Pour quelques disques (importants) de plus

A – Le Mainstream

Radiohead – Kid A (2000)

Où le classer ? Radiohead, en une décennie, est passé de meilleur groupe de pop rock à « plus grand groupe des années 00’s (et des 90’s) ». Kid A a ouvert le nouveau millénaire d’une manière fulgurante. Il a divisé les partisans d’un « pop rock brit popien » teinté de prog (OK Computer) des admirateurs (dévoués) de ce groupe dont l’obsession (quasi vitale) a été de se renouveler, sans cesse, inlassablement. Kid A était censé être un suicide commercial. Il a caracolé en tête des charts, notamment en France, à la plus grande surprise du groupe. Kid A était censé être un disque de sabotage, une de ces galettes qui allaient être redécouvertes dans 30 ans. A la place, Radiohead a instantanément révolutionné le pop rock, prouvant qu’un sombre disque de musique populaire pouvait atteindre des cimes similaires aux mythiques albums des 60’s, lorsque tout était à inventer, que rien n’avait été composé. Au-delà, de pair avec son petit frère Amnesiac, Radiohead a, en deux ans, révolutionné ma conception de la musique. Il n’y aura pas de nouveau Kid A avant une autre décennie (évaluation optimiste). 

Coldplay – Parachutes (2000)

Un peu le pendant pop de Radiohead. Dans le sens où Coldplay a énormément de talent, qu’il est devenu le groupe de pop rock le plus populaire au monde (les nouveaux U2) sans sombrer dans la facilité. Quoiqu’on en dise, et jusqu’à leur dernier (génial) Viva la Vida, Coldplay a su composer des chansons magiques mais exigentes, faisant appel à des producteurs talentueux, acceptant d’apprendre pour mieux avancer. Si je cite Parachutes, c’est encore une fois purement subjectif.  J’ai acheté ce disque pour la beauté de sa pochette, au pif. J’étais loin d’imaginer à quel point il deviendrait un phénomène. Mais c’est largement compréhensible : il est tout simplement parfait dans le genre « balades pour tomber amoureux ».  Le genre de premier album que tout guitariste folkeux en herbe rêverait de composer. Respect.

B – Les grosses guitares

N’étant pas fan de grosses guitares, ma sélection ici se limitera à trois disques.

Anathema – A Natural Disaster (2003)

Un peu à la manière de tool, Anathema fait du « hard prog » (un terme que je viens d’inventer). On navigue ici entre nappes à rallonge et passages énervés, cris désabusés et voix enfantines. Sans non plus sombrer dans le slowcore (à l’instar des très talentueux Isis), Anathema garde quand même a l’esprit un sens de la mélodie qui rendra ce disque accessible y compris aux non amateurs du genre. Parfaitement homogène, A Natural Disaster est un sacré disque qui m’a accompagné toutes ces années.

At the drive In – Relationship of Command (2000)

Quel gâchis. Quel dommage que ce fantastique groupe se soit séparé. Rarement on aura vu de talents aussi complémentaires. Les deux groupes en ayant résulté (Sparta et les immondes Mars Volta) montrent à quel point le mélange des deux tendances (U2 à grosses guitares et prog dégueulasse) représentaient une sorte de ying et de yang. ATDI, c’était un peu la Belgique (dont la devise est « l’union fait la force ») : tellement magnifique à deux, tellement insignifiant séparé. Reste trois albums mémorables, dont ce dernier effort virtuose, écorché vif. Ca beugle, ça hérisse, les guitares sont distordues, les accords d’un autre monde. Le discours politique est omniprésent, ATDI, c’est un peu Rage Against the Machine en plus entreprenant et talentueux.

Queens Of The Stone Age – Song for the deaf (2002)

Surement le disque hardos le plus populaire de la décennie. Facile de comprendre pourquoi : tellement efficace, jouissif. Inventeur du « stoner rock », QOTSA a livré ici son chef d’œuvre indépassable.

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Porcupine Tree – Lightbulb Sun (2000)

Porcupine Tree est un des groupes de prog rock les plus importants des deux dernières décennies. Le genre n’a jamais été ma tasse de thé. En 1999 (Stupid Dream) et 2000 (Lightbulb Sun) cependant, le groupe de Steve Wilson s’est mis à la pop. Et c’est assez fou de voir combien ça leur réussit. Les chansons dépassent rarement les 5 minutes, les guitares folk voguent sur les voix cristallines. Les compositions sont d’une virtuosité rare (elles sont surtout débarrassées des pénibles envolées de 10 minutes que je ne comprendrai surement jamais). C’est assez bizarre de citer un disque de ce groupe dans cette (longue) liste. Mais j’ai aimé Lightbulb Sun de tout mon cœur. Je l’aime encore. Le disque est aussi magnifique au niveau des lyrics, racontant la vie d’un jeune homme malade ne pouvant pas sortir de chez lui et s’inventant un monde (très prog rock tout ça), d’où le titre.

C – Les Ovnis

Peret – Que levante el dedo (2006)

Roi de la rumba catalana, outre Pyrénées, Peret est un personnage phare de la musique populaire espagnole. Un peu le Higelin espagnol (dans l’esprit). Ses chansons sont hilarantes, rafraichissantes. Un non hispanophone n’y verra qu’un intérêt limité. Celui qui parle espagnol, par contre, ne cessera de se rouler par terre, tant les compositions sont truculentes.

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Max Richter – Memory House (2002, réédition cette année)

Un BO pour finir. Celle d’un documentaire de la BBC sur la deuxième guerre mondiale. Max Richter est accessoirement responsable de la BO du chef d’œuvre Valse avec Bachir. Rarement j’aurai entendu un tel tour de force, rarement un disque aura réussi à me faire sombrer dans un tel état de mélancolie. Le principe est simple : la même ligne mélodique est mise à toutes les sauces. Les quelques notes sont de fait transformés en leitmotiv lancinant, prenant aux tripes.

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