La globalisation de l’indie ou quand l’élève dépasse le maitre

Deux mois d’absence. Les vacances de Noël pour achever cette entreprise trop grande pour moi. Finirai-je ?

 

D – LA CANADIAN CONNEXION

L’indie a-t-il été inventé aux USA ? Telle qu’on le connait aujourd’hui, je dirais que oui. SAUF QUE, certains groupes bien inspirés ont largement dépassé les gens du cru. Je m’avance peut être un peu, mais je dirais même que le plus grand groupe indie de la décennie est canadien.

The Arcade Fire – Funeral (2004)

Lorsque Funeral est sorti, ce fut un choc. Certains disent que Pitchfork a fait ce groupe. D’autres qu’ils sont les nouveaux U2. Je dis tout simplement qu’ils sont le plus grand groupe indie des années 2000. Alors qu’ils sont canadiens (même si la majorité des membres sont en fait des états-uniens exilés). Le mieux dans tout ça ? Ils sont devenus des superstars. Lorsqu’ils ont fait la couverture de Telerama, j’ai difficilement compris. Puis Rock n Folk s’y est mis, étape décisive d’accession au mainstream en France. LA consécration ayant été une infâme reprise qui ne s’assumait pas de Cali.

Mais au fait, Funeral c’est quoi ? C’est la bande son de la tragédie heureuse, c’est le genre de musique qui donne envie de chanter à tue tête dans un bus bondé de gens rentrant du travail, c’est la bande son parfaite des oxymores. Quoi d’autre ? Un groupe old school donnant la priorité à ses sorties en vinyles, le plus gros phénomène live des dix dernières années, un espèce de délire où les talking heads rencontrent les polyphonic spree, qui rencontrent eux même david bowie. Un joyeux gloubiboulga en forme d’antidote à la morosité propre aux 00’s, un combat contre la désillusion, une ode à l’espoir.

 

Broken Social Scene – You Forgot it in People (2002)

Sorti en 2002, YFIIP est devenu la Pravda de l’indie. L’album sur lequel il fallait se baser si l’on voulait être les successeurs pop de Neutral Milk Hotel. C’est bien simple, je ne comprends pas comment ce lp n’a pas eu le même destin que Funeral. OK, Feist est ensuite partie dans son coin et a cassé la baraque. OK, Metric et Do May Say Think (des groupes reliés de près ou de loin au collectif) ont eu de jolis succès d’estime. Mais franchement, que ce chef d’œuvre n’ait pas été l’autre bande son générationnelle des 00’s est tout simplement … injuste (le mot est lancé). Certes, il y a eu un impact, certes le succès d’estime a été énorme. Mais ce disque aurait mérité tellement plus. Jetez vous dessus si ce n’est déjà fait, vous découvrirez un disque foisonnant, complexe mais incroyablement simple d’accès, avec des hymnes tel « Kc Accidental » et des balades ultimes telle « Anthems for a Seventeen Year Old Girl ». Ce fut un choc personnel.

 

The Dears – No cities left (2003)

En plein dans la vague en The, ce groupe a mal choisi son nom puisque sa musique n’a absolument rien à voir avec les distorsions caractéristiques de l’époque. Il nous livre une musique classe, très « France des 60’s ». Une sorte de pendant canadiens de The Divine Comedy. Une petite sucrerie musicale trop souvent oubliée.

 

 

The Unicorns – Who will cut your hair when we’re gone ? (2003)

Islands – Return to the sea (2006)

Drôle de zozos que ces Unicorns. Un disque baroque et puis s’en va. Un disque fourre en forme d’annonce du future déferlement en forme de grand n’importe quoi qu’est la musique d’Animal Collective en consort. Des morceaux tout simples cotoient des espèces d’OANI (Objets audios non identifiés) difficilement écoutables selon l’humeur. Une fois n’est pas coutume, leur disparition prématurée a fdonné lieu à un véritable culte underground. Si on peut voir celui ci comme démesuré, les groupes formés par les ex membres montrent que le talent était bel et bien là. En tête, Islands qui nous a livré une petite pépite hippie très radiophonique en 2006.

E – comme EUROPEAN TOUCH (oui je sais, c’est nul)

Phoenix – It’s never been like that (2006)

Phoenix, meilleur groupe français du monde ? En tout cas, celui ayant le plus de succès. Partout (en UK comme aux USA), on loue leur talent de faiseur de pop parfaite. Et c’est vrai qu’on dirait qu’ils ont trouvé la formule magique pour faire des chansons aussi catchy que travaillées. Cet album est un peu leur « album rock », celui qui lorgne vers les Strokes, avec la production léchée en plus. A l’époque, j’avais dit que c’était l’album parfait pour être la bande son d’un été. Alphabetical (2004) aurait tout aussi bien pu figurer ici, si j’avais voulu insister sur leur travail d’orfèvre en studio. Un bémol : leurs prestations live, plutôt ennuyeuses.

 

Sébastien Schuller – Happiness (2005)

On continue dans le travail d’orfèvre et dans la french connexion. Schuller fait des chansons pour dépressifs, en anglais (ce qui explique un peu sa place ici), sur fond d’artwork froids mais réconfortants.  Je n’ai pas vraiment écouté son dernier disque en date, mais celui-ci m’a profondément marqué.

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Syd Matters – A whisper and a sigh (2003)

Mes chouchous. Je ne savais pas trop dans quelle catégorie les mettre, j’opte finalement pour l’indie européen puisque, de leur propre aveu, ils puisent dans ce genre leur  principales influences. Syd Matters a bercé les années 2000, se bonifiant à chaque album, devenant complexe, virtuose, impressionnant en live (le meilleur groupe français à mon avis). Leur dernier album en date, « ghost days », fourmille de jolies trouvailles attestant d’une volonté de toujours évoluer, d’apporter leur pierre à l’édifice.

Si je mets leur premier album dans cette liste, c’est avant tout pour des raisons de cœur. Ce disque, à l’époque, m’a fait l’effet d’une baffe. Comme si ce que j’entendais avait été la musique que j’avais toujours rêvé de faire. Syd Matters n’a absolument rien à envier à ses glorieux anciens, et encore moins à ses contemporains. Syd Matters est le secret français le mieux gardé. Et c’est vraiment trop dommage.

 

Sharko – Sharko III (2003)

J’ai découvert Sharko en live et ce fut un choc. Une prestation scénique folle surtout grâce à l’incroyable présence scénique du chanteur. Sharko est un groupe régulier dans le sens où il n’a jamais sorti d’album médiocre. Dans leur coin, les Belges continuent leur petit bonhomme de chemin, faisant une musique proche de Beck du début, en encore plus déjanté (pour donner une idée). Pour l’anecdote, la consécration est venue lorsque le très lyophilisé Julien Doré a repris I’m Special (fabulous) sur un plateau de télé crochet, au ukulélé.

 

Ghinzu – Blow (2004)

Un joli succès grand public pour cet album lorgnant très fort vers Muse du début. Une mention très spéciale à la chanson titre, épique, époustouflante de maitrise.

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The Notwist – Neon Golden (2002)

Là encore, je ne sais pas si cet album à sa place dans cette catégorie. Mais il fallait bien le mettre quelque part. Les Notwist sont Allemands. Neon Golden est leur chef d’œuvre. Accessoirement, c’est aussi un des chefs d’œuvre de la décennie. Rien de moins. Difficile de décrire la musique, tant elle relève de l’émotionnel : de chansons graves agrémentées d’électro réconfortante, de mélodies aussi bien propices que refuge contre la dépression. Grâce à son homogénéité parfaite, cet album a tout simplement une âme. Il nous accompagne au fil des années, devenant toujours plus intime, égayant les moments difficiles, ou permettant de profiter du printemps. Indescriptible. Indispensable. Inusable.

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Comments
8 Responses to “La globalisation de l’indie ou quand l’élève dépasse le maitre”
  1. TANK dit :

    Il manque Modest Mouse, je trouve (Good News for People who love Bad News, ou Moon & Antarctica, par exemple). Sinon : chouette top, qui résume bien la décennie.

  2. TANK dit :

    J’aurai peut-être mis un petit album de Spoon aussi. 🙂

  3. Pierre-Jean dit :

    Ouais, tu as encore raison ! : )
    Mais, c’est un autre groupe que j’estime mais que je n’ai jamais vraiment écouté (donc apprécié).

  4. TANK dit :

    Je rajouterai aussi Wolf Parade et Deerhunter :p

  5. Pierre-Jean dit :

    ahahah, il faut que tu fasses ton top. Wolf Parade, je n’aime pas trop. Deerhunter, j’aime beaucoup mais j’ai choisi de ne pas les mettre (alors que si tu regardes mon top de 2008, ils sont 2 ème). Mais il y a tellement de groupes qu’on devrait mettre dans ce cas là. Handsome Furs, Liars (berk), Grizzly Bear, Final Fantasy, Electralane etc etc. : )

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