Top de la musique 2010

Le plaisir est toujours aussi grand. Les tops de fin d’année, c’est des mois de réflexion, d’états d’âme, c’est une petite torture en soi. Mais c’est tellement jouissif (et inutile) d’établir une hiérarchie des différents disques écoutés et aimés lors de l’année écoulée. La plupart sont identifiés à un moment précis, certains nous accompagnerons le reste de notre vie, d’autres figureront en bonne place mais seront oubliés dans quelques mois. Un Top c’est toujours le reflet d’un état d’esprit de l’instant. D’où la nécessité de le laisser « mûrir » afin d’être sur que les instants du présent n’ont (pas trop) pollué le jugement.

voici donc mon année 2010 en musique.

 

30 – Cee-Lo Green – The Lady Killer

Motown en 2010. Depuis Amy Winehouse, c’est un peu à la mode (même des français s’y mettent et ça sonne plutôt bien). Cee Lo Green surfe peut être sur la vague mais il ajouterait surement qu’il a toujours fait ce genre de musique. Fidèle à lui-même il nous livre cette année un disque avec un tube majeur  et peut être aussi le clip de l’année.

29 – Syd Matters – Brotherocean

Syd Matters à la 29ème place de mon top. Quand on voit la place des albums précédents on peut limite voir ça comme une disgrâce. Le meilleur groupe français continue de creuser de sillon d’une pop rock folk prog psychédélique et mélancolique. Sauf que là, c est limite un coup dans l’eau. L’album se commence et se termine de manière magnifique. Le reste est plus douteux.

28 – Broken Social Scene – Forgiveness Rock Record

BSS est responsable d’un des plus grands albums d’indie rock des années 2000. Sans eux, pas d’Arcade Fire et tout les autres. Ce disque ne comporte cependant pas les chansons imparables de la décennie précédente. Il est par contre complexe, fourni et on ne manquera pas de le redécouvrir dans quelques années.

27 – Yann Tiersen – Dust Lane

Tiersen n’a jamais été ma tasse de thé mais son dernier album est néanmoins superbe. 8 chansons, une réelle ambiance, un côté anglosaxon (breton ?) salvateur.

26 – Gorillaz – Plastic Beach

Grosse déception critique. C est clair que c’est pas Demon Days. Mais c’est pas non plus la daube que tout le monde a décrit. Disons juste que c’est assez inégal, qu’il y a vraiment trop de featurings mais que les fulgurances sont encore bel et bien là (notamment avec Mos Def ou Lou Reed).

25 – Rocé – L’être humain et le réverbère

Rocé continue d’être un des tous meilleurs rappeurs français. Le succès commence à venir, ça passe même sur France Inter. Tant mieux, il le mérite. Et si il peut faire venir des curieux vers La Rumeur alors ça sera toujours ça de gagné.

24 – Micah P Hinson – And the pioneer saboteurs

Micah P Hinson ne surprend pas. Mais il a enregistré avec un quatuor à corde. Micah P Hinson continue donc de faire chialer mais avec des cordes, ce qui décuple encore l’effet. A voir absolument en live.

23 – Robyn – Body Talk

La pop mainstream parfaite ? En tout cas ça y ressemble. Robyn continue de briller, se bonifie avec les années et nous fait danser de manière tonitruante. On aimerait qu’elle passe en boucle sur Fun Radio.

22 – CEO – White Magic

Idem que Robyn, CEO (solo project d’un des membres de The Tough Alliance) est suédois. On le savait déjà, mais ce disque est encore une nouvelle preuve que le royaume scandinave est surement, après le Royaume Uni, la nation la plus balaise en composition de pop songs absolument imparables. D’autant plus qu’on constate une réelle cohérence (on sent un background commun) entre tous ces groupes suédois à la musique catchy du moment (en vrac là comme ça : Air France, Lykke Li, the Tough Alliance, etc.). White Magic est un disque court qu’on réécoute à la moindre occasion et qu’on fredonne toute la journée. Superbe.

21 – Max Richter – Infra

Retour monumental du compositeur anglo-allemand. On frissonne toujours autant à l’écoute de ces variations de corde minimalistes.

20 – LCD Soundsystem – This is happening

LCD Soundsystem creuse encore et toujours le même sillon en mode « c’était mieux avant » (il faut l’entendre se lamenter à longueur de journée sur le téléchargement. Au moins, c’est une valeur sure. On sait qu’il y aura au minimum une chanson PARFAITE sur chaque disque de James Murphy. « All My Friends » (chanson de la décennie pour le coup) sur le précédent, « All I want » ici. Pour le reste, ça m’a laissé un peu plus de marbre. Mais c’est surement car je suis encore aigri de l’avoir loupé en concert.

19 – Hot Chip – One Life Stand

Idem que pour Robyn, Hot Chip réussit à faire des chansons aussi immédiates que léchées. Toujours aussi peu de guitare, des mélodies « plus-catchy-tu-meurs », bref, le cross over parfait entre pop britannique et électro. Vive les geeks.

18 – Arcade Fire – The Suburbs

A l’image de Syd Matters, le fait qu’Arcade Fire se retrouve à la 18ème place d’un de mes tops est un désaveu quand on sait à quel point ma fan attitude pour les Canadiens a pu atteindre des sommets. J’ai tenté à tout prix d’aimer ce disque, mais rien n’y a fait. Je n’ai pas réussi à l’apprécier dans sa majorité, celui-ci étant … indigeste. L’album aurait pu être un nouvel uppercut si il s’était vu grevé d’au moins 1/3 de sa matière. Pourquoi cette folie des grandeurs, pourquoi ne pas être resté au format initial (10 chanson) ? Restent quelques fulgurances (genre Sprawl 2, Ready to start). Pour le reste, on est déçu, on attend le prochain et on prend ce lp comme un accident de parcours.

17 – Erykah Badu – New Amerykah Part two

Erykah continue à régner sur la nu soul. On continue de l’aduler.  Rien de nouveau sous les tropiques avec cette suite, et c’est tant mieux.

16 – Trent Reznor and Atticus Ross – The Social Network OST

Je n’ai pas compris pourquoi les critiques sur le dernier Fincher sont si dithyrambiques. Pour moi,The Social Network aurait été bon téléfilm biopic M6 si la BO  n’avait pas été aussi bonne. Tren Reznor (Nine Inch Nails) rencontre un autre gars que je ne connais pas : ça donne de l’électro minimaliste qui agit comme une lame de fond qui s’avère hautement stimulante. C’est assez paradoxal.

15 – These new Puritans – Hidden

Salut, y a toujours un album complètement alambiqué chaque année qui est tellement intense qu’on ose à peine y retourner. Un truc un peu glauqui mais dont on ne ressort pas indemne. « Hidden » c’est un peu le Third de Portishead de 2010. Un truc aussi génial que sombre. Tellement qu’on en a un peu peur à vrai dire.

14 – The National – High Violet

Une mini déception là encore. Rétrospectivement, c’est un peu normal : rien n’aurait pu égaler le chef d’œuvre que fut The Boxer (disque précédent). Reste que le groupe est toujours aussi bon, la voix toujours aussi profonde.

13 – Arandel – in D

Arandel en patois Savoyard, ça veut dire Hirondelle. Rien que là, le type m’avait conquis. Le crédo d’Arandel, c’est de faire de « l’organica », à savoir de la musique électro sans samples… Avec des sons 100% bio ( !), souvent enregistrés en pleine nature. Et de nous livrer une musique propice à la méditation, à l’introspection et à l’amour de la nature. On pense d’abord à Four Tet, mais ça va ailleurs, plus loin. Il y a chez Arandel une portée presque idéologique. Comme si Arandel avait réussi à faire la première BO du monde post carbone. Quand on y pense, c’est une sacré victoire : on a déjà notre bande son du monde d’après. Reste plus qu’à le construire, ce monde d’après.

12 – The tallest man on earth – the wild hunt

Et un troisième suédois dans la liste ! Deuxième album du nouveau prodige de la folk, deuxième uppercut émotionnel. Je ne trouve pas d’autre artiste à l’heure actuel qui puisse faire à ce point chialer avec pour uniques attributs une voix et une guitare.

11 – Four Tet – There is Love in you

Et Four Tet continue ses voyages sonores, pour notre plus grand plaisir. On quitte un peu le côté organique pour quelque chose de plus old school. C’est moins immédiat quoique parfois toujours aussi touchant. De toute façon où que Four Tet aille, on le suivra, les yeux fermés tant le génie de ce gars est saillant.

10 – Casey – Libérez la bête

C’est une immersion totale, une bascule brutale dans un chaos monumental
Mais où sont-elles, les couleurs pastelles, dans ce navrant cocktail de béton et de métal
Et les sentinelles sont matinales, comme à leurs accoutumées peu maternelles
Leurs fureurs, est infernale, et elles peuvent être fières d’elles, leurs impunités semblent éternelles
Aussi sans pitiés, que sempiternelles, comme une berceuse vicieuse, ou une ritournelle
Des sirènes bleues-ciel, dans un bruit démentiel, rythme le balais, des gilets pare-balles

Casey, meilleure chroniqueuse du quotidien français. Casey, au sommet de son art, au dessus de tout le rap game français. Casey, nécessaire, inestimable.

9 – The Walkmen – Lisbon

The Walkmen et leur son caractéristique (cette voix!) alliant vintage, cuivres et hype mesurée. The Walkmen et leurs compositions magnifiques que l’on aimerait secrètement avoir composé. Tous les 2 ans, on a le droit à un album peu surprenant mais ô combien jouissif. Lisbon en est un nouvel exemple.

8 – Deerhunter – Halcyon Digest

 

Les petits prodiges de l’indie rock continuent leur petit bout de chemin, avec toujours plus de talent. Les compositions gagnent en sophistication sans jamais devenir pénible, on sent que ce groupe deviendra très vite incontournable.

7 – Titus Andronicus – The monitor

Si je vous dis Rancid feat Bright Eyes (période folk) feat Bruce Springsteen (esprit gauche US) feat les Pogues (des fois), ça semble improbable. C’est pourtant ce qu’est cet album : un espèce d’uppercut sonore bien bourrin aux premières écoutes, puis plus subtil à force. On passe ainsi d’une chanson saturée, rythmique bpm 160 au moins, où ça gueule « the enemy is everywhere » à une comptine amoureuse à deux voix avec violon, harmonica et piano chialant.

Le point commun ? Une énergie franchement communicative mais surtout ce côté états unien progressiste qui est finalement propre à tous les groupes que j’ai cité au départ mais que l’on doit là à coup sur à Springsteen (Titus Andronicus est d’ailleurs lui aussi originaire du New Jersey) dont l’ombre plane sur chaque seconde de ce lp. A un tel point que celui-ci est cité en fin de disque dans une très belle ligne (“And I’ve destroyed everything that wouldn’t make me more like Bruce Springsteen / So I’m going back to New Jersey, I do believe they’ve had enough of me”). C’est assez curieux de constater qu’au-delà de l’influence musicale (voire de l’adulation), c’est réellement une influence … idéologique qui est présente ici. C’est aussi curieux de constater que tous les groupes que j’ai cité au départ ont tous cette même influence gauche US.

Au-delà du côté politique, le principal point commun (hommage, influence) avec le « boss » est la générosité sincère qui se dégage de ce disque. Titus Andronicus, de par sa musique, et c’est exceptionnel, est un de ces groupes que l’on a envie de connaitre personnellement. Car si la musique est à leur image alors, pas de doute, ce groupe a un grand cœur. Sensation difficile à décrire que celle de se sentir instantanément pote avec des gens dont on ne connait que la musique (on pourrait appeler ça « l’effet Joe Strummer »).

L’album est censé être un truc conceptuel sur la guerre civile US… C’est surtout une bonne chronique du morne quotidien du banlieusard du New Jersey (autrement plus pêchue que The Suburbs de Arcade Fire). De la musique parfaite pour haranguer la foule ou en tout cas les stades (on imagine les concerts dantesques, on se prend à rêver de les voir au fil des chansons).

6 – Sufjan Stevens – the age of adz

A l’annonce du retour de Sufjan, je ne savais que penser. J’avais aimé de tout mon cœur ses albums précédents mais ne me sentais tout simplement pas prêt à m’encaisser un nouveau « Illinois ». Il fut un temps où j’ambitionnais réellement de posséder les 50 lps des 50 Etats qu’il s’était engagé à enregistrer. Mais plus le temps passait plus je me lassais de ce côté « boy scout » sans pour autant le renier.

Et puis, il y a eu un ep aussi long qu’un album en début d’année. Que je n’ai pas aimé mais qui m’a interpellé. Les chansons cristallines y côtoyaient des compositions pour le moins bizarres. Comme si Sufjan revenait à ses premiers amours électros (deux premiers albums tout de même assez douteux que tout le monde a oublié).

Et puis The Age of Adz. Un espèce de choc, en soi. Où on dirait que Sufjan essaie 1- de bousiller tout ce qu’il a fait de folk et de mignon afin de prouver 2-qu’il est méchant, que sa voix n’est pas celle d’un ange et qu’il peut très bien toucher d’autre cordes émotionnelles un peu plus perverses. Apparemment, cet « auto sabotage » suit en live où Sufjan joue très peu de ses compos précédentes et n’est plus l’ange que chaque maman aimerait en beau fils. Car Sufjan, avec Illinoise, avait accédé à une certaine notoriété mainstream notamment dans l’Amérique conservatrice (il faut dire que ces élans musicaux louant le divin ont tout fait pour). Personnellement, j’aurais beaucoup aimé voir ladite ménagère pieuse acheter le nouvel album de Sufjan pour son petit, à l’aveugle, et se retrouver avec ce « truc » sonore sans savoir que dire, ayant l’impression de d’avoir été trompée (en même temps, la pochette était un première indice) et surtout devant subir à longueur de journée cet album à la fois pompeux, surréaliste, dur à écouter, mais à coup sur génial.

Une autre question vient à l’écoute de ce machin : mais comment fait il pour composer des trucs pareils ? Plus prosaïquement, on se demande au départ si il se fout de notre gueule, si c’est du génie ou de l’imposture. Et puis on se force, on est happé, on applaudit des deux mains. Sufjan peut être méchant, message reçu, mais il reste un petit génie.

5 – Janelle Monae – The Archandroid

Janelle Monae est une autre preuve du fait que le hip hop est entrain de prendre une nouvelle dimension, qu’il est entrain d’aller puiser ailleurs, qu’il devient toujours plus populaire car ses sources s’étendent. Janelle Monae est exceptionnelle en cela qu’elle fait brillamment la jonction entre Soul, Hip Hop et … Science Fiction. On ne sait pas si c’est grâce à Internet, mais la musique de Janelle ressemble à celle d’une jeune fille élevée par des influences multiples puisées grâce à la ressource inestimable qu’est le net.

Cet album est un espace de néo space opéra où Of Montreal et Big Boi se croisent mais où on entend surtout la magnifique voix de Janelle compter l’histoire d’un Archandroid contemporain du Métropolis de Fritz Lang ( !). Dans les faits, ça donne un objet musical qu’on écoute d’une traite, à la fois bercé par de longues interludes de chordes et secoué par des chansons r’n’b du nouveau millénaire. Au-delà du concept, il y a la qualité de la musique et, apparemment, des performances live prouvant qu’en plus d’être une geekette Janelle a un style hallucinant et une grâce rare.

4 – MGMT – Congratulations

L’avantage de Congratulations, c’est qu’il est sorti en début d’année. Après des premières écoutes inattentives teintées d’un a priori sceptique, je l’ai laissé de côté en me disant que de toute façon, étant donné leur performance live et leur prog rock dégoulinant, pas grand-chose ne pouvait en sortir (avec cette pochette en même temps…). Et puis j’ai redécouvert Congratulations (la chanson clôturant magistralement l’album), par hasard, grâce à FIP. Ladite chanson étant petit à petit devenue une drogue.

Congratulations est beaucoup moins immédiat que Oracular Spectacular, c’est une certitude. Il est complètement barré, pas forcément accessible, il se mérite. Une fois qu’on a trouvé la clé, on exulte, on y retourne, on ne s’en passe plus. MGMT s’impose comme un groupe (de studio) majeur.

3 – Kanye West – My beautiful dark and twisted fantasy

Génie ou imposteur ? Une chose est sure : son égo est démesuré. Kanye se la raconte, Kanye se targue d’avoir réinventé le rap, Kanye dit de la merde lors des MTV Awards, Kanye traite George W Bush de raciste (selon W, le moment le plus dur de son mandat), bref Kanye est aujourd’hui une figure incontournable des tabloids US, que tout le monde bashe en cœur (y compris le président qui s’est bien foutu de lui suite à l’incident MTV).

Musicalement, Kanye a toujours plus ou moins eu un coup d’avance sur tout le rap game : Kanye redécouvre l’eurodance (donc le hip hop ricain redécouvre eurodance), Kanye use et abuse de l’autotune (avec un brio rare) (donc le hip hop US abuse franchement de l’autotune), etc. Sur cet album, Kanye découvre le prog rock des années 70 (samples de King Crimson, Mike Oldfield!), Kanye découvre Black Sabbath (!!), Kanye va plus loin que l’eurodance (sample d’Aphex Twin), Kanye fait des featurings avec la hype indie (Bon Iver) ou encore et se met pour l’occasion à faire des films (le résultat est très « art comptant pour rien » et complètement WTF).

Sur les deux tableaux (la hype et la musique), Kanye semble toujours plus omniprésent, toujours plus envahissant et, il faut le dire, fatigant. Kanye, Hyper Rappeur du XXI ème siècle ?

Il est sur en tout cas qu’on aime à le détester. Là où ça devient subtil, c’est que ce dernier semble le savoir mieux que personne mais qu’il parait prendre un malin plaisir à remettre les points sur les « i » de la meilleure des façons : avec sa musique. Et ce en prenant toujours plus de risques à mesure que son égo et sa confiance en lui atteignent des sommets inégalés depuis, disons, Alain Delon. Car, à l’inverse de certains qui ne savent faire que l’ouvrir, Kanye semble mettre TOUT LE MONDE d’accord.

Une telle unanimité est surement le résultat d’une hype intelligemment orchestrée par le rappeur (surtout grâce à twitter où Kanye a leaké pratiquement tout l’album au fil de sa conception – les désormais fameux good Fridays ). Mais pas seulement. Quoi qu’on en dise, Kanye est un des seuls (le seul ?) artistes mainstream tentant systématiquement de faire quelque chose de réellement nouveau (il n’y a qu’à écouter Lost in the world sur cet album). Le tour de force se matérialise lorsque son aventurisme s’avère être addictif, efficace, et surtout … accessible (même lorsque plusieurs chansons frisent la dizaine de minute).

Gageons que ce « fantasme beau, sombre et tordu » sera vu par les futurs historiens des musiques actuelles comme le parachèvement de la jonction parfaite entre culture hip hop et mainstream, et comme la victoire (au moins temporaire) du rap sur le rock (moribond et auto centré). Mais cette victoire s’est faite au prix d’une ouverture : c’est parce que Kanye est allé voir ailleurs qu’il a réussi à transcender son style. Peut on parler de post rap ?  L’avenir nous le dira. Kanye nous le dira.

 

2 – I Am Kloot – Sky at night

Que dire… Jamais je n’aurais cru autant apprécier un album d’ I AM Kloot, groupe rescapé de la grande vague post néo rock, lorsqu’il n’était plus vraiment hype d’avoir un nom en « the ». Sur conseil d’un superbe podcast, j’ai jeté une oreille discrète sur ce disque très court. Je ne m’en suis toujours pas remis. Pourtant, rien de bien exceptionnel : des ballades n’excédant guère les 4 minutes, une voix reconnaissable, des structures de chansons classiques. Si je devais le classer, je rangerais cet album dans la catégorie « albums anecdotiques entrant dans mon panthéon personnel », aux côtés par exemple de « Dance the Devil » de The Frames.  Mais à un moment donné, on peut aussi arrêter de parler de « post rap », de néo rock ou de révolution de décennie. Les faits sont là, indéniables, évidents : « Sky at night » est une merveille, du travail d’orfèvre, un de ces albums précieux qu’on peut écouter en boucle pendant une journée, qu’on accompagne avec soi le cœur léger, qui rend heureux et mélancolique, qui nous transporte. Pas la peine d’en faire des tonnes, cet album est tout simplement incontournable pour tout amateur de pop rock.

1 – Big Boi – Sir Lucious left foot: the son of chico dusty

Encore, toujours, à jamais. Big Boi, est l’une des deux moitiés d’Outkast, le meilleur groupe de hip hop de l’histoire. Big Boi ne parle pas de sa musique comme étant du rap, il dit qu’il funk. Son premier album solo est un pur chef d’œuvre : featurings avec George Clinton, cuivres à tout va, lyrics tordants (sans parler des skits), rythmiques d’un autre monde,  et second degré salvateur. Big Boi perpétue tout simplement la tradition musicale, festive, géniale de Parliament Funkadelik. Accessoirement, il rappelle systématiquement au hip hop quelles sont ses racines, n’est pas intéressé par un quelconque tour de force d’innovation et est préoccupé par une chose : « I kinda just want to keep the funk alive. » Merci, et longue vie.

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