plutôt inaccessible (des expérimentations musicales plutôt pénibles en fait). Et puis est sorti Rise above qui les a propulsés dans l’actualité. On a découvert un groupe faisant un musique particulière car millimétrée. Les Dirty Projectors, c’est un peu le pendant indie de la cuisine molléculaire, pour faire dans la métaphore. Je ne me remets pas de ce Bitte Orca. Car là où Rise Above force l’admiration, Bitte Orca nous prend par les tripes. Le groupe nous sert de la musique compliquée qui nous atteint directement au cœur. Et c’est magique. Un très grand disque.

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Comments
3 Responses to “Crypto-Hippies et Post-Psychédélisme”
  1. Jordane dit :

    ça y est, je connais ma catégorie ! Je suis un hippy qui chante la beauté de la vie et le soleil !!!
    Merci de m’avoir fait découvrir Dirty Projectors, grosse découverte !!! Yeah !

  2. Pierre-Jean dit :

    Ah ba voilà ! Si en plus ce blog peut t’aider à trouver ton identité, ALLELUIA (comme diraient les polyphonic spree). Et Dirty Projector déchire pas mal ouais. Jolies photos btw.

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