TOP DE LA MUSIQUE 2013

Après une année vierge, 2013 sonne les 10 ans de ma manie de classer, après moult prises de tête, mes albums préférés de l’année écoulée. Un plaisir toujours immense. Voici donc mes 16 (!) albums préférés dans l’ordre décroissant ! A écouter aussi la playslist des morceaux de 2013. Et rendez-vous en 2015.

.

Chance the rapper
16 – Chance the Rapper – Acid Rap

Il suffit de voir la pochette du disque pour se dire que ce « Chance the Rapper » (ce nom !) est différent. Un comique ? Une marionnette ? Un personnage de dessin animé ? Surement les 3 en même temps. De cette première mixtrape ressort un espèce d’humour potache. Les beats genre r’n’b old school, la déconne, les gimmicks récurrents, le flow, le grain de voix font invariablement penser à … Andre 3000 d’Outkast. Sacré compliment ouais. On verra bien avec son premier album si c’était mérité.

.

Jon Hpins
15 – Jon Hopkins – Immunity

C’est pas parce que Jon Hopkins est « so 2007 » qu’on doit le bouder. Album qui m’a suivi toute l’année, « Immunity » est la bande son potentielle de voyages en tout genre. Voyages car, en bon lp, le disque est coupé en deux : une première partie, celle des rythmes lancinants et des bruits qui nous émerveillent et une deuxième, beaucoup plus calme, pour accuser le coup et se délecter. Un album que j’écoute toujours avec un plaisir non feint. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

.

The National
14 – The National – Trouble will find me

Depuis leur chef d’œuvre, Boxer, j’avais un peu quitté de vue The National. Leur double album de 2010 m’avait laissé de marbre, ne voyant là qu’une série de pâles ersatz des lps précédents.  A trop écouter de musique, on perd parfois des groupes de vue. A moins qu’on ne prenne le temps nécessaire pour écouter un disque à sa juste valeur. Peu importe, on se dit qu’on le réécoutera dans quelques mois, voire dans quelques années. Ou alors qu’on écoutera le prochain.

C’est précisément ce que j’ai fait avec ce « Trouble will find me » qui m’a réjoui. The National ne réinvente pas la poudre, continue de composer des chansons taillée pour le froid et le recueillement. Les notes de piano nous transportent, la voix de baryton de Matt Berninger nous tire les larmes. Une vraie réussite.

.

Lorde
13 – Lorde – Pure Heroin 

Que ça fait plaisir, de la pop de cet acabit ! Que ça fait plaisir d’entendre un peu partout des chansons de cette qualité !
Lorde, ado néo-zélandaise (!) au look gothico chelou est emblématique de son temps. Promue au statut de superstar mondiale en quelques mois, c’est certes son histoire, sa jeunesse, qui a fait sensation mais pas seulement. C’est bel et bien la qualité intrinsèque de ses chansons épurées (qu’elle compose et interprète), aux sections rythmiques lancinantes, aux nappes de synthé omniprésentes, et surtout aux mélodies qui restent. A l’opposé des interprètes transparentes que l’on s’est tapés tout au long des années 00s.

.

Random_Access_Memories
12 – Daft Punk – Random Access Memories

La machine marketing nous a promis un retour fracassant. Les critiques dithyrambiques, les articles par milliers mais aussi le bouche à oreille ont fait le reste. Car oui, il y a eu du battement médiatique. Mais si le succès a été tel, il y a une bonne raison : c’est un super disque. Un disque fun, un disque de fan, un hommage permanent, une succession de featuring prestigieux. 2013, année Daft Punk (et de l’insupportable Pharrell).

.

paul_mccartney-new_a_2
11 – Paul McCartney – New

Paul McCartney a 71 ans. Non seulement, il continue à sortir des disques mais la régularité de parution de ceux-ci est impressionnante.

Mais il y a plus. En tant que co leader du plus grand groupe de rock de l’Histoire, McCartney aurait pu couler des jours heureux, profitant son argent. Peut-être est-ce le cas, mais le confort matériel ou la vieillesse n’entravent en rien l’inspiration de « McCa ». Comme si le besoin de composer était viscéral.

Et le mieux ? C’est qu’il répond toujours présent. Après le coup d’éclat (je pèse mes mots) que fut chaos and creation in the backyard il y a quelques années, McCartney produit avec ce « new » un nouveau petit trésor. Le plus incroyable est la joie, le bonheur qui rayonnent sur tout le disque. Ce type nous donne une leçon d’optimisme et de constance. Toute sa vie, il cherchera la chanson parfaite. Et c’est tellement mieux que la majorité des compositions de ceux qui se revendiquent comme ses héritiers ! Longue vie à Sir Paul !

.

Fauve
10 – Fauve – BLIZZARD

On n’a plus besoin de présenter Fauve. Je ne crois pas me rappeler d’avoir un tel buzz autour d’un groupe de rock français dans les années 2000. Peu porté sur le débat de savoir s’ils le méritent, je me contente de constater que leurs chansons me touchent. Leurs lamentations de post adolescent, leur colère contre le monde qui les entoure, leur spontanéité et leurs mots simples m’ont réellement remué. En conséquence : une écoute en boucle de ce premier ep et un accord avec la hype générale. Ce groupe est sincère, c’est tout ce qui compte.

.

Holden
9 – Holden – The Inheritors

Ma grosse découverte électro de l’année fut Jon Hopkins (voir ci dessus)qui a sorti un nouveau disque d’une cohésion rare. Au détour d’un (toujours très excellent) podcast, un Anglais de bon gout m’a appris que le « nouveau  Jon Hopkins est, à peu de choses, près ce que faisait James Holden il y a 6 ans ». Et que le nouvel album dudit Holden était « tellement plus entreprenant, tellement mieux ». Verdict ? Et bien je confirme. Moins accessible mais « tellement plus entreprenant », cet album est une réjouissance tardive, de ces lp qu’on ne découvre que grâce aux tops de fin d’année des autres.

Jouissif, foisonnant, parfois un peu trop alambiqué mais toujours bien foutu, The Inheritor ne laisse pas indemne. Il faut, certes, prendre le temps de le digérer mais ça en vaut la chandelle. A écouter absolument le Grand Final qu’est « Black Pool Late Eighties », avant-dernière chanson monument.

.

Phosphorescent-Muchacho
8 – Phosphorescent – Muchacho

Un peu à la manière de Peter Van Poehl (voir après), voici un « petit » disque (comprendre, au sens de l’audience à laquelle il est destiné). Comme pour Peter Van Poehl, ça n’enlève absolument rien à sa valeur. C’est un refuge magique, un disque d’une cohérence incroyable, un disque aérien, délicat, bref, magnifique.

.

Doris-Earl-Sweatshirt-200x200
7 – Earl Sweatshirt – Doris

Alors là, OVNI. Earl Sweatshirt n’a que 20 ans mais il faut faire preuve d’une sacrée maturité pour sortir un truc pareil. Le contexte particulier de ce deuxième album n’y est peut-être pas étranger.

Earl Sweatshirt fait partie du crew Odd Future dont la tête de gondole est Frank Ocean (un des album de l’année dernière, assurément). Il faut préciser une chose : Sweatshirt (ce nom de scène !) est né en 1996. Depuis plus de 3 ans, il fait l’objet d’une dévotion sans nom), conséquence de son côté complètement freak et surtout de son flow incomparable mêlant lenteur et flegme.

La dévotion a surtout grandi à partir de 2012 quand Earl a disparu du jour au lendemain. La raison ? Sa mère, aisée, n’aimant pas la direction prise par son fils, n’a rien trouvé de mieux que de l’envoyer en maison de redressement… aux iles Samoa (véridique). Internet a fait le reste. Doris est son album de retour. Le petit Earl est plus bizarre que jamais. Et cet album, surement généré dans la douleur, est une pure réussite.

.

Von Poehl
6 – Peter Von Poehl – Big Issues Printed Small

Il est toujours des albums qui vous prennent par surprise. Des albums qui vous accompagnent tout au long de l’année, dont vous ne vous lassez pas, alors que rien, sur le papier, ne le laissait présager. Ce troisième album du Suédois Peter Van Poehl est de cette catégorie.

Rien d’exceptionnel ici. Si ce n’est des petits joyaux musicaux anecdotiques mais réjouissants. Cet album, c’est une petite joie du quotidien. Pas de quoi en faire un flan mais absolument essentiel.

.

2_19_Nick-Cave
5 – Nick Cave and the Bad Seeds – Push the sky away

Nick Cave aka « l’increvable », aka « je continue de sortir des disques époustouflants sans plan marketing délirant ». Le peu de buzz dont cet album a fait preuve est limite injuste tant chaque piste marque et épate. En bon auteur, Cave construit des ambiances inoubliables. On est ici dans le registre de la balade hallucinée, tantôt dans le désert, tantôt dans une église de la dernière chance pour la rédemption. Difficile de décrire ce disque qui s’apparente plus à une succession de courts métrages sonores. Cave nous raconte des histoires, nous marquent avec sa voix inoubliable. En 9 chansons, la messe est dite. Et on est abasourdi par tant de maitrise.

.

beyonce-album-cover
4 – Beyoncé – Beyoncé

Et oui, encore Beyoncé. Toujours Beyoncé qui, non seulement dure, mais qui prouve via ce disque qu’elle est toujours la plus grande pop star de son temps… et que ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Adoptant elle aussi, et après Kanye, la stratégie du « new marketing is no marketing », Beyoncé a pris tout le monde de cours en sortant son nouvel lp du jour au lendemain, uniquement sur Itunes. Et quel album !

Beyoncé prend à peu près toutes les influences de son temps, en fait des chansons jamais entendues chez elle. A la fois complexes mais efficaces (écouter Haunted, 10 fois de suite. Halluciner). Comme d’habitude, on est dans un registre autobiographique : ici l’épanouissement personnel dans le mariage et la maternité. Beyoncé parle surtout … de cul, souvent de manière très crue (écouter Blow). Certains disent que c’est pour affirmer que le mariage est la clé d’une vie sexuelle archi « développée ». Loin de cette vision puritaine, je préfère y voir un bras d’honneur à tous ces hip hopeux qui se ventent de leur endurance à la Emil Zatopek et leur virilité infinie. Chez Beyoncé, on est dans le détail qui tue, dans la subtilité voyeuriste, dans l’hommage à D’Angelo (écouter Rocket) mais aussi dans l’affirmation, récurrente, d’un féminisme contemporain.

A part ça ? Des featurings fabuleux avec la crème actuelle (Drake, Frank Ocean), un album, monstre, d’une créativité foisonnante, qu’on écoute beaucoup pour toujours découvrir quelque chose de nouveau. En bref, un sacré tour de force. Respect. Et merci.

.

yeezus
3 – Kanye West – Yeezus

Que dire de plus que ce que j’avais écrit sur son précédent (et fabuleux) disque ? Que dire de plus à part que Kanye continue de forcer le respect ? C’est toujours la même histoire : Kanye fait tout pour qu’on le prenne pour un débile, pour un égocentrique, pour un mégalo qui n’en vaut juste pas la peine. Puis son talent fait, systématiquement, taire tout le monde à chaque nouvelle sortie. Comme s’il prenait un malin plaisir à ce qu’on déteste l’aimer.

Car on est obligé de l’admettre : Kanye est bien le génie musical qu’il dit être à longueur de journée. Yeezus, à nouveau, le prouve.

Ce que fait Kanye, personne ne l’a fait avant. Personne n’a emmené le hip hop si loin dans d’autres contrées. Et jamais je n’ai entendu autant d’idées à la minute.

Je parlais de « post rap » pour l’album précédent. Le tournant est confirmé. Dans 40 ans, les Kim Kardashian, défilés de mode et autre clip débiles seront loin. Restera sa discographie d’anthologie et les bouquins qu’on aura écrits sur le sujet. Quelque chose me dit qu’on n’a encore pas tout vu. La vraie question est : mais jusqu’où ira-t-il ?

A lire aussi : un superbe article du Guardian sur le génie de Kanye.

.

vAMPIRE
2 – Vampire Weekend – Modern Vampires of the city

Je n’ai jamais vraiment apprécié Vampire Weekend. Mais je dois bien dire que leur 3ème album m’a bouleversé. Exit la légèreté (un peu pénible) des deux premier opus. On sent ici une mise à nue que l’on contemple. Malgré sa courte durée, ce lp est d’une richesse à vous couper le souffle. A chaque écoute, on découvrira de nouveaux arrangements, une nouvelle tournure de phrase (il faut à tout prix s’attarder sur les paroles), une nouvelle voix en fond qui émerveillera. Car c’est bien ce qui ressort d’une écoute répétée : un émerveillement. Et une profonde admiration. Vampire Weekend a grandi. Vivement la suite.

.

ArcadeFireReflektor
1 – Arcade Fire – Reflektor

Déjà 10 ans qu’Arcade Fire existe. 10 ans que ce groupe m’accompagne. Je me rappellerai toujours de la première fois où j’ai entendu la première note de Neighborhood #1, la chanson ouvrant leur premier Lp. Je me rappelle de l’odeur de l’air, de l’endroit où j’étais, de qui j’allais rejoindre. De simple première écoute d’un album faisant le (MEGA) buzz sur Internet, le moment s’est soudain transformé en un instantané dont je me souviendrai toute ma vie. La claque auditive était aussi immédiate qu’intense. C’est bien simple, j’étais retourné par tant d’énergie, de spontanéité et de générosité. En a découlé une passion instantanée et ardente. Avec Radiohead, Arcade Fire est le groupe dont j’ai le plus été fan.

Je me rappellerai aussi de ma première écoute de Reflektor, premier single de l’album du même nom. Je me rappellerai de ces « papillons dans le cœur » instantanés, des frissons ressentis au fil des écoutes, de l’attente, fébrile, de l’album, bref, du regain d’excitation que je n’avais pas connu depuis… 7 ans et leur deuxième album, Neon Bible.

J’avais en effet quelque peu perdu de vue ce groupe que j’aimais tant. The Suburbs, leur troisième album de 2010, celui de la consécration, ne m’avait pas plu. Petit à petit, j’avais acté le désamour, sans leur en vouloir.

Et puis vint ce Reflektor, 4ème album magistral dont je ne me remets toujours pas. Mieux même, Arcade Fire a ressuscité en moi cette passion qui m’animait tant, ado.

C’est un sentiment particulier que celui de ressentir dans ses tripes de la musique. C’est un sentiment particulier que celui d’être fan, d’être prêt à TOUT pour un concert d’anthologie, de ne pas arriver à dormir du fait de la peur de ne pas avoir de ticket, de garder un bracelet à la con pendant des semaines après l’évènement, juste pour se rappeler, à chaque minute, de la joie intense ressentie.

Reflektor est un bijou, de bout en bout. Mais, plus largement, c’est la générosité et la sincérité de ce groupe, toujours aussi intactes, qui me touchent autant. Que ce soit sur disque ou en concert. C’est simple, Arcade Fire, cette année, m’a fait redevenir ado. Et ça, je vous jure, ça n’a pas de prix.

CONCERTS DE L’ANNEE

cover

Arcade Fire – Halles de Schaerbeek, Bruxelles

The Knife – Ancienne Belgique – Bruxelles

Mathieu Boogaerts – Botanique, Bruxelles

Wyclef Jean – Couleur Café, Bruxelles

Ane Brun – Cirque Royal, Bruxelles

Déceptions

Deerhunter – Monomania

Deltron 3030 – Event 2

Ramona Cordova – Quinn to new relationships

Gesaffelstein – Aleph

Danny Brown – Old

David Bowie – The next Day

Janelle Monae – The Electric Lady

Justin Timerlake

The Knife – Shaking the Habitual

Medine – Protest Song

Moderat – II

Phoenix – Bankrupt

The Strokes – Comedown

The Weeknd – Kiss Land

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :