[Une curieuse expérience] Voir Christophe en concert

Curieuse expérience que celle de voir Christophe en concert.

On ose en taper un mot préalable aux collègues (on sait jamais !), en leur disant que c’est gratuit, que NON Christophe ce n’est pas que Aline et les Mots Bleus, que le dernier album est somptueux, qu’il est surement l’un des M. les plus respectables/innovants/géniaux de la chanson française. Mais rien n’y fait. L’image, ou plutôt les hits d’il y a plus de 40 ans écrasent littéralement tout oeuvre postérieure. Un peu comme Nino Ferrer, qui a sorti tellement de perles en dehors de ses chansons estampillées « Radio Nostalgie ». Nino a fini par se suicider (suite à la mort de sa mère), plongé depuis des années dans la dépression, entre autre due au manque total de considération pour ses disques (en savoir plus).

Christophe, lui, parait n’en avoir que faire. Il continue, dans son coin, vivant surement de ses royalties. Pas d’épée de Damoclès au dessus de la tête (environ 6 ans s’écoulent entre chaque disque), aucun impératif de vente. Surtout, il a l’air de ne chercher aucune reconnaissance. On dirait qu’il compose pour lui, persuadé qu’il n’a de toute façon plus rien à prouver. Christophe, c’est un peu comme Coppola finalement : « qui m’aime me suive. Et tant pis si vous n’y comprenez rien. J’ai dépassé l’âge de considérer vos railleries ».

La foule, elle, est aussi clairement restée coincer quelques décennies en arrière. Les têtes grises, fébriles, attendent les tubes. On a sorti les appareils photos avec téléobjectifs, on a emmené toute la famille. En ressort une ambiance bon enfant, tout à fait polie et pas désagréable.

De la politesse, il en a d’ailleurs fallu une bonne dose, Christophe n’étant pas vraiment disposé à faire un voyage dans le temps, « infligeant » au public dubitatif de longues nappes sonores faites de beats électro hors contexte et de reverb grandiloquente. La voix est toujours magnifique et juste. Christophe distille les « merci » assis sur son tabouret, sirote son Cognac, tape à l’occasion sur des bongos (!), sans aucune logique particulière. Le vieil homme est ailleurs, parle peu, ou alors cite des maximes d’anciens résistants ressemblant à des leçons de vie (« qui n’a pas vu la route à l’aube ne sait pas ce que c’est que l’espérance »).

Ce concert, finalement, c’était un peu le pendant live d’une très belle interview donnée lors de la promo du dernier opus. Touchant, baroque, atypique.

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